Jean-Pierre RONFARD [1929-2003]

Jean-Pierre Ronfard est né dans le Nord de la France et a parcouru de multiples chemins pendant ses quarante années consacrées à l'aventure théâtrale (en Algérie, en Grèce, au Portugal, en Autriche et au Québec). Cumulant les rôles de comédien, de metteur en scène, d'animateur et d'auteur, il a toujours été étroitement lié au développement du théâtre au Québec. Tour à tour directeur artistique de la section française de l'École nationale de théâtre du Canada, de 1960 à 1965, secrétaire général du Théâtre du Nouveau Monde et membre du Comité d'enquête sur la formation théâtrale au Canada, il a fondé en 1975, avec quelques comédiens, le Théâtre Expérimental de Montréal, qui deviendra, en 1979, le Nouveau Théâtre Expérimental. À partir de 1981, il a été l'un des principaux animateurs d'Espace Libre, que gèrent et où se produisent le Nouveau Théâtre Expérimental et Omnibus. Jean-Pierre Ronfard s'est vu décerner le prix Denise-Pelletier pour l'ensemble de sa carrière en 1999. Ce grand homme de théâtre dont l'influence sur le théâtre québécois a été, est et restera énorme,est décédé le 26 septembre 2003, à l'âge de 74 ans.
(Photo : Benoît Ronfard)

   
Le mariage d'Arif et de Gulnara (dans Yanardagh) [2001]
  Ce texte, écrit sur commande pour l'occasion, a été lu par l'auteure, lors de la soirée Carte blanche aux auteurs du CEAD intitulée « Une expérience de théâtre intime », le 5 février 2001, et a aussi été déposé sous le titre collectif de Yanardagh.
Résumé
  Lors d'une noce splendide et digne, au milieu de la misère ambiante d'un camp de réfugiés azéris, un viel homme prononce un discours de cironstance qui surprend le « peuple des wagons », rassemblé pour la fête et offre un cadeau inoubliable aux mariés.
Durée
  10 minutes
Nombre de personnages
  2 hommes, 1 femme (1F2H)  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « MAHIADDIN : Gulnara […] toi que j'ai vue naître, grandir et devenir la belle femme que tu es dans cette putain d'existence qui est la nôtre. Et toi, Arif, l'étranger venu de Bakou […] toi mon frère musulman – qu'Allah te protège! –, […] mes chéris, je n'irai pas par quatre chemins, je vous le dis à haute voix, devant le peuple des wagons ici rassemblé : vous avez tort de vous marier, c'est une sottise épouvantable. Je dirai même que c'est une folie […] »

 
Yanardagh [2001]
  en collaboration avec Robert Claing, Evelyne de la Chenelière, Dominick Parenteau-Lebeuf et Anne-Marie Provencher
  Ce texte, écrit sur commande pour l'occasion, a été lu par les auteurs, lors de la soirée Carte blanche aux auteurs du CEAD intitulée «Une expérience de théâtre intime», le 5 février 2001.
Résumé
  Ces cinq regards intimes sur les réfugiés azéris en Azerbaïdjan sont inspirés des photographies du journaliste Tim Georgeson. Ce sont les hommes et les femmes de ces photos — « inconnus du bout du monde » immobilisés entre le bois et le métal des trains — qui reprennent parole, racontant le quotidien d'un pays en feu, Yanardagh, vocable de mythe et de guerre pour nommer la terre de la « Montagne qui brûle ».
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  6 femmes, 2 hommes et un chœur (la noce) (6F2H)  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Dans le dernier tableau une noce apparaît sur scène (figuration d'ambiance), soit jouée par les comédiennes des autres tableaux ou représentée autrement.
Extrait
  « MAHIADIN : Car qu'est-ce que ça signifie, vous marier? Vous relier au passé, à nos traditions. Regardez les déguisements de vos parents, vos amis, vos voisins de trains. Ils ont ressortis les manteaux des grands-pères et des grands-mères, ridicules reliefs des maisons d'autrefois, mais où sont ces maisons? Là-bas, dans le pays que nous avons quitté, existent-elles encore? Existe-t-il encore, ce pays? Rayé de la carte! » (Extrait du texte Le mariage d'Arif et de Gulnara de Jean-Pierre Ronfard)

 
Hitler [2000] Pour en savoir plus sur la publication
  (précédé de Transit – section n° 20, Boréal, 2002), en collaboration avec Alexis Martin
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 6 février 2001
Résumé
  Berlin, 1945. Hitler se trouve dans son bunker, guettant la progression des combats, son testament à la main. Avec lui, son hôte, Herr Doppelhammer, son second, Wiesenbach, sa servante, Eva Braun. Sans arrêt et jusqu’au moment de son suicide, il expose ses idées :  sur la nourriture, la digestion, l’hygiène (celle du corps, celle de l'Allemagne et du peuple aryen), la fertilité et la sexualité, la beauté de la guerre… Mais qu’attend-il?
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  2 hommes
Extrait
  « HITLER : La fertilité est chose technique | L’État doit légiférer, et régler la joute | Laisser le peuple libre de jouer avec ses organes sexuels? Erreur totale! | Sperme et ovaires, bases de l’État! Appartiennent à l’État! | C’est à l’État de veiller aux graines »

