Hélène PEDNEAULT [1952-2008]

Authentique polygraphe (journaliste, essayiste, chroniqueuse, scénariste, auteure de chansons et, bien sûr, dramaturge), Hélène Pedneault était originaire du Saguenay, où elle a commencé sa carrière en journalisme et où elle a été honorée par le Salon du livre (2006). À Montréal, elle s’est d'abord fait connaître par ses interventions à la radio de Radio-Canada, par ses collaborations à différents magazines et surtout, à La Vie en rose, où elle signe ses fameuses « Chroniques délinquantes » (1982-1987), qui seront publiées en 1988. Intéressée depuis toujours par la chanson, elle y était engagée depuis 1974 comme organisatrice de spectacles, agente d'artistes, metteure en scène, attachée de presse, mais ses contributions les plus importantes dans ce domaine sont les textes qu'elle a écrits pour Sylvie Tremblay, Richard Séguin, Michel Robert et, surtout, Marie-Claire Séguin. Depuis sa pièce La déposition, traduite en cinq langues et qui n’a pas cessé d’être produite plusieurs fois par année depuis sa création en 1988, elle s’est consacrée de plus en plus à l’écriture de fiction, ce qui ne l'a pas empêchée de signer une biographie de Clémence Desrochers (1989), un pamphlet, Pour en finir avec l'excellence (1992), un recueil de « mémoires courtes », La douleur des volcans (1992), les séries télé Signé Loranger (1995) et du collage du même titre pour la scène; Éloge de l’indignation (1996), Robert Gravel, l’homme qui avait toujours soif (1996); Sous le signe du lion (1996) son adaptation de la série de Françoise Loranger pour laquelle elle a remporté un prix Gémeaux et Les Carnets du lac (2000). Lanctôt Éditeur a réédité en 2002 ses Chroniques délinquantes de la vie en rose en livre de poche. Au début de 2004, elle a publié un nouveau recueil de chroniques (1984-2003) intitulé Mon enfance et autres tragédies politiques (journal intime et politique). Hélène Pedneault est décédée le 1er décembre 2008 à l’âge de 56 ans. — 2008 / 11
(Photo : Jacques Lavallée)

 
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Index alphabétique des titres
Je veux du miel La déposition
 
Je veux du miel [1997] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Contes urbains, Mœbius n° 75, 1997)
Création
  Théâtre Urbi et Orbi, décembre 1998, dans un spectacle intitulé Contes urbains
Résumé
  Une jeune fille mendie dans la rue, un soir de tempête, pieds nus, sans manteau. Elle tend la main et demande du miel. Plusieurs personnes passent, la fuient ou la provoquent, lorsque surgit une femme en noir, qui lui parle. Est-ce une fée?
Durée
  15 minutes
Nombre de personnages
  1 femme
Extrait
  « [LA CONTEUSE] : […] et il s'enfuit en courant comme si elle était infectée par le virus d'Ebola et pissait le sang par les yeux. | Il s'est sauvé parce qu'elle n'a pas eu peur de lui. […] »

