Wajdi MOUAWAD

Né au Liban le 16 octobre 1968, Wajdi Mouawad est contraint d'abandonner sa terre natale à l'âge de huit ans, pour cause de guerre civile. Débute une période d'exil qui le conduit d'abord avec sa famille à Paris. Une patrie d'adoption qu'il doit à son tour quitter en 1983, l'État lui refusant les papiers nécessaires à son maintien sur le territoire. De l'Hexagone, il rejoint alors le Québec. C'est là qu'il fait ses études et obtient en 1991 le diplôme en interprétation de l'École nationale de théâtre du Canada à Montréal. Il codirige aussitôt avec la comédienne Isabelle Leblanc sa première compagnie, Théâtre Ô Parleur. En 2000, il prend la direction artistique du Théâtre de Quat'Sous à Montréal. Il crée cinq ans plus tard les compagnies de création Abé Carré Cé Carré avec Emmanuel Schwartz au Québec et Au Carré de l'Hypothénuse en France. Depuis septembre 2007, il est directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts d'Ottawa et parallèlement s'associe avec sa compagnie française en janvier 2008 à l'Espace Malraux, scène nationale de Chambéry et de la Savoie. Il est en 2009 l'artiste associé du Festival d'Avignon, où il avait présenté Littoral dix ans auparavant et Seuls en 2008. — 2010-02-04
(Photo : Jean-Louis Fernandez)

   
Ciels [2009] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Actes Sud - Papiers, 2009)
Création
  Festival d'Avignon (France), 18 juillet 2009
Résumé
  Cinq personnes sont enfermées de plein gré par une grande organisation internationale avec la mission de déjouer un attentat terroriste. Les cinq personnages espionnent les conversations téléphoniques pour résoudre l'énigme posée par cet attentat à travers un code utilisé pour les communcations secrètes des terroristes. Ce faisant, leur monde personnel s'écroule. L'intime est ici écartelé et fragmenté par le grand déroulement de l'histoire.
Durée
  2 heures 30
Nombre de personnages
  2 femmes, 7 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Projections vidéos de tableaux célèbres, de formules d'algèbre, etc.
Extrait
  « VINCENT CHEF-CHEF : Qu’est-ce que tu racontes? Je lui ai parlé dans le jardin, avant-hier durant la nuit… / BLAISE CENTIER :Il a dû se tuer tout de suite après t’avoir parlé! / VINCENT CHEF-CHEF : C’est du délire! / CHARLIE ELIOT JOHNS : Je ne comprends pas! / VINCENT CHEF-CHEF :Il avait l’air très bien! / DOLOROSA HACHÉ : Pourquoi tu ne nous as rien dit! / BLAISE CENTIER : C’étaient les ordres ! / DOLOROSA HACHÉ : De quoi tu parles! Il ne reste plus que quatre jours! Quels ordres? / CHARLIE ELIOT JOHNS : Je ne comprends pas! Pourquoi il a fait ça? / DOLOROSA HACHÉ : C’était ton ami! Il me l’a dit! Quels ordres? »

 
Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face [2008] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 2008)
Création
  Coproduction du Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, du Théâtre de la Ville-Paris (sic), avec l'aide du Fonds de soutien à la création contemporaine de la SACD, à Bordeaux, 13 mai 2008
Résumé
  Réinvention à la manière des auteurs grecs et sous la forme d'une « épopée flottante ou d'un Mahabharata grec », des trois temps de la Thébaïde : la fondation de Thèbes par Cadmos, frère d'Europe; le pouvoir de Laïos, réfugié un temps chez Pélops, et qui s'attire la malédiction de ce roi; les conséquences sur son fils Œdipe. Ce dernier, aveugle de son sort, se crève ensuite les yeux pour ne plus voir la réalité de son propre scandale et devient visionnaire de notre destin collectif.
Durée
  2 heures 30
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes, jouant 16 personnages; 4 enfants  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « PALLAS : Cadmos sans rien dans les mains | Écoute la voix qui te parle | Ne t'inquiète plus pour ta sœur | Poursuis ta route | Oublie ton rivage | Long temps est passé depuis ton départ. | Achevée l'insouciance de l'enfance! | Les visages familiers | Morts ils sont morts | Noyée ta mémoire | Oubliées les ruelles secrètes de ta ville. | Premier homme à être parti | Après toi d'autres partiront | Cohorte des fugitifs. | Étranger sur les routes | Étranger en ton pays. | Exilé des exilés | Continue ton chemin | Cadmos aux yeux secs : | Obéis! »