 
TRANSIT – section n° 20 [1999-2000] Pour en savoir plus sur la publication
  (suivi de Hitler, Boréal, 2002), en collaboration avec Alexis Martin
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 1er février 2000
Résumé
  Balayant le XXe siècle, de la révolution bolchévique au triomphe de la superpuissance américaine, ce texte à tableaux représente une synthèse à la fois critique et largement imaginative. Théâtre historique qui se permet de présenter une Histoire récente, la pièce s’amuse à ouvrir les coulisses d’un gigantesque drame humain… pour bientôt le jeter dans un conteneur à rebuts. Dans une confusion absolument volontaire, le destin de la langue comme outil de pouvoir est mis en exergue.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  7 femmes, 14 hommes, interprétés à la création par 2 femmes et 4 hommes
Extrait
  « LANOIX : J’aime pas penser que tout ce qu’on est, tout ce qu’on a, ça se détruit, ça s’en va, qu’il reste plus rien. / LEGRAND : Non! y reste le souvenir que le monde garde! la mémoire! les histoires qu’on se raconte sur ceux qui sont partis… / LANOIX : Comme les anecdotes de salon funéraire…? / LEGRAND : Exact! C’est de l’histoire, ça! Ils lancent les deux sacs verts dans le conteneur et sortent. »

 
Les mots [1998] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Écritures pour le théâtre. Tome III, Dramaturges Éditeurs, 2003)
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 24 novembre 1998
Résumé
  Un professeur philologue, une cellule terroriste condamnant les mots pour trahison, une dépressive en crise de mutisme, un couple explorant les contrées érotiques du langage… Une trentaine de personnages défilent dans une classe atypique. Tous questionnent l’usage des mots, leur portée, leur poids et leur sens problématiques.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  3 femmes, 3 hommes jouant une trentaine de personnages
Extrait
  « 1 (Enchaîner tout de suite.) : Ces mots. (Respiration. Reprise.) Qu’on prétendait chargés de sens et qui employés sans bon sens se sont définitivement désensibilisés, démonétisés, voués à l’insignifiance des drapeaux, / 3 : Chiffons troués, / 2 : Unifoliés, fleurdelisés, même croisade, / 4 : Tambours crevés, même rengain(e), même ritournell(e), / 3 : Mots usés battant la chamad(e) pour des cohortes débandées! »

 
Les amours [1997] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Écritures pour le théâtre. Tome III, Dramaturges Éditeurs, 2003)
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, mars 1997
Résumé
  On ne badine pas avec l’amour? Rien n’est moins sûr. Dans cette succession de saynètes, l’amour – comme l’humour – est décliné sous toutes ses formes, de la plus poétique à la plus triviale, de la plus spontanée à la plus cruelle. Autant de variations tragi-comiques qui affirment la pluralité et la diversité d’un sentiment qu’on pense souvent unique.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  3 femmes, 4 hommes jouant une quarantaine de personnages  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « 1 : Il faut enfin se demander comment il se fait qu’après tant de déboires d’illusions de souffrances de mensonges l’amour continue à avoir. (Il passe à 4.) À toi. / 4 : Tant d’importance. (Il reste sec. Sonnette.) / 2 : Est-ce que finalement l’amour est aussi important qu’on le dit qu’on veut le croire ou qu’on veut le faire croire […]? »

 
Matines : Sade au petit déjeuner [1996] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Écritures pour le théâtre, tome II, Ronfard, Jean-Pierre, Dramaturges Éditeurs, 2002), en collaboration avec Robert Gravel
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 3 juin 1996
Résumé
  Qui a lu, vraiment lu, l’œuvre de Sade? Peut-être ces acteurs qui, dans Matines, enregistrent pour la radio La philosophie dans le boudoir. De la liberté du citoyen à la peine de mort, du féminisme aux considérations sur la nature humaine, de l’humour à la luxure, ils jouent en direct l’érotisme et la philosophie.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « D : Le Marquis de Sade serait-il un humoriste? / C : Mais, d’un point de vue érotique, qu’est-ce qui est le plus excitant, savoureux comme tu dis, lire, entendre ou voir? / A : Tu veux dire, dans la vie ou dans une œuvre de fiction? / C : Disons dans la fiction. / A : Je ne sais pas. Je crois que ça dépend beaucoup des gens. Ça diffère selon les tempéraments. »

