Suzanne LEBEAU

Suzanne Lebeau est attirée par le théâtre dès 1966. Elle se destine d’abord à une carrière d’actrice : de 1966 à 1973, elle joue Molière, Ionesco et Stoppard tout en poursuivant sa formation aux côtés de Jacques Crête et de Gilles Maheu à Montréal, puis auprès d’Étienne Decroux à Paris. Elle fait également un stage d’un an en Pologne, se partageant entre le Théâtre de pantomime et le Théâtre de marionnettes de Wroclaw. Après avoir fondé le Carrousel avec Gervais Gaudreault en 1975, Suzanne Lebeau délaisse peu à peu l’interprétation pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Aujourd’hui, elle a plus de 25 pièces originales, 3 adaptations et plusieurs traductions à son actif. Elle est reconnue internationalement comme l’un des chefs de file de la dramaturgie pour jeunes publics et compte parmi les auteurs québécois les plus joués à travers le monde, avec plus de 100 productions répertoriées sur 5 continents. Ses œuvres sont publiées de par le monde et traduites en 16 langues : Une lune entre deux maisons (1979), la première pièce canadienne écrite spécifiquement pour la petite enfance, a été traduite en six langues; Salvador (1994), présentée entre autres sur Broadway au New Victory Theatre, a connu cinq traductions; L'ogrelet, créée en français, en anglais, en italien et en espagnol par le Carrousel, a aussi ses versions allemande, galicéenne, grecque, maya, portugaise et russe. Le bruit des os qui craquent, créée par le Carrousel (2009), est aussi portée à la scène par la Comédie-Française (2010). Deux essais sur son travail d’écriture ont également vu le jour en France et en Espagne : Itiinéraire d'auteur, publié par la Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle (2002), et Las huellas de la esperanza, édité par Ensayo ASSITEJ España (2007). À partir de 1993, la dramaturge séjourne à quelques reprises à la Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle (France) pour donner des ateliers et des conférences ou participer à des résidences d’auteurs. Le Musée de la civilisation de Québec lui demande d’agir comme conseillère artistique pour l’exposition Grandir (1997) et d’écrire les textes de l’exposition De quel droit? (1998), à l’occasion du 50e anniversaire de la Déclaration des droits de l’Homme. Elle se rend en Corse, où le Théâtre Alibi l’accueille en résidence pour écrire une pièce avec un groupe d’enfants (1999), elle effectue une résidence de deux mois en sol mexicain en tant que récipiendaire de la bourse Canada/Mexique (1999) et plusieurs festivals, en Afrique, en Argentine, en Espagne, au Mexique, en Russie et aux États-Unis notamment, la reçoivent pour offrir ateliers et conférences. Depuis 2007, le Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine et Suzanne Lebeau poursuivent ensemble un compagnonnage grâce à une Convention de permanence artistique du Conseil Régional d’Île-de-France. À l’invitation de Wajdi Mouawad, elle est la première artiste à diriger un atelier d’écriture jeune public, à la manière des classes de maître, dans le cadre des Laboratoires du Théâtre français du Centre national des Arts du Canada (2009). Elle a également enseigné l’écriture à l’École nationale de théâtre du Canada pendant 13 ans et elle agit comme conseillère auprès des jeunes auteurs d’ici et d’ailleurs, contribuant ainsi à l’émergence de nouvelles écritures en direction des jeunes spectateurs. L’importance de l’œuvre de Suzanne Lebeau et sa contribution exceptionnelle à l’épanouissement de la dramaturgie pour jeunes publics, au pays comme à l’étranger, lui valent de nombreux prix et distinctions : Prix littéraire du Gouverneur général, Prix de la critique (remis par l’Association québécoise des critiques de théâtre), Prix Sony Labou Tansi des Lycéens, Distinction de la Comédie-Française et Prix des Journées des auteurs de théâtre de Lyon (Le bruit des os qui craquent – 2009, 2008, 2007); Prix du meilleur texte, Feten (Cuentos de niños reales – 2009); Prix Jack London (L'ogrelet – 2007); Prix littéraire de la citoyenneté de Maine et Loire (Salvador – 2002); Masque du texte original (L'ogrelet – 2000); Prix Francophonie Jeunesse RFI (Salvador – 1995); Chalmers Children’s Play Award (Little Victories – 1986); finaliste aux Molières (Petit Pierre – 2008 et L’ogrelet – 2007). L’Assemblée internationale des parlementaires de langue française lui décerne le grade de Chevalier de l’Ordre de la Pléiade pour l’ensemble de son œuvre (1998). 2010-01-14
(Photo : Josée Lambert)