 
Seuls [2007] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Editeur, 2008)
Création
  Production de Au carré de l’hypoténuse, compagnie de création. Production déléguée d’Espace Malraux, scène nationale de Chambéry et de la Savoie, en coproduction avec Le Grand T, scène conventionnée Loire-Atlantique, Théâtre 71, scène nationale de Malakoff, Comédie de Clermont-Ferrand, scène nationale, Théâtre National de Toulouse, Midi-Pyrénées, Théâtre d’Aujourd’hui. Créé à Chambéry, mars 2007
Résumé
  Harwan vit à Montréal. Il tente d’achever une thèse sur Robert Lepage. Mais soit il tourne en rond dans son nouvel appartement, soit il s’engueule au téléphone avec son père. Voulant à tout prix rencontrer le sujet de sa thèse, il va à Saint-Petersbourg où Robert Lepage monte un nouveau spectacle, mais il arrive trop tard, ce dernier est déjà rendu aux États-Unis. Enfermé au Musée de l’Ermitage où il contemple Le retour du fils prodigue de Rembrandt, Harwan apprend à régler ses comptes avec lui-même.
Durée
  2 heures 20
Nombre de personnages
  1 homme et 6 voix
Extrait
  « Chambre d’hôpital. | Harwan entre. | Il dépose un grand sac en plastique.| Il ôte son manteau. | Il s’assoit. | HARWAN : Bonjour papa. C’est Harwan. Tu m’entends? / Silence. / Il paraît qu’il faut continuer de te parler comme on te parlait avant. Seulement voilà : avant on ne se parlait pas beaucoup. On dit aussi qu’il vaut mieux parler dans ta langue maternelle. Je veux bien, mais mon arabe risque plutôt d’aggraver ton coma…»
Revue de presse
  « On s'attend, comme toujours avec Wajdi Mouawad, à partir loin, à rencontrer des gens, à croiser des histoires. Et l'on se retrouve face à un homme seul, qui se dépouille peu à peu des peaux d'oignon de la parole, pour entrer dans le monde de la performance, en peignant sur son corps autant que sur les murs ce qui l'habite et lui pèse : la vacuité des jours qui se suivent en boucle, le désir d'être soi et autre, l'appel, nourri des souvenirs d'enfance, à une vie qui échapperait à la pesanteur. […] Avec ce spectacle, Wajdi Mouawad montre qu'il sait tisser des fresques qui vous emmènent là où l'odyssée de l'histoire rejoint celle de chacun, dans la quête sans cesse recommencée de l'amour, de la mort et de la vie à apprivoiser. […] Il y a un goût indéniable de l'absolu dans cette écriture, qui, avec Seuls, efface beaucoup des majuscules qu'elle contient, pour serrer au plus près l'intime. » Brigitte Salino, Le Monde, 7 mars 2008

 
Assoiffés [J] [2006] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Actes Sud – Papiers, 2007)
Création
  Théâtre Le Clou, 12 octobre 2006
Résumé
  Boon, un anthropologue judiciaire, témoigne d’une enquête qui a bouleversé ses convictions et sa perception de la réalité. À travers l’histoire de Murdoch, un adolescent qui se lève un matin incapable d’arrêter de parler et celle de Norvège, une victime d’une transparente vulnérabilité, Boon replonge dans sa propre adolescence. Soudain, la barrière entre la réalité et la fiction se dissout, les frontières du temps explosent et la force de vivre triomphe de l’inertie.
Durée
  1 heure 10
Nombre de personnages
  1 femme, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Public visé : le second cycle du secondaire
Extrait
  « MURDOCH : Moi, là, je le sais plus pourquoi tous les matins je dois me lever pour aller attendre l’autobus si c’est pour monter dedans, aller à l’école, revenir de l’école, m’endormir, me réveiller pour revenir icitte et l’attendre encore. Je veux dire! Tsé. Comme si rien ne s’était passé. Comme si on tournait en rond. Tsé. Comme si on revenait toujours au même carrefour alors qu’on est déjà en retard, qu’on a plus ben ben le temps de niaiser. »