 
Cinquante [1995] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Écritures pour le théâtre, tome II, Ronfard, Jean-Pierre, Dramaturges Éditeurs, 2002), en collaboration avec Robert Gravel
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 21 mars 1995
Résumé
  Cinquante acteurs en scène exécutent les ordres d’une régisseuse. Que leur demande-t-elle? De composer tous ensemble un tableau de Delacroix ou de Seurat, de faire revivre le discours de Saint-Just au moment de la Terreur révolutionnaire, de faire entendre Tatcher, Hitler, d’assassiner à nouveau César, de faire la file à la caisse pop comme à Auschwitz. Tout cela pour que le spectateur puisse assister au jeu de la représentation théâtrale…
Durée
  45 minutes
Nombre de personnages
  25 femmes, 25 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « LA RÉGISSEUSE : Onze. " Le jardin des délices ". Bosch. / Ils [les comédiens] faisaient mine de se déshabiller et, supposément nus, allaient prendre leur place dans le tableau. Ils adoptaient une étrange allure de mondanité à l’ancienne. C’est le " là! " de la régisseuse qui figeait le jeu. Quand elle était satisfaite (ou lassée) de cette immobilité, elle disait : / LA RÉGISSEUSE : Détente! »

 
Le monologue de Il dans Le cru et le cuit [1995] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Écritures pour le théâtre. Tome III, Dramaturges Éditeurs, 2003)
Création
  Coproduction de Omnibus et du Nouveau Théâtre Expérimental, dans un spectacle intitulé Le Cru et le Cuit, 1995
Résumé
  Dans une soirée mondaine, chaque participant est invité par la maîtresse de maison à produire quelque chose de son cru. Voici « Il », le plus vieux, qui se lance dans un monologue sur l'autre, la vie, le bonheur, avec la volonté de se jeter à l'eau tout seul.
Durée
  10 minutes
Nombre de personnages
  1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « IL : […] Il croyait aussi que chacun est responsable des formes qu'il évoque ou de celles qu'il prend, de son allure, de sa gueule et c'est pourquoi il en voulait aux vieux de sa famille d'avoir laissé leurs épaules et leurs dos se courber sous la démission. […] Dernièrement, poursuit-il, dans une assemblée de pseudos-libertins qui mettaient en balance les mérites respectifs des seins, des cuisses et des fesses, je fis quelqu’impression, me semble-t-il, lorsque sommé de m’exprimer sur mes préférences je répondis : " les yeux et la noune. " »

 
La mission Prométhée [1994]
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 28 mars 1994.
Résumé
  Un astronaute est envoyé seul dans l'espace pour un séjour de plusieurs mois : c'est la mission Prométhée. Or, il n'y a plus d'argent pour le faire redescendre... L'assemblée des Prix Nobel s'émeut; on débloque des fonds. Et enfin, ce nouveau Prométhée revient sur terre, délivré de sa capsule. Qui prendra sa place pour mener plus loin la conquête de l'espace?
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  7 femmes, 15 à 20 hommes (7F20H)
Extrait
  « PROMÉTHÉE : Ma voix, répercutée par tous les bolides de l'espace, | Captée par les laboratoires des galaxies étrangères, | Engrangée dans leurs bobines, | Ma voix dira ce que je suis, ce que je vois.| Je suis Prométhée, le Titan. »

 
Tête à tête [1994] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Écritures pour le théâtre, tome II, Ronfard, Jean-Pierre, Dramaturges Éditeurs, 2002), en collaboration avec Robert Gravel
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 25 mai 1994
Résumé
  Deux hommes de théâtre, Jean-Patrice et Gilles, en pleine création de leur prochain spectacle, échangent sur leurs motivations, sur ce que serait un théâtre scandaleux aujourd'hui, sur le non-jeu... Ils se confrontent, alors que le spectacle, petit à petit, prend forme.
Durée
  1 heure 40
Nombre de personnages
  2 femmes (muettes), 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « GILLES : La vérité c'est que t'es fini et que tu ne veux pas l'admettre. T'as rien qu'à l'avouer. On ne peut pas à la fois être et avoir été. Dis-le. Ça va te faire du bien. Tu te sentiras mieux après. Arrête de t'accrocher. Faut savoir faire une fin. / JEAN-PATRICE : Maintenant va-t'en. Fous le camp. Je suis chez moi, ici. Icitte! »

 
Corps à corps [1993] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Cinq études, précédé de Les objets parlent, Autour de Phèdre, La voix d'Orphée et suivi de Violoncelle et voix, Leméac Éditeur, 1994)
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, janvier 1993
Résumé
  Exercice de style où l'on interroge avec désinvolture les conformismes de l'interprétation habituelle. L'acte théâtral est-il profondément transformé par une façon de dire, des attitudes, des mouvements et des déplacements qui n'ont qu'une lointaine ressemblance avec ceux de la vie courante?
Durée
  30 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme
Arts martiaux: Taï-chi, capoeira


 
Violoncelle et voix [1993] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Cinq études, Leméac Éditeur, précédé de Les objets parlent, Autour de Phèdre, La voix d'Orphée et Corps à corps)
  étude théâtrale portant essentiellement sur les qualités confrontées de la musique et de la voix humaine
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, janvier 1993
Résumé
  Une voix de femme et une musique de violoncelle dialoguent. Un homme (le violoncelliste) et une femme (la cantatrice) débattent de l'attachement qui les lie et dont ils ne peuvent se défaire. Toute une série de jeux de théâtre sur le thème de l'attachement; l'attachement à quelqu'un mais peut-être plus essentiellement à un lieu, une pensée, une forme, une sensation, un art, la musique, le théâtre... Comment cet attachement est-il né? De quoi s'est-il nourri? Pourquoi persiste-t-il?
Durée
  50 minutes
Nombre de personnages
  1 femme (cantatrice), 1 homme (violoncelliste) et 1 machiniste