   
Le bruit des os qui craquent [EJA] [2006] Pour en savoir plus sur la publication
  (Théâtrales, Paris, 2008; Leméac Éditeur, 2009)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 2 décembre 2006.
Création
  Co-production du Théâtre du Carrousel et du Théâtre d'Aujourd'hui au Centre culturel Marcel Pagnol de Fos-sur-Mer, le 13 janvier 2009; première québécoise au Théâtre d’Aujourd’hui, 31 mars 2009
Traductions
  - Traduit en allemand par Frank Heibert sous le titre de Das Geräusch knackender Knochen [2008] (Pegasus Verlag, 2008)
- Traduit en espagnol par Cecilia Iris Fasola sous le titre de El ruido de los huesos que crujen [2008]
Résumé
  Le prénom d’Elikia signifie espérance car ses parents rêvaient pour elle d’une vie heureuse. Elikia grandit donc dans la tendresse d’une famille nombreuse jusqu’au jour où la guerre entre dans son intimité la plus précieuse, lui volant les espoirs de ses parents, son enfance et ses souvenirs. Comment continuer à vivre, humaine et la tête haute, quand le quotidien impose la loi de la guerre et ses violences à celle qui n’est encore qu’une enfant?
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  2 femmes, 1 homme (jouant un petit garçon de 8 ans)  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Public visé : à partir de 8 ans
Extrait
  « ELIKIA : Il était arrivé au camp à la tombée de la nuit avec d’autres recrues qui portaient le butin du pillage. Une mission réussie, on avait des provisions pour deux semaines. Il portait le riz. / JOSEPH : Le sac est tombé sur ses bottes pleines de boue. / ELIKIA : À mes pieds. Le sac pesait 50 kilos et le petit était vraiment petit. Il s’est effondré sur le riz. / JOSEPH : Ils ont ri de moi… Très fort. »

 
Souliers de sable [E] [2006] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 2006)
Création
  Théâtre du Carrousel, en résidence au Théâtre de la Ville à Longueuil (Québec), en coproduction avec le Théâtre du Vieux-Terrebonne et le Grand Théâtre de Lorient (France), 23 septembre 2006
Traductions
  - Traduit en anglais par John Van Burek sous le titre de Shoes of Sand [2008]
Le Carrousel, 2008
- Traduit en espagnol par Cecilia Iris Fasola sous le titre de Zapatos de arena [2008]
Le Carrousel, 2008
Résumé
  Élise et Léo vivent en vase clos, prisonniers de la peur de l’inconnu et d’un temps rigide calculé au grain de sable. Un matin, à cause d’un rêve exquis, du désir de faire quelque chose de bien, de l’excitation de souliers trop longtemps tenus en laisse, le temps se détraque, la porte s’ouvre... Le ciel et la terre basculent... Les oranges quotidiennes ont une saveur différente. La grande question de l'échappée dans le monde est posée...
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Public visé : les enfants de 3 à 7 ans

L'un des comédiens manipule les personnages que sont les souliers
Extrait
  « VOIX D'ÉLISE : Celui qui court tombe. Attention! / Léo s'arrête brusquement. / LÉO : Une montagne pousse devant moi | et les souliers courent dans la montagne. | Je dois courir. | Ne t'inquiètes pas, | l'herbe est verte, | la terre chaude sous mes pieds. | Je cours… je cours… je cours… et je ne tombe pas. | Je cours… »