 
Forêts [2005-2006] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 2006)
Création
  Production Au carré de l'hypoténuse et Abé carré cé carré en coproduction avec le Théâtre du Trident, Espace GO, l'Espace Malraux, scène nationale de Chambéry et de la Savoie, le Fanal scène nationale de Saint-Nazaire, le Théâtre de la Manufacture, centre dramatique national de Nancy-Lorraine, la scène nationale d'Aubusson Théâtre Jean Lurçat, l'Hexagone scène nationale de Meylan, les Francophonies en Limousin, Le Beau Monde? compagnie Yannick Jaulin, la scène nationale de Petit Quevilly Mont-Saint-Aignan, la Maison de la Culture Loire Atlantique de Nantes, avec le soutien du Théâtre 71 scène nationale de Malakoff, 7 mars 2006.
Résumé
  Six femmes font brutalement face à l’incohérence de leur existence par l’entremise d’un paléontologue qui, en 1946, se rend avec une équipe de scientifiques dans un camp de concentration… En 1917, un soldat déserteur se réfugie au cœur d’une forêt où il découvre un zoo et quatre femmes qui vivent au milieu des animaux sauvages… Au cœur de ce paradis improbable, Lucien rencontrera Léonie avec laquelle il vivra une histoire d’amour, sans se douter que leur union sera, à l’image de ce siècle, le théâtre de douloureuses déchirures… La pièce est aussi l’histoire de cette femme, en 2003, qui apprend qu’elle est atteinte d’un mal incurable…
Durée
  4 heures
Nombre de personnages
  7 femmes, 10 hommes joués à la création par 5 femmes et 6 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « BAPTISTE : Allô? / LOUP : Papa, c’est Loup. Comment vas-tu? / BAPTISTE : Je vais bien. Et toi, Loup? / LOUP : Je ne sais pas. Ici, c’est presque le printemps. / BAPTISTE : Nous, on est en pleine tempête de verglas. T’es où? / LOUP : On est dans la ville de Metz. / BAPTISTE : Les gens sont gentils là-bas? / LOUP : Ben… c’est des Français, tsé. / BAPTISTE : Ils te comprennent quand tu parles? / LOUP : Faut que j’articule. Papa, on va pouvoir bientôt enterrer maman, on va pouvoir la délivrer du froid de la morgue pour la livrer à la chaleur de la terre. Je voulais te le dire. Je voulais entendre ta voix. Papa, je voulais te dire que je t’aimais. »

 
Lettre d’amour d’un jeune garçon (qui dans d’autres circonstances aurait été poète, mais qui fut poseur de bombes), à sa mère morte depuis peu [2005]
Création
  Théâtre À corps perdus, 12 mai 2005, dans un spectacle intitulé Combats, à partir de textes de José Ramon Fernandez, Daniel Keene et Wajdi Mouawad
Résumé
  Après la mort de sa mère, un jeune homme de quinze ans devient tueur de soldats, poseur de bombes. Dorénavant, il parlera la langue « du sang et de la haine ». Car là d'où il vient se trouve la douleur immense d'une blessure : une bombe, tombée sur le jardin de son père, a déraciné sa terre. Tuer, pour lui, deviendra de plus en plus difficile…
Durée
  20 minutes
Nombre de personnages
  1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « [LE JEUNE GARÇON] : On me dit partout : " Va ailleurs poser tes bombes. " Mais moi je hurle de rire car la seule bombe que je porte, je la porte dans ma tête. Un jour, elle explosera et elle m'emportera loin, loin de cette terre qui noie mon enfance dans la vieillesse du sang. »

 
Un obus dans le coeur [EJA] [2005] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud Junior, collection « D'une seule voix », 2007)
  d'après le roman Visage retrouvé (Leméac Éditeur, 2002) du même auteur
Création
  Production Théâtre de Sartrouville - CDN, création Odyssées 78, biennale de création théâtrale pour la jeunesse, avec le concours du Conseil général des Yvelines, 25 janvier 2005
Résumé
  En pleine nuit, le téléphone sonne chez Wahab. Sa mère agonise à l'hôpital. Sur le chemin qui le mène à son chevet, des embûches surgissent : la tempête de neige, le chauffeur d'autobus qui l'embête, un père Noël insistant. Mais surtout un sentiment trouble : le désir de fuir, de revenir « avant ».
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 homme
Le comédien peut aussi être accompagné par d'autres acteurs jouant alors les personnages secondaires auxquels l'auteur attribue des répliques dans la version monologuée.
Extrait
  « WAHAB : Plus rien ne me sépare de l'hôpital. Pas une seule rue. Pas même un lampadaire. Un stationnement peut-être. Moi, au milieu des voitures garées en ligne. Cimetière. Moi, au milieu du stationnement. La porte de l'hôpital est vitrée. Bon Dieu. Merde. Merde. Mes pieds sont trempés. Stop. Arrêt. Arrêt. Retour en arrière. »