 
Précis d'histoire générale du théâtre en 114 minutes [1992] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Écritures pour le théâtre tome 1, Dramaturges Éditeurs, 2002)
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, mai 1992
Résumé
  Anthologie de quinze petites pièces de 5 à 15 minutes chacune. « Certaines de ces pièces sont des extraits authentiques, d'autres de honteux pastiches ». À travers quinze moments de jeu (dont l'un en latin!), illustrant quinze esthétiques différentes, les spectateurs parcourent l'histoire du théâtre depuis l'authentique monologue de la mort d'Ajax (Sophocle) jusqu'à un pseudo nô japonais; d'une pièce hyperréaliste où il s'agit avant tout de préparer un repas de poisson jusqu'à une comédie bourgeoise du XIXe siècle; d'une chanson furieusement brechtienne à un mystère médiéval ou à un numéro de mime corporel... Bousculant le cours normal du temps, le spectacle commence par les applaudissements du public et les saluts de la troupe pour s'achever avec une répétition détendue menée par un metteur en scène débonnaire.
Durée
  1 heure 50
Nombre de personnages
  5 femmes, 5 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « DON JUAN : La douleur de ce pauvre homme m'a touché. / CALABAZAS : Touché. Vous. Touché? / DON JUAN : Me crois-tu insensible? / CALABAZAS : Disons que vous n'êtes pas un homme à mouiller beaucoup les mouchoirs. Et je sais ce qu'il faut penser quand je vous entends dire à vos dames et vos demoiselles que vous brûlez pour leurs beaux yeux, que vous souffrez cruellement de leurs dédains, que vous tremblez comme une feuille à désirer leur consentement, que vous mourez d'amour. On ne meurt pas beaucoup dans votre conférie. / DON JUAN : L'amour n'est pas fait pour qu'on en meure. / CALABAZAS : Ça arrive pourtant. »

 
La voix d'Orphée [1990] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Cinq études, Leméac Éditeur, précédé de Les objets parlent, Autour de Phèdre, et suivi de Corps à corps et Violoncelle et voix)
  avec la collaboration de Catherine Gadouas pour la musique
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 9 octobre 1990
Résumé
  Qu'est-ce que la voix? La place de la voix? Le mystère de la voix dans le phénomène spectaculaire? C'est ce dont traite l'auteur, tout en racontant à sa manière le mythe du premier des musiciens, sa descente aux enfers en quête d'Eurydice, sa défaite et sa gloire.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  3 femmes, 3 hommes

 
Le grand théâtre du monde / El gran teatro del mundo [1989] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Écritures pour le théâtre tome 1, Dramaturges Éditeurs, 2002) , avec la collaboration de Robert Gravel et Anne-Marie Provencher
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 10 janvier 1989
Résumé
  Évocation dramatique du Siècle d'or espagnol dominée par les figures de la Célestine et de Dom Juan, dans une grande fresque baroque à teinte conviviale rassemblant sur et autour d'une immense table de banquet spectateurs et acteurs.
Durée
  2 heures 30
Nombre de personnages
  28 personnages (10 femmes, 18 hommes) pouvant être joués par un minimum de 14 interprètes (femmes et hommes en nombre égal)  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « ADAM : Si femme es et te nommes | Quel vocable me donnes? / ÈVE : Homme. / ADAM : Ainsi soit. À ce mot je souscris. / ÈVE : Bien l'entends. / ADAM : Et point ne m'en dépite. | Ainsi ferons nous l'appoint : | Semblables non pareils | Baie et cap opposites, | L'un l'autre nous jouxtant, | Nous assemblant, | Nous complaisant. Qui tant dualement | Nous fit? / ÈVE, montrant le ciel : Lui! »

 
Autour de Phèdre [1988] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Cinq études, précédé de Les objets parlent, Autour de Phèdre, La voix d'Orphée et suivi de Violoncelle et voix, Leméac Éditeur, 1994)
  d'après des textes d'Euripide, Sénèque et Racine
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 7 mars 1988
Résumé
  Aphrodite, déesse de l'amour, fait de Phèdre son instrument pour se venger d'Hippolyte, qui préfère rendre hommage à une autre déesse, Artémis, la vierge. À partir de la figure mythologique de Phèdre, un metteur en scène s'interroge sur l'effet tragique. Dans le plus grand dépouillement des moyens scéniques, avec la seule force du verbe, combiné au geste, au regard, au bruit et au silence, le tragique est traqué, mis à l'épreuve. Les dieux sont interpellés.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  3 femmes, 3 hommes ou 4 femmes, 2 hommes

