Patric SAUCIER

Auteur, metteur en scène et comédien, Patric Saucier joue pour des publics tant du Québec qu’ailleurs dans le monde. Parmi la trentaine de mises en scènes qu'il a signées, nommons Matroni et moi à la Bordée ou Les combustibles au Trident. Celles de Hosanna, duChien et de Johnny B. le tronc de Dieu lui ont valu d’être en nomination au Prix d’Excellence de la Culture. Son interprétation de Thésée lui a valu une nomination pour le Masque de meilleur rôle de soutien. On se souvient particulièrement de son interprétation du rôle éponyme de son spectacle solo, Le boxeur, de celle de son Bug dans High Life, de son Diego Rivera dans La Casa Azul, ou du Mario Escalope d'Ines Pérée et Inat Tendu. Comme dramaturge, Patric Saucier a reçu en France, le Prix de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques 2006 pour sa pièce Deux semaines après l’éternité. Notons que Le boxeur : la fin d’un gros câlisse, qu’il a créé avec sa compagnie, le Théâtre du transport en commun sera présenté au Tarmac de la Villette à Paris au printemps 2009. — 2009-01

 
Légende des icônes
Quand elle est disponible, cliquez sur l'icône correspondante pour en savoir plus sur la publication , la distribution , le décor ou les autres activités du autour de ce texte.
Index alphabétique des titres
Deux semaines après l'éternité Doggy-Bag Et cætera Il pleut des vies Johnny B. le tronc de Dieu L'écume des jours Le boxeur Pas de vacances pour les anges
 
Le boxeur [2008] Pour en savoir plus sur la publication
  (Lansman Éditeur, coll. Le Tarmac chez Lansman, 2009)
Création
  Théâtre du Transport en commun, 22 janvier 2008
Résumé
  Un homme au format surdimensionné marche seul dans Paris. Il s'adresse à une femme. Le bref regard, de deux secondes tout au plus qu’il reçoit d’elle, et le silence qui suit lui font revivre en un éclair quarante années de mépris envers lui. Une fois l’orage passé, la femme gît à ses pieds, défigurée. L’homme comprend qu’il est devenu un ours, blessé et féroce et attend la police pour se faire encager. La prison est bien loin de guérir sa violence refoulée. Ses barreaux l’exacerbent. L’homme si longtemps méprisé devient, en cellule, un boxeur adulé autant qu’haï. Son poids le fait s'engager dans une descente dont on ne se relève pas.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 homme jouant 8 personnages   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « [L'HOMME] : Y'a toujours un moment, j'imagine, où à force de te faire cataloguer, tu finis par ressembler à l'image du catalogue. Combien de fois, les dimanches midi de retour d'église, de dîners de grand-mère et de parties de cartes, mes oncles m'ont dit : "Tu vas devenir boxeur!" Je voulais être architecte, j'allais devenir boxeur, c'était écrit sur mon ventre. La sentence familiale était tombée, irrévocable, tranchée dans les limites de ses propres ambitions. Dans une famille d'ouvriers ou de fermiers, tu vises boxeur pour atteindre les marches plus hautes de la renommée. Dans une famille de médecin, j'aurais eu le physique d'un footballeur universitaire ou d’un vétérinaire pour bestiaux ; peut-être garde du corps d’un premier ministre. Mais aucun fils de médecin, si gros soit-il, ne se fait dire des centaines de fois : tu vas devenir boxeur. »
Revue de presse
  « L'audace de ce solo réside dans le passage d'un niveau de langage à un autre, dans l'exploration des accents qui s'opposent et s'unissent, dans la poésie qui s'élève et le langage cru qui tranche. En finale, le long silence avant les applaudissements marquait non pas l'hésitation du public, mais bien le respect mérité. » Sylvie Nicolas, Le Devoir, 9 février 2009

 
Deux semaines après l'éternité [2006]
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 30 novembre 2006.
Traductions
  - Traduit en italien par Marzia G. Lea Pacella sous le titre de Due settimana dopo l'eternità [2007]
Résumé
  Veuve depuis deux semaines, une femme vient pique-niquer sur la tombe de son mari. Pour dire, raconter, briser le silence dans lequel ils étaient emmurés depuis quarante ans : l’éternité. Par le survol de sa vie de sexagénaire, elle veut enterrer le fardeau qu’elle traîne depuis trop longtemps. Son mari décédé se joint à elle pour cette dernière danse.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « C’est donc plus facile de te parler quand tu peux pas me répondre. Des niaiseries par-dessus tes niaiseries pour essayer de cacher une montagne de mensonges où végètent les neiges éternelles de notre froid permanent. Une vie à empiler n’importe quoi pour ériger en fin du bout un autel quétaine pour un couple quétaine qui avait rien de mieux que leur quétainerie à offrir au bon dieu du mariage.»