 
John [2004]
Création
  Théâtre de Poche, Bruxelles, 1er mars 2005
Résumé
  Face à une caméra, John, jeune homme de 16 ans en peine d’amour, fait ses adieux au monde et à sa famille. Bientôt, il s’enlèvera la vie. Une vie de détresse intérieure, de solitude, pour lui sans espoir. Sa sœur Jeanne entendra cette solitude et, par l’évocation de leur passé, répondra à son jeune frère suicidé, pour comprendre et continuer à vivre.
Durée
  20 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « JOHN : Je me suis suicidé | Au fond c’est pas grave | Même si c’est un putain de choc | Mais bon! | On s’en fout! | Que j’existe plus, qu’est-ce que ça change? | La merde, au fond, est bien plus importante que moi | C’est un putain de problème la merde | Quand tu penses à toute la merde chiée dans le monde | Y a de quoi paniquer | Qu’est-ce qu’on va en faire? »

 
Incendies [2003] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Actes Sud - Papiers, 2003)
Création
  Coproduction : Ô Parleur; Festival de théâtre des Amériques; Hexagone; Théâtre d’Albertville; Théâtre Jean Lurçat; Festival des théâtres francophones en Limousin; Théâtre 71; Groupe des 20 et Théâtre de villes, le 20 mai 2003, à Montréal.
Traductions
  - Traduit en allemand par Uli Menke sous le titre de Verbrennungen [2007] (Verlag der Autoren, 2007)
Staatstheater, Nürnberg & Deutches Theater, Göttingen, 13 octobre 2006
- Traduit en anglais par Linda Gaboriau sous le titre de Scorched [2005] (Playwrights Canada Press, 2005)
Coproduction du Tarragon Theatre et du National Arts Centre English Theatre, 27 février 2006
- Traduit en espagnol par Humberto Pérez Mortera sous le titre de Incendios [2009]
- Traduit en roumain par Zeno Fodor sous le titre de Incendii [2003] (dansMusele Orfane, dramaturgie québechezã, Teatru de ieri si de azi, seria : Teatru Francofon, Éditura Viitorul Românesc, Bucarest, 2003)
Résumé
  Hermile Lebel, notaire, lègue aux jumeaux Jeanne et Simon Marwan les dernières volontés de leur mère, Nawal. La source embrouillée de leur naissance se met alors à remuer. Chacun devient dépositaire d’une enveloppe : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort en héros et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence même. Au pays de leur mère, ils découvrent le vrai visage de celle-ci et le rude chemin menant à l’apaisement de son âme.
Durée
  3 heures
Nombre de personnages
  6 femmes, 14 hommes interprétés à la création par 5 actrices et 4 acteurs  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « CONCIERGE : …C’était la femme qui chante. Le numéro 72. Celle qui a assassiné le chef des milices. Deux balles. Le pays a tremblé. Ils l’ont mise à Kfar Rayat. Tous ses amis ont été attrapés et tués. L’une d’elles s’est rendue jusqu’au café où se tenaient les miliciens et s’est fait exploser. La femme qui chante, seule, est restée en vie. Abou Tarek s’est occupé d’elle… »
Revue de presse
  « La critique montréalaise décerne le Prix de la Critique à Incendies, texte et mise en scène de Wajdi Mouawad, une production du Théâtre de Quat’Sous. Cette âpre remontée vers les origines, soutenue par un travail d’ensemble d’une grande cohésion, nous a bouleversés. Dans cette création, la parole poétique fait surgir les secrets du passé. Elle s’incarne dans des images percutantes, grâce à un recours ingénieux à des objets familiers. Avec Incendies, Wajdi Mouawad poursuit lucidement une trajectoire d’auteur et de metteur en scène qui, en tentant d’exorciser le traumatisme de la guerre, relie la tragédie collective à la quête personnelle. », communiqué du 28 octobre 2004, de l'Association québécoise des critiques de théâtre