 
Marilyn (Journal intime de Margaret Macpherson) [1987]
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 9 octobre 1987
Résumé
  Margaret Macpherson est la doublure de Marilyn Monroe. Sa vie n'étant guère reluisante, elle fantasme sur « sa » star, jusqu'à calquer son existence sur celle de Marilyn. Mais sa tragédie intérieure deviendra celle de Marilyn... jusque dans la mort.
Durée
  1 heure 20
Nombre de personnages
  1 femme et des voix
Ce texte demande l'emploi de voix off et la manipulation d'un magnétophone sur scène


 
Mao Tsé Toung ou Soirée de musique au consulat [1986-1987] Pour en savoir plus sur la publication
  (Revue Dérives, n° 56-57, 1987; pp. 185-225)
  avec la collaboration de Ben Low pour la musique
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 25 février 1987
Résumé
  Fresque épique. Shanghai 1927. Le Consulat. Monsieur le Consul, son épouse Mary et Élizabeth, une amie, entre des airs de Schumann et de Fauré, assistent impuissants, sous le regard de Wang, le boy, à l'effondrement de l'emprise colonialiste occidentale et à la montée du mouvement révolutionnaire chinois. L'Occident face à l'Orient. Opposant le texte dramatique (le Consulat) au conte épique (le peuple chinois), l'auteur retrace l'itinéraire politique de la Chine de 1927 à 1941.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes et une foule
Extrait
  « MARY : De quelle Chine parlez-vous? La vraie Chine, elle est là dans la rue, sous nos murs. Elle est en train de tout mettre à feu et à sang. Cette Chine ne fait pas le compte de ses besoins. Elle n'a besoin de personne. Elle se livre simplement à tous ses démons. / JOHN : Notre rôle consiste à maintenir notre position dans la tempête et à garder la face. / MARY, hurlant : Décommandez au moins votre stupide orchestre de chambre. »

 
À Belœil ou ailleurs [1986] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Écritures pour le théâtre tome 1, Dramaturges Éditeurs, 2002), en collaboration avec Jacques Allard, Roch Aubert, Danielle Bergeron, Catherine Gadouas, Robert Gravel et Pascale Montpetit
Six épisodes d'une fresque qui en comptait 40 à la création. Les autres sont irrémédiablement perdus.
Création
  Production autogérée, avril 1986
Résumé
  Pervertir l’histoire, tout en illustrant les passions humaines à différentes époques, tel était le but que s’étaient donné les créateurs du texte et du spectacle. La leçon de musique. Voir le résumé à ce titre. |  1792 Sermon de Simon Carrière, curé de Lotbinière Durée : 15 minutes; personnage : 1 homme | 1798 Alexandrie : Corinne Arsenault, cantinière, séduit le Caporal Lescarbot. Durée : 10 minutes; Personnage(s) : 1 femme, 1 homme | 1816 Typhus : À Londres, Francisco Dos Santos meurt du typhus. Il écrit une dernière lettre à l’amour de sa vie. Durée : 10 minutes; personnages : 1 femme, 1 homme | 1934 Berlin : Corinne Arsenault, femme de l’ambassadeur du Canada, recueille un jeune comte poursuivi par les nazis. Durée : 10 minutes; personnages : 1 femme, 1 homme et 1 voix | 1937 Madrid : Marc Lescarbot, commissaire politique aux Brigades Internationales, se voit obligé de condamner à mort une Belge soupçonnée d’espionnage. Il s’agit de sa maîtresse. Durée : 20 minutes; personnages : 1 femme, 3 hommes.
Durée
  des 6 épisodes encore disponibles: 1 heure 15
Nombre de personnages
  3 femmes, 4 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « SIMON CARRIÈRE : Ça ne peut plus durer. Je vous avertis, sacrifice! Dans l’état où vous m’avez mené, soyez pas étonnés si, demain, vous me voyez, saoul comme une botte, tanguer d’un bord à l’autre de la rue principale en chantant des chansons obscènes. » […] « CORINNE : Tu croques-madame?-Je croque- Six francs! Et pour six francs le militaire a les oranges, le baiser, l’embrassade un bon bout de temps et la petite promenade sous les palmiers. »

 
La leçon de musique 1644 [1986] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Entretiens avec Jean-Pierre Ronfard par Lévesque, Robert, Liber 1993 et aussi in À Beloeil ou ailleurs dans Écritures pour le théâtre tome 1, Dramaturges Éditeurs, 2002)
Résumé
  Malgré une attaque des Iroquois et en dépit de la rudesse de la nature de la Nouvelle-France, le professeur Dos Santos s’acquitte de la tâche que lui a confiée Monsieur de Montmagny : donner une leçon de musique à la jeune Aline Joubert afin qu’elle soit dotée d’une éducation conforme aux bons usages et aux devoirs de son rang. Les flèches des Indiens le transformeront progressivement en un saint Sébastien au comble de l’exaltation, martyr de son amour de l’art et du culte de Monteverdi.
Durée
  20 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
un magnétophone portatif et un cortège de moines encapuchonnés
Extrait
  « DOS SANTOS : …Non, non! Je vous dénie le droit d’interrompre, sous quelque prétexte que ce soit, cette phrase de Monteverdi. Respectez la musique, Mademoiselle Joubert, respectez LA MUSIQUE! / ALINE JOUBERT : Mais… Les Indiens… / DOS SANTOS : Les Indiens font de la musique indienne. Vous, vous jouez Monteverdi! Laissez les Indiens taper du tambour et faire hou! hou! Comme il convient à leur état naturel et à leur degré d’entendement. Mais, vous, jouez Monteverdi! »