 
Petit Pierre [E] [2002] Pour en savoir plus sur la publication
  (Lanctôt Éditeur, 2002)
Création
  Coproduction du Carrousel, de l'Espace Malraux - scène nationale de Chambéry et de la Savoie et du centre culturel de Villefranche-sur-Saône, l'Yonne-en-Scène, le 15 janvier 2002; création québécoise, le 19 avril 2002
Traductions
  - Traduit en chinois par Camille Yih-Chia sous le titre de Xiao Pi er [2008]
Taipei Children’s Arts Festival (Taïwan), juillet 2009
- Traduit en espagnol par Cecilia Iris Fasola sous le titre de Petit Pierre (en espagnol) [2002]
Le Carrousel, 2002
Résumé
  Un enfant prématuré, Petit Pierre, presque aveugle, à demi-sourd, quasiment muet, ne pouvant apprendre à lire ni à écrire, devient garçon-vacher. Alors il observe : la nature, les animaux, les hommes. Ce qui le frappe, c’est le changement qui nourrit toute chose, mais surtout le mouvement, qu’il analyse, décortique, reproduit. Il en arrivera, quarante ans plus tard, à créer un manège d’une extraordinaire complexité mécanique. Mais ce manège, c’est aussi celui d’une vie : la sienne…
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  2 femmes, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution
Public visé : les enfants de 9 ans et plus
Extrait
  « CONTEUSE 2 : Petit Pierre rêve que le fil fait le tour de l’étable et le fil fait le tour de l’étable. | Il imagine pendant la nuit | et construit pendant le jour | un parcours | qui va de son lit à chacune de ses vaches. | Le fil revient au lit | et il l’attache à un pédalier de vélo | qui attend depuis des années | dans un coin de la grange. | Quand il se met à pédaler, | le fil hésite, | grince, | s’agite, | hésite encore | et se met à tourner | au-dessus des vaches qui ne bronchent pas, habituées aux expériences de Petit Pierre. »
Revue de presse
  « […] Suzanne Lebeau a écrit un texte à double voix, où la petite histoire de Petit Pierre s’énonce en parallèle avec la grande histoire du siècle. Un texte magnifique (et que la mise en scène transforme à son tour en manège, en lui donnant sa forme, son mouvement, sa vie), qui parle en filigrane d’exclusion, d’amour, de rêves ou de guerres, d’un tout petit village de campagne et d’universalité, du temps qui passe et du temps qui reste. » Orianne Charpentier, Le Monde.
« Que dire aux enfants, comment leur parler avec les mots justes, ni niais ni abscons, de la différence? Sans aucun pathos, en prenant ses distances avec le héros silencieux qui éclaire la pièce de sa lumineuse présence, le couple Lebeau-Gaudreault a réussi là une œuvre dont la force réside en un subtil équilibre entre intelligence et émotion. » Paris Mômes, Libération.
« Poétique. Ciselé. Intelligent. Avec Petit Pierre, les Québécois de la compagnie du Carrousel s’y entendent à merveille pour tenir en haleine, une heure durant, une salle remplie de gamins enlevés aux jeux turbulents des centres de loisirs. Une belle histoire y pourvoit, toute de poésie et de grandes leçons d’histoire. De deux histoires : la grande, avec un grand «H», et la petite, celle de la vie de Pierre. » Isabelle Mastin, La Voix du Nord.


 
Contes à rebours [A] [1997] Pour en savoir plus sur la publication
  (Lanctôt Éditeur, 1997)
Création
  Les Productions Ipso Facto, novembre 1997
Résumé
  L'arrivée d'une demi-sœur de soixante-cinq kilos dans la vie d'un garçon, l'irrésistible envie et la honte de faire pipi en classe, l'alcoolisme d'une mère, l'euthanasie nécessaire... Remontant dans le temps jusqu'à l'enfance, un âge où la vie est entière, ces dix contes pour adultes ramènent à la surface des souffrances déterminantes.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  variable
Extrait
  « Papa et ma grande sœur sont restés seuls | face à face | la chaise droite de la cuisine | collée sur le lit du salon | la petite main froide et blanche | dans la grosse main chaude et poilue. | Papa sait se taire des heures durant. | Ils ont dû se taire | assez longtemps pour que papa comprenne | sans un geste | sans un mot | sans un regard | qu'elle le suppliait de ne pas la laisser passer l'automne dans le salon | que l'hiver serait trop long et trop froid pour elle cette année. »

 
L'héritière [1996]
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 5 décembre 1996.
Résumé
  Descendant d'une famille royale dont il n'a conservé que la couronne et quelques objets défraîchis, Albert a épousé Joséphine, issue d'une famille pauvre et d'un milieu populaire. Comment s'étonner que tout, entre ces deux amoureux vieillis avant l'âge, se gâche à la naissance de leur fille? Disputes, engueulades, batailles rangées se multiplient au fur et à mesure que leur poussent becs et ailes d'oiseaux.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme
Extrait
  « JOSÉPHINE : Une petite fille complète, avec sa couronne, ses doigts et ses orteils, sa suce, habillée de rose, qui dit agalou… / ALBERT : Aganou, Joséphine, vous savez comme j'ai l'oreille fine! / JOSÉPHINE : Fine peut-être, mais sale sûrement! Je suis formelle, la petite a dit " Agalou "! / ALBERT : Aganou! / JOSÉPHINE : Agalou! / ALBERT : Nou! / JOSÉPHINE : Aganou ou agalou? Cette question me gâche mon bonheur! »