 
La mort est un cheval [2002]
Résumé
  Un pasteur assiste une Américaine de 101 ans, condamnée à mort pour avoir trucidé toute sa descendance, afin de la préserver des envahisseurs arabes, chinois, irlandais, juifs et noirs.
Durée
  20 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « EMMA : Je ne pense qu’au sexe. / LE PASTEUR MC MARSHALL : In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, Amen. Dites : Amen. / EMMA : J'ai une envie folle de me faire sauter. / LE PASTEUR : Je passerai la nuit à vos côtés et nous prierons. / EMMA : Enfile-moi par derrière et j’entendrai ta prière. »

 
Pacamambo [E] [2000] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Actes Sud et Heyoka, Centre dramatique national pour l'enfance et la jeunesse de Sartrouville, 2000)
A donné naissance à un opéra; musique de Zack Settel, une coproduction de Chatns Libres, Les Coups de Théâtre et le Musée d'Art contemporain de Montréal, le 1 décembre 2002 1988
Création
  Coproduction de l'Arrière Scène, centre dramatique pour l'enfance et la jeunesse, en coproduction avec le Théâtre TJP, Centre dramatique national d'Alsace, à Belœil, le 29 octobre 2000
Traductions
  - Traduit en espagnol pour le Mexique par Raquel Uriostegui sous le titre de Pacamambo (version espagnole) [2005-2008]
Coproduction de Tapioca Inn et de Los Endebles, Teatro de la Capilla, Mexico, septembre 2005
Résumé
  Disparue depuis trois semaines, la petite Julie est retrouvée en compagnie de son chien, le Gros, au pied du cadavre de sa grand-mère. Pourquoi s'est-elle cachée au sous-sol avec la morte? Pourquoi refuse-t-elle de répondre aux questions du Psy? Elle révèlera peu à peu le rêve de Pacamambo, rêve que lui a légué sa grand-mère.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Public visé : les enfants de 9 ans et plus
Extrait
  « JULIE : Je crois que la Mort est arrivée avec ses gros sabots. | Et c'est elle qui laisse derrière elle ce grand bruit de galop. | Sans dire " ouf " Marie-Marie est partie! | La Mort a gagné, | Mais on va pas laisser faire! | Viens avec moi, le Gros. | On va lui jouer un tour, à la Mort. [...] On va lui dire notre façon de penser. | Tu veux? | Tu veux, dis, lui dire ce qu'on en pense, à la Mort? | Tu veux? / LE GROS : Wouf! »
Revue de presse
  « Pièce sensible et intelligente […]. Son sens inné de la poésie, qui opérait un charme mystérieux sur les plus grands, s'adapte merveilleusement à l'univers de l'enfance, lucide et fragile. […] Le texte de Mouawad, traversé par la présence de l'Afrique, rend hommage à tous ceux qui refusent la fatalité et défendent à grands cris leur liberté. » Programme du Théâtre d'Angoulême, Scène Nationale, France, 2001.

 
Rêves [1999] Pour en savoir plus sur la publication
  (Actes Sud – Papiers, 2002)
Création
  Coproduction du Théâtre Ô Parleur, du Festival de théâtre des Amériques et du Théâtre de Quat'sous, 2 juin 1999
Traductions
  - Traduit en anglais par Linda Gaboriau sous le titre de Dreams [2007] (Playwrights Canada Press. 2007)
Résumé
  Un jeune homme passe une nuit blanche dans un hôtel à écrire une science-fiction. Au cours de la nuit, son écriture s'incarnera devant ses yeux, à travers un délire onirique, jusqu'à l'irruption de l'hôtelière, qui viendra lui confier les événements importants de sa vie.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  6 femmes, 7 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « WILLEM : Tu trouves ça vraiment intéressant, toi? / ISIDORE : Quoi? / WILLEM : L'histoire… / ISIDORE : Quoi, l'histoire? Elle est là, l'histoire! / WILLEM : Je sais… mais je veux dire, tu crois que ça peut l'intéresser, toi, l'hôtelière, cette histoire-là? / ISIDORE : Mais on s'en fout! T'écris pas pour l'hôtelière et puis l'hôtelière, elle le lira jamais ton roman! Putain! L'hôtelière… »

 
Couteau [1997] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Contes urbains, Mœbius n° 75, hiver 1997)
Création
  Théâtre Urbi et Orbi, dans un spectacle intitulé , décembre 1997
Résumé
  Monologue amer et cru d'une jeune prostituée qui se fait payer pour sucer mais garde toujours au fond de sa poche un couteau en cas de besoin. Un soir de Noël, après une messe qui fut un baume sur ses souffrances, elle ne croyait pas devoir utiliser son arme contre le père Noël.
Durée
  15 minutes
Nombre de personnages
  1 femme
Extrait
  « Pis pour ce qui est du couteau... | Disons que j’en ai toujours un sur moi | Toujours | Ça me vient de personne | Ça me vient de moi | Y a pas personne qui m’a montré comment en tenir un. »