 
Les objets parlent [1986] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Cinq études, Leméac Éditeur, suivi de Autour de Phèdre, La voix d'Orphée, Corps à corps et Violoncelle et voix)
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 3 décembre 1986
Résumé
  Pièce sans acteur où les objets sont les personnages. Lors de la création, les spectateurs étaient assis sur des praticables roulants que l'on déplaçait d'une scène à l'autre, vers un nouvel objet qui racontait quelque chose...
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  0 femme, 0 homme: des voix et des machinistes
Pièce sans acteurs sur scène. Textes à livrer avec la voix. Texte rempli de didascalies décrivant la mise en scène des éléments scéniques.
Extrait
  « LES PORTES | Une lumière verte monte dans le hall. | La demi-porte de gauche s'ouvre lentement. | La lumière verte frappe le mur qui lui fait face. | La demi-porte se ferme brusquement. | Un peu de vert reste sur le sol venant de l'arrière des spectateurs. »

 
Dans les dunes de Tadoussac [1985]
Création
  École nationale de théâtre, mars 1985
Résumé
  Cette « divagation théâtrale » matérialise sur scène ce qui se passe dans la tête de Charles, un étudiant qui rédige une thèse sur le 16e siècle : souvenirs de camping solitaire aux dunes de Tadoussac, rencontre avec des personnages bizarres et, surtout, d'étonnantes rêveries où sa vie ressemble étrangement à celle de l'empereur Charles Quint.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  20 personnages (13 femmes, 7 hommes) pouvant être joués par 5 femmes et 3 hommes

 
Le Titanic [1985] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1986)
Création
  Carbone 14, mai 1985
Résumé
  Le 14 avril 1912, le paquebot Titanic, merveille de la technologie moderne, coule au large de Terre-Neuve, lors de sa première traversée transatlantique. Font partie du voyage des personnages de tous bords : un immigrant juif, un journaliste japonais, Hitler, Isadora Duncan, une Danoise séduisante, un séducteur, un couple de vieux Américains, Sarah Bernhardt, tous unis dans un même destin.
Durée
  1 heure 40
Nombre de personnages
  21 personnages pouvant être joués par 4 femmes et 8 hommes
Extrait
  « ANNE : Écoute moi un peu, Télesphore Archambault. Si je me suis embarquée sur le plus beau bateau du monde, le plus grand, la merveille de la technique moderne, c'est quand même pas pour m'en sauver dans un canot à rames avec la ceinture pneumatique accrochée au cou comme une bavette de bébé. Et puis, veux-tu que je te dise, " Les femmes et les enfants d'abord ", je trouve ça niaiseux. Devant la mort, tout le monde a le même poids, le même âge, le même sexe. Personne n'y comprend rien et surtout pas les humains. Un chien, une fourmi, une plante en savent autant là-dessus et peut-être même plus que n'importe quel être humain… Me sauver? Pour quoi faire? Pour préserver tout ça, toutes ces catégories? Ces casiers à remplir, comme dans ton épicerie. Ça n'aurait pas d'allure. Ça n'aurait aucun sens. / TÉLESPHORE : Qu'est-ce qui a du sens pour toi? / ANNE : Partir pour de bon. Échapper au programme. Aller ailleurs. Voir autre chose. Un autre pays, un autre temps, un autre monde. Je commence à être tannée du paysage. Je veux tout quitter. TÉLESPHORE : Toute seule? / ANNE : Probablement. En tout cas, c'est à voir. Donne-moi la main, mon chéri, mon amour, ma vie, mon Télesphore. / TÉLESPHORE : Ma Titane. »

 
Les visiteurs de madame Artémise [1985]
  Ce texte a été présenté en lecture publique par les Productions Germaine Larose, en collaboration avec le CEAD, le 4 novembre 1985.
Résumé
  Sa mémoire (aidée par une bouteille de champagne que sa voisine lui a offerte) déambule dans son passé et donne une réalité, une incarnation à ses désirs, sa culture, ses aventures passées, sa culpabilité, ses revendications, son goût impérissable de l'opéra, l'amour à multiples faces qu'elle a eu, qu'elle a toujours pour son mari mort, ses enfants, un amant italien, une amie, un mystérieux prince noir...
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  5 femmes, 3 hommes (5F3H)  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
4 chansons


 
Scène 85 [1985] Pour en savoir plus sur la publication
  (in 20 ans, CEAD / VLB Éditeur, 1985, disponible au CEAD)
Résumé
  Extrait d'une pièce à faire. Dans un pays d'outre-temps, des personnages se rencontrent et se racontent des histoires fantastiques.
Durée
  20 minutes
Nombre de personnages
  2 femmes, 1 homme
Extrait
  « CHRISTINE : Comte, quel est ton cadeau? Une nouvelle histoire? Tu n'apparais jamais que pour nous en conter. / SANTANDER : D'abord trois mots, comme tu me le demandais. Trois mots qui te désignent. / CHRISTINE : Lesquels? / SANTANDER : Songes et mensonges, ta vie. »