 
L'Ogrelet [E] [1996] Pour en savoir plus sur la publication
  (Lanctôt Éditeur, 1997; également publié aux Éditions Théâtrales II jeunesse, Paris, 2003)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 5 décembre 1996.
Création
  Coproduction du Carrousel, de l'Espace Malraux/Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, du Théâtre/Scène nationale de Narbonne, et du Théâtre du Vieux-Terrebonne, créée en France, le 6 octobre 1997
Traductions
  - Traduit en allemand par Alma Bolivar et Darinka Ezeta sous le titre de Der kleine Menschenfresser [2005]
- Traduit en anglais par Shelley Tepperman sous le titre de The Ogreling [1999]
Le Carrousel et 3 juin 1998
- Traduit en espagnol par Cecilia Iris Fasola sous le titre de El Ogrito (en espagnol pour l'Espagne) [1999]
Le Carrousel, Madrid, Espagne et 17 mars 2000
- Traduit en espagnol par Cecilia Iris Fasola sous le titre de El Ogrito (en espagnol pour l'Amérique latine) [1999] (Paso de Gato et Mexico et 2002)
- Traduit en galicien par Juan Carlos Riobó Pose sous le titre de O ogrocho (version galicienne) [2009]
- Traduit en grec par Xènia Kaloyèropoulou sous le titre de To Drakou'di [2008]
Porta Theatre, (Athènes), mai 2008
- Traduit en italien par Marina Allegri et Alberto Branca sous le titre de L'orchetto [1998]
Le Carrousel en coproduction avec il Teatro delle Briciole et à Parme et Italie et 18 novembre 1998
- Traduit en maya par Feliciano Sánchez Chan sous le titre de Chan Wa'apàach' [2003]
- Traduit en portugais par Jorge Bastos sous le titre de Ogroleto [2009]
- Traduit en portugais par Deolindo. L. Pessoa sous le titre de O Ogrezinho [2001]
Teatro Das Beiras, Coimbra, Portugal et avril 2001
- Traduit en russe par Yvan Nikitine sous le titre de Lioudaidik (traduction de Yvan Nikitine) [1999]
Résumé
  L'Ogrelet vit seul avec sa mère dans la forêt. Mais du jour où il commence à fréquenter l'école et les autres enfants, apparaissent sa différence et sa réalité de fils d'ogre. Il devra subir trois épreuves pour transcender son hérédité et apprendre à vivre.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Public visé : la pièce s'adresse à un public de 6 ans et plus.
Extrait
  « OGRELET : Un homme peut avoir envie de manger des enfants? / MÈRE DE L'OGRELET : Un ogre, oui. C'est ce qu'on dit et j'ai des raisons de le croire. Quand j'ai rencontré ton père, je ne savais rien. Je ne voyais que le bleu de ses yeux, sa main rassurante qui prenait la mienne pour traverser la rivière et les roses qu'il m'offrait au milieu de l'hiver, ce que personne d'autre ne savait faire. »
Revue de presse
  « Vingtième pièce d’une auteure maintes fois primée, ce texte propose un univers touffu, dense comme la forêt, d’où surgissent des bruits inquiétants et des ombres insaisissables, reflets de sentiments profonds avec lesquels, qu’on le veuille ou non, chacun de nous, petit ou grand, doit composer. » Carole Tremblay, Le Devoir, 13 mai 2000.
« Captivante par son texte tout en contraste dans la douceur et dans l’horreur, cet Ogrelet de Suzanne Lebeau s’est fixé dans ma mémoire comme une nouvelle fantastique d’Edgar Allan Poe. […] texte lent, tout en nuances et envoûtant. » Guylaine Massoutre, Cahiers de théâtre JEU, n°90, mars 1999.
« Le dialogue sur le désir entre la mère et son fils (Ogrelet) est magnifique et des enseignants voudront l’investir en pédagogie du projet.», Le Devoir, 20 avril 1999.
« Dans un langage poétique cherchant à traduire la portée symbolique des choix que nos propres enfants sont forcés d’effectuer à cet âge, Suzanne Lebeau a écrit ici un conte de fées. Un conte de fées noir sur fond de conflit entre le Bien et le Mal. » Michel Bélair, Le Devoir, 26 octobre 1998.