 
Littoral [1997] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 1999)
  Adapté au cinéma et réalisé par l'auteur 2004.
Création
  Théâtre Ô Parleur en collaboration avec le Festival de Théâtre des Amériques, 2 juin 1997
Traductions
  - Traduit en anglais par Shelley Tepperman sous le titre de Tideline [2002] (Playwrights Canada Press, 2002)
- Traduit en espagnol pour le Mexique par César Jaime Rodriguez et Boris Schoemann sous le titre de Litoral [2004]
Coproduction de Tapioca Inn et de Los Endebles auTeatro La Capilla, Mexique et juillet 2005
- Traduit en russe par Larissa Ovadis sous le titre de Pobéréjie [2006] (in Sovrémiennaya Canadskaya Dramaturguiya / Dramaturgie canadienne contemporaine, Maison d'édition de la Confédération internationale des Unions de théâtre, Moscou, 2007)
Résumé
  Wilfrid apprend la mort de son père en pleine nuit et en pleine baise. Ce père inconnu l'a abandonné à sa naissance, qui a coûté la vie de sa mère. Le fils découvre son père à travers des lettres qu'il lui a écrites mais jamais envoyées. Le voyage qu'il entreprend avec la dépouille du défunt pour aller l'enterrer dans son pays natal lui en révèle aussi beaucoup sur son identité, sur la vie et la mort et sur les hommes.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  2 femmes, 6 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « WILFRID : Je ne pleure pas. C'est la vie qui me brûle les yeux. Regarde-moi, chevalier Guiromelan, regarde-moi; aujourd'hui, plus personne ne m'appellera son fils! Aujourd'hui, il y a une peine en moi que je ne soupçonnais pas. Où j'irai elle ira, où je dormirai elle dormira. Je veux que tu deviennes à jamais invisible pour que je puisse mieux l'affronter. Le rêve que tu es m'aveugle trop de la vie. »
Revue de presse
  « Wajdi Mouawad réussit non seulement à nous faire croire au film de sa vie, mais à réhabiliter le théâtre pauvre. J’exagère à peine. Sur la scène nue, il fait la démonstration que dans la mesure où il a de l’âme, le théâtre peut tout suggérer, qu’il a le pouvoir de marier l’intime à l’universel, le rêve au réel et le lyrisme à la lucidité; qu’il peut montrer côte à côte le chaos et l’humain, l’abjection et l’espoir ou la légèreté de la haine et la grandeur d’aimer sans qu’ils s’annulent. » Jean St-Hilaire, Le Soleil, le 26 novembre 1998.
« On reconnaît bien, dans Littoral, "la touche Mouawad" : son don pour le pittoresque; la verdeur de son verbe; son humour détonnant; son amalgame de références; son irrévérence envers certaines conventions théâtrales; ses idées fortes et son imaginaire débridé… » Marie Labrecque, Voir, le 12 juin 1997.
« Un bijou d’humour et d’humanité […]. Littoral confronte sans honte le plus petit des quotidiens à la plus éternelle des tragédies. Une réussite drôle et subtile qui touche l’âme et flatte la force émotionnelle de la scène. » Le Soir, Bruxelles, le 21 septembre 1998.


 
Le songe [1996] Pour en savoir plus sur la publication
  (in 38 E , Dramaturges Éditeurs, 1996)
  inspiré par Le songe d'une nuit d'été de Shakespeare
Création
  Coproduction du Théâtre Urbi et Orbi et du Théâtre d'Aujourd'hui, septembre 1996
Résumé
  Par une tirade pathétiquement porno, un personnage parodie ici les fornicateurs du Songe... de Shakespeare -- et indirectement nous, les spectateurs -- indifférents à la cruciale histoire d'amour que joue la célèbre troupe d'acteurs de la pièce...
Durée
  10 minutes
Nombre de personnages
  1 homme
Extrait
  « [CONTEUR] : Donc, si on résume, Lysandrix et Hermia veulent baiser ensemble. Mais le père de Hermia veut pas, il veut qu’elle aille avec Démitroplouc, qui lui, le con, veut fourrer avec alors que Hélénoucastramagnouch a envie de lui qui, le con, ne veut rien savoir d’elle. »