 
Don Quichotte [1984] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1985)
  d'après le roman El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha de Miguel de Cervantes (nouvelle version)
Création
  Théâtre du Trident, 6 novembre 1984
Résumé
  Don Quichotte part en voyage monté sur Rossinante, bientôt suivi de Sancho Panza monté sur Grison. Ils font un voyage aux multiples péripéties, à travers des temps et des lieux disparates, où les réalités de la vie et la pesanteur des choses s'opposent à l'idéalisme forcené du héros.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  33 personnages (14 femmes, 19 hommes) pouvant être joués par 4 femmes et 7 hommes
Extrait
  « SANCHO : Bonjour, Monsieur. Avez-vous bien dormi? / DON QUICHOTTE : Apprends Sancho qu'un chevalier errant ne dort pas, il rêve. Et en rêve, il agit. / SANCHO : Au fond vous autres, les chevaliers errants, ça fait pas une bien grosse différence quand vous dormez ou quand vous dormez pas. Vous vivez en rêvant et vous rêvez en vivant. »

 
Les mille et une nuits [1984] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1985)
  d'après le recueil de contes arabes du même titre
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, juin 1984
Résumé
  Dans cette pièce, teintée d'un orientalisme de pacotille, tous les personnages vivent, à des degrés divers, la contrainte que la légende impose à la princesse Shéhérazade : inventer chaque jour une nouvelle histoire, créer pour ne pas mourir. C'est aussi un jeu de théâtre qui s'amuse à relater la naissance des contes et leur rencontre avec l'imaginaire de chacun.
Durée
  1 heure 40
Nombre de personnages
  22 personnages pouvant être joués par 4 femmes et 5 hommes
1 chanson


 
La mandragore [1982] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1982)
  librement inspiré de La Mandragola de Nicolas Machiavel; musique originale de Catherine Gadouas
Création
  Théâtre du Nouveau Monde, 12 novembre 1982
Traductions
  - Traduit en anglais par Joel Miller sous le titre de The Mandrake [1985 et 1994]
Résumé
  Après maints subterfuges, un jeune Florentin un peu fou et ne sachant faire qu'une chose, l'amour, parvient à conquérir la belle épouse d'un docteur dévot et en tous points savant, sauf en un seul : l'amour. Librement adaptée de Machiavel, cette comédie propose une désopilante réflexion sur les joies de la chair.
Genre
  Comédie
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  3 femmes, 4 hommes et un chœur
7 chansons (partitions disponibles au Cead)
Extrait
  « NICIA : Tu ne le connais pas. Scrupuleuse comme pas deux. Une vraie nonne! / LIGURIO : On peut soudoyer son confesseur. / NICIA : Son confesseur, c'est Fra Girolamo Savonarole! Il a le goût du martyre. On ne peut pas le corrompre. / CALLIMACO : Nous en trouverons un autre que nous mettrons de notre bord. / LIGURIO : Ou bien sa mère. Elle est folle comme de la marde d'avoir un petit bébé qui l'appelle grand-maman. / NICIA : Ça c'est possible, oui. Je suis sûr qu'elle fera tout ce qu'elle peut pour convaincre sa fille. »
Revue de presse
  « Une farce délicieuse […]. Extrêmement rigoureux sous des dehors extravagants, ce texte participe de la veine truculente de Jean-Pierre Ronfard, et la mise en scène de Jacques Rossi fait bien ressortit sa fantaisie et son caractère fantasque. À la cuisine de la langue, l’italien réchauffe le latin et l’anglais, le français est assaisonné d’espagnol. Quant à la langue vulgaire quotidienne du petit peuple, elle correspond à l’accent québécois et vient pimenter la langue française châtiée des bourgeois. » Solange Lévesque, Le Devoir, 3 août 1998.
« Sans maniérisme gratuit, c’est une comédie croustillante, dangereusement corsée et délicieusement machiavélique. […] La pièce sera sans doute jugée offensante pour les biens-pensants. Pourtant, quel signe de santé que de pouvoir rire de ce qui est sérieux, pris dans un autre contexte. Même qu’à son insu, la pièce de Ronfard donne aussi à réfléchir sur le dilemme des mères porteuses, et sur ce que vaut la vie des sans abris dans la société actuelle. » Gilles G.Lamontagne, La Presse, 26 avril 1991.
« La désinvolture du dialogue passe, en grande partie, par l’anachronisme, ou plus précisément, par la juxtaposition intempestive du classique et du contemporain, de l’ancien et du moderne et dans un même souffle, du noble et du vulgaire, du soutenu et du familier, voire du latin, de l’allemand, de l’italien de pizzeria et de l’anglais, et même du joual et de l’argot. Ce faisant, Ronfard régénère la langue française en la maltraitant un brin, pour son bien et notre plaisir. L’effet de ces acrobaties lexicales est étrange: on croit d’abord (peut-être avec raison), à une solution de facilité, mais on découvre sous la surface une merveilleuse aisance dans l’écriture, un tonique sentiment de liberté chez l’auteur, des personnages extrêmement attachants par leur fantaisie et beaucoup plus proche de nous. Et cela fonctionne d’autant mieux que cette histoire de "ventre à louer" a acquis, depuis l’invention des bébés éprouvettes, des résonances étonnamment modernes. […] Bref, La mandragore est un spectacle à se mordre la joue, qui réjouira tous les enfants majeurs et vaccinés par sa robustesse rabelaisienne servie avec bonhomie et fantaisie. » Michel Vaïs, Le Devoir, 27 juin 1991.
« Disons que Jean-Pierre Ronfard a troussé une comédie à la fois florentine et libertine, une petite chose malicieuse, épicée, pétulante et pétillante, décadente, cochonne, rococo, frisée et bouclée. Une sonate de Scarlatti qui vole, vrille et virevolte comme un oiseau moqueur ou comme une hirondelle ivre de chaleur. » Martial Dassylva, La Presse, 19 novembre 1982.
« Il y a quelque chose de fascinant dans la "manière Ronfard", c’est cette façon désinvolte et à la fois rigoureuse d’organiser un récit où les temps, les genres et les tons se bousculent, où la théâtralité est dégagée de ses gangues traditionnelles est ramenée à son sens primordial: l’immédiateté. Chez Ronfard, tout est actuel, tout vient d’arriver, tout se prépare. » Robert Lévesque, Le Devoir, 20 octobre 1982.