 
Les noces barbares [A] [1996] , d'après le roman de Yann Queffélec (prix Goncourt 1985)
Création
  Théâtre Blanc (Québec), 13 février 1996
Résumé
  Drame. Pendant la Seconde guerre mondiale, Nicole, 13 ans, a été violée par trois militaires américains. Ludovic, issu de cette union cruelle, passera sa vie à rechercher l'amour d'une mère froide qui le rejettera toujours. Enfermé dans un grenier, mal aimé par son père adoptif, placé dans une maison pour enfants attardés, c'est Ludovic, devenu incendiaire, qui nous livre ce récit quelque peu déformé par le souvenir.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  4 femmes, 4 hommes joués par 2 femmes, 3 hommes
Extrait
  « LUDO (VOIX OFF) : C'est pas vrai j'ai pas trois pères… mais si c'est vrai il faut leur dire où je suis qu'ils viennent me chercher j'ai rien fait de mal moi j'y suis pour rien moi je ne peux pas être venu tout seul dans son ventre à elle… d'ailleurs c'est pas vrai… j'y suis pas né… le froid qu'il doit faire là-dedans… »

 
Salvador [EJA] [1994] Pour en savoir plus sur la publication
  (La Chartreuse/Premières Impressions, 1994; VLB Éditeur, 1996; Éditions Théâtrales II Jeunesse, 2002)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 1er avril 1994.
Création
  Le Carrousel, 1994
Traductions
  - Traduit en anglais par John Van Burek sous le titre de Salvador – The Child, the Mountain and the Mango [1994]
Le Carrousel, 1997
- Traduit en espagnol par Cecilia Iris Fasola sous le titre de Salvador – El niño, la montaña y el mango [1994]
- Traduit en italien par Barbara Dolza et Graziano Melano sous le titre de Salvador – La montagna et il ragazzo e il frutto del mango
- Traduit en persan par Farideh Kalantari sous le titre de Salvador (en persan) [1998]
Résumé
  L'histoire de Salvador, un enfant sud-américain qui grandit sous l'œil protecteur de sa mère à l'ombre de la montagne qui lui a volé son père. L'espoir et le rêve, ses seuls héritages, lui permettront de connaître un destin exceptionnel et de devenir écrivain.
Durée
  1 heure 10
Nombre de personnages
  11 personnages (6 femmes, 5 hommes) pouvant être joués par 2 femmes et 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Public visé : pour tout public dès 8 ans
Extrait
  « SALVADOR : Je suis né dans les montagnes à l'ombre des eucalyptus juste sous le soleil et le ciel. Tout petit je croyais qu'en grandissant je pourrais seulement en tendant les bras chasser les nuages de pluie qui attristent le cœur des gens. Ma mère qui était une adulte et qui devait savoir que les choses ne se font pas aussi facilement se plaisait à me laisser croire que je serais tout-puissant. Pourtant, elle avait toutes les raisons de croire que je ne ferais jamais rien de bien dans la vie. Je suis né plusieurs semaines en avance, si petit et si poilu qu'on lui a dit qu'elle avait accouché d'un cochon d'Inde et qu'elle avait dû faire une faute très grave pour qu'un malheur aussi grand arrive. Le curé a refusé de sonner les cloches qui saluent les naissances dans mon village. Mon père a refusé de me prendre dans ses bras pour me présenter au monde comme le veut la coutume. Il avait peur de moi et croyait secrètement qu'il ne pouvait pas être le père d'un bébé aussi laid et aussi étrange. En homme de la montagne il a attendu en silence, convaincu que si j'étais son fils légitime le poil qui me couvrait le corps allait tomber et les mauvais présages se dissiper. »
Revue de presse
  « Salvador est une pièce universelle qui touche droit le cœur du public, qu’il soit grand ou petit. […] Le magnifique texte de Suzanne Lebeau transporte les enfants d’une émotion à une autre. Ses mots dansent avec la musique des Andes et on les attrape au vol. » Stéphane Bérubé, La Presse, mars 1998.
« Un bijou d’humanité et une belle réussite artistique. » Jean St-Hilaire, Le Soleil, 29 mars 1996.
« Porté par l’écriture métaphorique de Suzanne Lebeau, Salavdor est un spectacle sensible. » Isabelle Mandalian, La revue des abonnés du théâtre français du CNA, n°9, avril-mai 1996.
« Une histoire émouvante[…] On y découvre, par le biais de l’écriture métaphorique de Suzanne Lebeau, toute la chaleur des gens du Sud, leur fierté et leur amour de la vie. Une pièce touchante. » Isabelle Mandalian, Voir, du 1er au 7 décembre 1994.
« Le texte de Suzanne Lebeau est superbe, tout en nuances. » Carmen Montessuit, Le Journal de Montréal, 5 décembre 1994.
À propos de Suzanne Lebeau pour sa pièce Salvador : « Il n’est pas de succès qui se mérite s’il n’est construit sur l’excellence. » Anne Richer, La Presse, 16 avril 1995.