 
Les mains d'Edwige au moment de la naissance [1995] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1999)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 10 décembre 1995.
Création
  Théâtre d'Aujourd'hui, 15 janvier 1999
Résumé
  Tandis que sa famille organise au salon des funérailles fictives pour sa sœur Esther, disparue depuis dix ans, Edwige refuse catégoriquement de monter de la cave sombre et sale où elle se terre. C'est là qu'elle assiste au retour d'Esther, qui vient accoucher dans ses bras, pendant que le village au complet se bat au salon.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  3 femmes, 3 hommes
Extrait
  « EDWIGE : On leur dira qu'il n'y a plus d'enterrement parce que le cadavre n'a pas pu venir! On leur dira que le cadavre est gravement malade, qu'il couve une grosse grippe et qu'il a raté le train et que sans cadavre on aura tous l'air un peu bête à l'aube à nous geler le cul dans le petit cimetière avec un cercueil vide. »

 
Alphonse [EA] [1993] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1996)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 6 avril 1993.
Création
  L'Arrière Scène, 5 avril 1994
Traductions
  - Traduit en anglais par Shelley Tepperman sous le titre de Alphonse [1998] (Playwrights Canada Press, 2002)
Pink Ink Theatre Productions (Vancouver), avril 1998
- Traduit en espagnol pour le Mexique par Hugo Arrevillaga et Boris Schoemann sous le titre de Alphonse (traduction mexicaine) [2004]
Résumé
  Alphonse n'est pas entré coucher une nuit et depuis, tout le monde le cherche : sa famille s'inquiète, la police enquête. Alphonse, dans ce monologue onirique et poétique aux multiples personnages, voyage avec Pierre-Paul-René, « un enfant doux, monocorde et qui ne s'étonne jamais de rien ».
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 homme
Extrait
  « [ALPHONSE] :  ...le vieillard posa sa question: " Pourquoi un arbre grandit? Pourquoi un homme vieillit? Pourquoi un fleuve se jette-t-il dans la mer? Pourquoi la terre continue?" [...] Ces quatre questions peuvent se poser en une seule question. Quelle est cette question? »
Revue de presse
  « […] merveilleux texte […] Le découpage du texte permet aux enfants de s'y retrouver facilement. Mouawad raconte ici une histoire qui devient de plus en plus passionnante à mesure qu'on la voit sous nos yeux s'étirer dans toutes les directions possibles. » Michel Bélair, Le Devoir, 25 janvier 1995.
« Wajdi Mouawad nous sert un Alphonse tout simple qui laisse au texte plutôt qu'au titre l'exubérance des mots. » Dominique Lachance, Journal de Montréal, 12 avril 1994.
« Le texte de Wajdi Mouawad est intelligent. Il émane de la fresque des multiples petites dépositions qu'il réunit une sagesse qui nous convainc que nous avons affaire en Wajdi Mouawad à un fin observateur du jeu social et à un auteur de promesse. » Jean St-Hilaire, Le Soleil, 7 avril 1995.
« Alphonse, c'est un texte qui est très dense, électrique même et qui se regarde comme un conte, comme s'il y avait un conteur devant nous. » Sophie-Andrée Blondin, Montréal Express, 5 avril 1994.
« C'est un superbe texte, Alphonse […] C'est un voyage dans le temps, un voyage dans l'enfance. […] Une histoire qui est sur le modèle du Petit prince de Saint-Exupéry. […] On est dans le rêve, c'est très surréaliste. C'est tendre, c'est charmant, beaucoup d'imagination. Wajdi Mouawad a vraiment une très belle écriture, une écriture florissante. Il va très loin, il fait de superbes associations. Un spectacle très sympathique, avec humour et tendresse. » Michel Harvey, CIBL-MF, 5 avril 1994.
« Livre d'images ouvert sous nos yeux, le texte de Wajdi Mouawad recèle donc de ces détails qui éveillent notre imagination, tels des flashes qui nous renvoient aux univers oniriques de certaines bandes dessinées. Mais au-delà de cette fabuleuse fresque, l'auteur nous compose une histoire tendre et émouvante, d'autant plus touchante qu'elle nous parle à nous-mêmes. C'est de notre enfance dont l'auteur nous parle, et dont il ne nous reste aujourd'hui que le squelette. » J-Ph. Bouriffet, Le Populaire du centre, Limoges, 30 septembre 1994.
« Conte gigogne où de multiples personnages se bousculent pour prendre la parole […]. L'œuvre témoigne d'une imagination débridée, baroque, d'un souffle puissant, d'une grande fraîcheur poétique et a le bonheur de découper un espace imaginaire où il fait bon vivre se réfugier quand la réalité est trop hideuse. […] Le tout, émaillé de clins d'œil littéraires et écrit dans une langue déliée, adaptée au parlé enfantin sans toutefois jamais faire de concession syntaxique. » Hélène Richard, Cahiers de théâtre JEU, n°71, juin 1994.