 
Doggy-Bag [JA] [2002] Pour en savoir plus sur la publication
  (dans Les zurbains en série, Dramaturges Éditeurs, 2005)
Création
  Théâtre Le Clou, dans un spectacle intitulé Les Zurbains 2002, 30 avril 2002
Résumé
  Une fille « ben ordinaire ». À un détail près : elle a une jumelle, identique mais très différente, nettement plus effacée qu’elle. Jusqu’au jour où le vent tourne : la discrète prend les vêtements de l’autre, assiste à ses cours à sa place, bref vole l’identité de sa sœur extravertie. Que faire? Se mettre un sac de papier sur la tête, pour devenir anonyme…
Genre
  Conte urbain
Durée
  12 minutes
Nombre de personnages
  1 femme
Extrait
  « J’ai vu la crainte frôler la peur dans ses yeux et il m’a fait son sourire de clown et m’a nettoyé une table sur le bord de la fenêtre. Je le savais pas mais je venais de découvrir le pouvoir! À c’t’heure, gars-fille-n’importe-qui, plus personne allait me demander si je veux un chausson, ou si on est allés à l’école ensemble ou " Tu viens-tu souvent ici?  " quand je sors dans les clubs. »

 
Et cætera [2000]
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 7 décembre 2000.
Résumé
  Dans un pays fictif où la guerre n’a jamais cessé de sévir, un soldat jeune depuis des décennies tente de tuer une des têtes dirigeantes du régime qu’il combat. Au nom de qui, de quoi? Un match métaphysique étonnant oppose le soldat, le mort affable qui lui sert de victime et la fille ironique de ce dernier. Sur la guerre, sur le rôle qu’y jouent les intellectuels, sur la destinée humaine, petit traité amoral et percutant.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme, 2 hommes
Extrait
  « SOLDAT : Pow, pow t’es mort! / GRÉGOIRE : Je sais. / SOLDAT : Tu le sais? Où tu vas d’abord? / GRÉGOIRE : Me regarder les trous de balle dans le miroir! Je suis curieux » […] « MAFILLE : Écoute soldat, viole-moi, guerre-moi et foule-moi comme de la terre battue qui s’habitue. Tue-moi ou sors-toi, j’ai pas juste ça à faire moi. »

 
Il pleut des vies [1996-2002] Pour en savoir plus sur la publication
  (Publié à compte d'auteur, 2003)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 8 décembre 2001.
Création
  Théâtre La Rubrique, 12 février 2003
Résumé
  Une junkie vivant dans une église en ruines du Vieux-Québec décroche un homme pendu par la cravate. Lorsque celui-ci se réveille, il ne se souvient plus de rien. S’engage alors une rencontre déstabilisante entre deux êtres qui, à force d’échanges musclés alliant mysticisme religieux et réalité urbaine, finissent par confondre leurs identités.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme
Extrait
  « D’YOUVILLE : Chus vissée dans mon passé comme une statue dans le ciment. B’en sûr que les oiseaux vont continuer à me chier dessus en passant mais tant qu’à être dans marde aussi b’en qu’a vienne du ciel! »

 
Johnny B. le tronc de Dieu [1995]
  d'après le roman Johnny got his Gun de Dalton Trumbo
Création
  Théâtre Ô délire, novembre 1995
Résumé
  Première Guerre mondiale. À la suite d'une explosion, Johnny se retrouve cloué à une table d’opération. Il ne se rappelle rien. Peu à peu, il devra refaire le chemin qui l'a amené à perdre ses bras, ses jambes, son visage, sa bouche, ses yeux et ses oreilles. Prisonnier de son corps, il doit pouvoir communiquer avec ses médecins pour avoir droit à la mort.
Genre
  Monologue
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 homme jouant plusieurs personnages
Extrait
  « JOHNNY : Un corps s’élève dans l’élégance de la chute. Il flotte une seconde, une fraction de seconde, une vie entière. Il flotte au-dessus d’un trou qu’il habitera bientôt. C’est petit la vie, tout petit, tellement petit que des fois on oublie qu’on en a une. »

 
L'écume des jours [1994]
Création
  Théâtre Ô délire, mars 1994
Résumé
  Colin est amoureux de Chloé. Un jour, un nénuphar pousse dans les poumons de Chloé. Malgré tous les efforts de Colin, elle en meurt. Chick, meilleur ami de Colin, même s’il aime Alyse, lui préfère les écrits de Jean-Saul Partre, pour lesquels il dépense tout son argent. Et ainsi de suite… parce qu’ici s’entremêlent le beau et le laid, les rires et les pleurs, le tragique et le comique.
Genre
  Tragédie comique
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  40 personnages joués par un minimum de 3 femmes, 3 hommes
Extrait
  « CHLOÉ : Regarde Colin... qu'est-ce que c'est? / COLIN : Je ne sais pas... ça n'a pas l'air très méchant. / NICOLAS : Ce sont des hommes qui entretiennent les lignes sur la chaussée. Ils sont habillés comme ça pour éviter que la boue n'entre jusqu'à eux. / CHLOÉ : Quel travail terrible! / NICOLAS : C'est assez bien payé./ (Un des hommes s'appuie contre la vitre.) / CHLOÉ : Ils ne nous aiment pas. / (À ce moment les travailleurs se ruent sur la voiture.) / Allons-nous-en d'ici. »

 
Pas de vacances pour les anges [1990]
  en collaboration avec le Théâtre Parminou, Maureen Martineau, Nicole-Éva Morin et Louise Proulx
Création
  Théâtre Parminou, 1990
Résumé
  Les personnes « aidantes ». Les anges gardiens des personnes en perte d'autonomie. Trois d'entre elles ont décidé de briser leur isolement et viennent nous parler de leur réalité.
Durée
  50 minutes
Nombre de personnages
  15 personnages (8 femmes, 7 hommes) pouvant être joués par 2 femmes et 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « MARIE-ANGE : […] C’est pour te dire qu’on s’en va en Floride pour une semaine pis… / RICHARD : Ah! Mais c’est l’fun. Ça va faire tellement de bien à maman. / MARIE-ANGE : On n’amène pas maman. / RICHARD : Vous la laisserez pas toute seule? / MARIE-ANGE : Non. C’est pour ça que je t’appelais, pour te demander si tu pouvais pas toi… / RICHARD : (Silence.) / MARIE-ANGE : Richard? Es-tu là? »