 
La déposition [1987] Pour en savoir plus sur la publication
  (VLB Éditeur, 1988; 1997; 2007  / Actes Sud – Papiers, 1991)
Création
  Espace Go, 20 janvier 1988
Traductions
  - Traduit en anglais par Linda Gaboriau sous le titre de Evidence to the Contrary [1988] (NuAge Editions, Montréal, 1993; also in Anthology of Québec Women’s Plays in English Translation, Volume II (1987-2003), Playwrights Canada Press, 2008 )
Ubu Repertory Theater et Double Image Theatre, New York, 1989
- Traduit en anglais pour la Grande-Bretagne par Mark Ravina sous le titre de The Statement [1993]
The Troupe, Londres, Angleterre, 19 janvier 1993
- Traduit en italien par Anna Fontana Arnaldi sous le titre de La deposizione [1994]
Teatro Agora, Rome, 5 octobre 1994
- Traduit en néerlandais par Pauline Sarkar-Vangeen sous le titre de De Bekentenis [1989]
Les Bureaux Menno Plukker, 17 octobre 1990
Résumé
  Une femme, Léna Fulvi, est accusée du meurtre avec préméditation de sa mère. Contre toute logique, elle défend la thèse « d'un accident causé par la haine », alors qu'un témoin oculaire l'a vue tuer sa mère. L'inspecteur qui reçoit sa déposition ne se contente pas de ses explications nébuleuses. La pièce est un huis clos, une confrontation sans merci entre le policier et l'accusée. Sans même savoir ce qu'il cherche exactement, l'inspecteur amènera Léna Fulvi à traverser les apparences – jusque-là étanches – pour arriver à une vérité que ni l'un ni l'autre n'avait pressentie.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  3 femmes, 1 homme
Les rôles des deux sœurs de Léna Fulvi peuvent être enregistrés sur bande vidéo.
Extrait
  « ELLE : Je dors souvent avec les vêtements qui ont passé la journée avec moi. Ça me rassure. / LUI : Mais un scaphandre est un vêtement bien encombrant... / ELLE : Il y a des choses bien plus encombrantes qu'un scaphandre. / LUI : Quoi? / ELLE : Les émotions, par exemple... »
Revue de presse
  « Le texte est d'une intensité dramatique remarquablement construite, avec un crescendo dans l'action qui s'arrête au salut des artistes. » Olivier Maby, Le Provençal, France, 15 juillet 1991.
« Les mots justes d'Hélène Pedneault frappent comme autant de coups de masse. […] Intense, vraie, percutante, précise, La déposition va droit au but. »Hervé Aujames, Le Méridional, France, 19 juillet 1991.
« La déposition, d'Hélène Pedneault, évoque par ses thèmes, et bien que dans un style très différent, l'écriture incisive de Liliane Attlan dans Les passants. Mais la pièce de ce jeune auteur québécois est aussi pleine d'originalité et de nouveauté. » Laure Bernard, Le Figaro, 27 et 28 juillet 1991.
« Dénouement surprenant, performance remarquable, dangereuse et réussie !!!; merci à une auteure d'écrire un texte aussi brillant et intelligent. » Le Rimouskois, 7 août 1990.
« La sensualité à fleur de mots… » Le Journal Extra, Saguenay-Lac-St-Jean, 28 février 1989.
« Le texte […] sort des profondeurs de l'âme […] et à lui seul, il suffit pour créer l'atmosphère chargée qui accompagne […] les drames humains. » Claude Girard, Le Réveil au Saguenay, 10 octobre 1989.
« La déposition est avant tout un texte. Qu'il soit lu au lieu d'être joué ne lui enlèverait rien, tellement il est écrit avec densité. Un texte qui demande tout aux comédiens mais qui ne leur devra rien parce qu'il se suffit à lui même […] » Christiane Laforge, Le Quotidien, Chicoutimi, 5 octobre 1989.
« La déposition dégage une force indubitable, et son humour souvent irrésistible est efficace. Le mouvement qui porte ce soliloque de la fermeture à l'épanchement est soigneusement réglé; il s'agit, la chose est incontestable, d'un texte solide, d'une œuvre : sa voix, unique, est véritablement celle d'un(e) auteur(e). […] Séduisante, riche de mots et d'images que l'on a envie de relire, La déposition est à la fois neuve dans notre dramaturgie et rattachée à tous les courants qui la travaillent de façon souterraine […] » Diane Pavlovic, Cahiers de Théâtre Jeu, n°47, juin 1988.
« Pedneault a le sens du dramatique. C'est bien mené. L'auteure a compris que le dialogue au théâtre est un combat. L'humour et l'arrogance s'y croisent si bien que La déposition étonne et émeut. » Louise Vigeant, Spirale, avril 1988.
« Un langage qui joue avec la lettre et l'ironie, le souvenir, le mensonge et la vie, pour nous dépeindre les paysages du Saguenay et ceux de l'âme […] Un moment théâtral intense et émouvant. » Huguette Lucas, Le Devoir, 7 mai 1988.
« Le texte est un remarquable amalgame d'intelligence et de sensibilité. Les références culturelles à saveur québécoises assaisonnées de nombreux jeux de mots donnent un ton humoristique à un texte déjà riche et dense. » Daniel Hart, Cahier culturel Zone arts, Plateau Mont-Royal, Montréal, 27 janvier 1988.
« Les mots sont tour à tour des épées se heurtant à une cotte de maille, des suppliques, des tasses de thé réconfortantes, des couteaux meurtriers, des détours, des paroles en l'air. » Mc Gill Daily Français, 29 janvier 1988.