 
Willy Protagoras enfermé dans les toilettes [1993] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud-¨Papiers, 2004)
Création
  Théâtre Ô Parleur, mai 1998
Résumé
  Tous les voisins sont en émoi : la belle Nelly Protagoras s'en va. C'est que tout va pour le pire dans l'appartement des Protagoras, depuis qu'ils ont invité la famille Philisti Ralestine à s'y installer. Aujourd'hui que c'est devenu invivable, la famille Protagoras voudrait bien que les Philisti Ralestine débarrassent le plancher. Quant à Willy, le frère de Nelly, il s'est enfermé dans les toilettes et refuse d'en sortir tant que les envahisseurs seront dans l'appartement.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  11 femmes, 9 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « ASTRIDE MACHIN : Tout a très mal commencé. / TOUS : Ahh! / ASTRIDE MACHIN : Assad Protagoras a interdit, et ce très tôt ce matin, l'accès à la cuisine pour tous les membres de la famille Philisti Ralestine. Willy Protagoras emboîta le pas de son père et barra le chemin des water-closet. / TOUS : Oh! Épouvantable! Affreux! Condamnable! Injuste! Écœurant! Très très méchant! Ah oui! Intolérable! Détestable! »

 
Journée de noces chez les Cro-Magnon [1992]
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 14 avril 1992.
Création
  Théâtre d'Aujourd'hui, 30 janvier 1994
Traductions
  - Traduit en anglais par Shelley Tepperman sous le titre de Wedding Day at the Cro-Magnons' [1994] (Playwrights Canada Press, 2001)
Cette traduction a été présentée en lecture publique dans le cadre de «Interact 93-94», une coproduction du CEAD et du Factory Theatre, à Toronto, en 1994.
Coproduction du Théâtre Passe Muraille (Toronto) et du Centre national des Arts (Ottawa), mai 1996
Résumé
  Un jour d'orage et de bombardement, une famille décide de préparer coûte que coûte les noces de la fille aînée. C'est bête à dire, mais préparer des noces sous les mitrailleuses n'est pas une chose facile, en particulier quand le fiancé n'existe pas. Les obus tombent, la maison est en ruines, les salades sentent le poisson, la famille au complet est au bord de la crise de nerfs, mais la noce aura lieu!
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  3 femmes, 4 hommes
Extrait
  « NELLY : C'est définitif! J'avance! On ne fera pas de moi une combattante au regard noirci! On ne fera pas de moi une croupissante de terreur! Je marche rayonnante à travers le charnier! Je regarde vers le haut! Je ne plierai pas devant les obus pour éviter leur cri de haine! Non! Non! Il est plus beau d'espérer que l'obus déviera lui-même de sa trajectoire devant la clarté de mon visage! Mon expérience ne sera pas celle de la guerre! Je refuse! »
Revue de presse
  « Écriture majestueuse et intense. Lorsque le vaudeville rencontre la tragédie. » Répertoire de Théâtrales, France, 1994.
« Une pièce qui se situe à la limite de tous les genres. Il y a du surréalisme, de la bouffonnerie, de la poésie, de l'absurdité, de la douleur, de la révolte et suprême délice: on ne s'ennuie pas une seule minute. […] C'est nouveau, drôlement tonifiant, représentatif du langage d'une nouvelle génération et surtout pour illustrer la force, le génie de l'heureux mélange des cultures. » Jean Beaunoyer, La Presse,20 janvier 1994.
« La langue de Mouawad n'est pas la langue colonisatrice de la métropole mais une langue expressive que l'on parle aussi bien dans certains pays de la Méditerranée. […] Il y a dans cette pièce de très beaux mots d'auteur qui coupent le souffle et font à la fois réfléchir. » Michel Denance. Cahiers de théâtre JEU, n°70, 1994.