 
Vie et mort du roi boiteux [1981] Pour en savoir plus sur la publication
  (2 tomes, Leméac Éditeur, 1981)
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 1981-1982
Résumé
  Épopée sanglante et grotesque en six pièces et un épilogue. Dans le quartier de l'Arsenal, la lutte de deux familles rivales, les Roberge et les Ragone... D'un bout à l'autre de la terre, les aventures de tout un peuple mystifié... Entre une mère et son fils, une longue histoire d'amour, de provocation et de mort... Sur le théâtre du monde, une horde de personnages, agités par des passions contradictoires, se prennent tous pour des reines et des rois, mais ils boitent…
Durée
  15 heures
Nombre de personnages
  210 personnages (86 femmes, 124 hommes) pouvant être joués par 10 femmes et 13 hommes
Extrait
  « FILIPO RAGONE [au puceau Richard] : […] Quand le temps est venu de manier le bilboquet, faut être niaiseux en Christopher pour continuer à fabriquer des pâtés de sable. Déniaise-toi, maudit! Fonce, tranche, saute, jette-toi à l'eau! / RICHARD : Je sais pas nager. / FILIPO RAGONE : Qu'est-ce que ça peut faire? On ne se noie pas dans cette eau-là. Et puis, de toutes façons, faut y passer, le plus tôt c'est le mieux. / RICHARD : Pourquoi la grosse Germaine Dubois elle m'a enfoncé le nez entre ses deux tétons? / FILIPO RAGONE : La charité chrétienne! »

 
Lear [1976] Pour en savoir plus sur la publication
  (revue Tract, 1977)
Création
  Théâtre Expérimental de Montréal, 25 janvier 1977
Résumé
  Cette réécriture sur le mode grotesque et dérisoire du Roi Lear de Shakespeare, influencée par Samuel Beckett et Antonin Artaud, présente un Lear dépouillé de sa grandeur, mais où l'absurde et la cruauté du destin du vieux roi sont mis en lumière. Alors que règnent deux de ses filles à qui il a cédé le pouvoir, Lear et sa maîtresse Corneille sont forcés à errer. Sa troisième fille, déguisée en fou, l'accompagne dans cette descente aux enfers pendant que le bâtard Hector finit par prendre le pouvoir.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  4 femmes, 4 hommes
Extrait
  « CORNEILLE : Tu oublies une chose, mon roi, c'est que tu n'as plus le pouvoir d'ordonner. Tu as légué ta couronne à tes filles. Erreur, erreur! (Le roi est pensif.) / LE ROI : Lèche-moi les pieds. (Corneille lui lèche les pieds.) Tu lèches mal. (Corneille fait des efforts.) De plus en plus mal. (Corneille s'ingénie. Le roi ne rit toujours pas. Soudain il repousse Corneille.) Malheur à la femme de chambre imbécile qui n'est plus capable de faire rire son maître. / CORNEILLE : Malheur au maître aveugle qui n'a plus le pouvoir d'ordonner. »

 
Médée (de JeanPierre Ronfard) [1970]
Étude sur le mythe
Création
  École nationale de théâtre du Canada, 1970
Résumé
  Le mythe de Médée, comme image des combats du pouvoir et de la révolte, de la normalité et de la marge, de la raison et de la folie.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme, 3 hommes et un chœur de femmes et d'hommes
Spectacle tragique à connotations politiques


 
TRADUCTIONS, TRANSPOSITIONS, COLLAGES, AUTRES TEXTES...

Le Cyclope [1985]
  traduction de Kûklops de Euripide
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, mars 1985