 
Contes d'enfants réels [EJA] [1992] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1995)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 17 avril 1992.
Création
  Le Carrousel, mai 1993
Traductions
  - Traduit en anglais par Maureen Labonté sous le titre de Tales of Real Children [1993]
- Traduit en espagnol par Cecilia Iris Fasola sous le titre de Cuentos de niños reales [1992]
Résumé
  L'enfant qu'on a, qu'on a été, qu'on est encore. L'enfance, l'âge tendre de la vie traversé par des adultes qui s'opposent, cèdent, s'objectent, absolvent. Être adulte et avoir des enfants, être enfant et avoir des adultes, c'est connaître la joie, la peine, la tendresse, la colère, le compromis... Huit contes où des enfants et des adultes sont face à face, dos à dos, dans des situations qui oscillent entre le ludique et le dramatique, l'insolite et le quotidien, le rêve et la réalité, la poésie et le théâtre.
Durée
  1 heure 10
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme
Public visé : pour tout public dès 8 ans
Extrait
  « [CONTEUSE] : Tu n’aurais pas dû la manger. | Tu dis qu’il faut respecter les petites bêtes | que tout le monde a sa place sur la terre | que même les maringouins sont utiles | et tu manges les chenilles crues! | dit Julie, des sanglots dans la gorge. | Une chenille! Répète papa | un chat dans la gorge. | J’ai mangé une chenille... | qui ne veut pas passer. »
Revue de presse
  « Les Contes d'enfants réels de Suzanne Lebeau regroupent des textes denses, farfelus ou graves, semés de jeux de mots et de maximes, touchants en ce qu'ils dénotent toujours une fine observation des mœurs parentales et des bizarreries des enfants puisant aux registres poétique, philosophique et humoristique. […] En dépit d'une audace vivifiante, qui se moque des convenances, les conventions plus morales de l'auteure percent ici et là, teintant le spectacle d'une idée dominante: les enfants doivent vivre sans trop de contraintes. » Patricia Belzil, Cahiers de Théâtre Jeu, n°69, décembre 1993.
« La langue de Suzanne Lebeau ravit l'oreille, pimpante de rimes et d'allitérations, mélodique, rythmée avec minutie comme une partition. » Patricia Belzil, Cahiers de Théâtre Jeu, n°69, décembre 1993.
« On goûte la saveur amorale de ces sept histoires drôles et tendres ainsi que le ludisme de l'écriture sémillante. » Marie Labrecque, Voir, 18-24 novembre 1992.
« Suzanne Lebeau s'en remet cette fois par le biais d'une narration très parlées, à une vision impressionniste du monde faite de moments en apparence insignifiants mais capables d'ouvrir tous les publics à la poésie imagée de la vie quotidienne. » Gilbert David, Le Devoir, 28 mai 1993.
« La liberté que l'auteure s'est permise transpire dans son texte, non seulement dans la forme (une écriture joueuse et poétique qui décompose les mots et les images, sans s'embarrasser des conventions de l'intrigue), mais "beaucoup plus dans le besoin fondamental, immense de liberté que chaque être humain a en lui. » Marie Labrecque, Voir du 27 mai au 2 juin 1993.
« Un spectacle qui fera glousser de joie l’enfant libre qui se cache dans le cœur de chaque adulte. »Marie Labrecque, Voir, le 18 novembre 1993.
« On émerge des Contes d’enfants réels avec des mots plein les oreilles, des rires plein la gorge, des émotions plein le cœur. Et avec cette joie bien particulière qui nous saisissait lorsque, enfants, nous donnions un grand coup de pied aux convenances… » Sonia Sarfati, La Presse, le 30 mai 1993.
« Le monde de Suzanne Lebeau n’est pas rose bonbon, polissé et soigné. Ses contes sont cruels : mais comme la vie peut l’être pour un enfant. Ni plus, ni moins. Ses récits sont donc aussi drôles et jouissifs. » Le Dauphiné libéré, Veuray, France, le 10 mai 1994.
« Les Contes d’enfants réels de Suzanne Lebeau regroupent des textes denses, farfelus ou graves, semés de jeux de mots et de maximes, touchants en ce qu’ils dénotent toujours une fine observation des mœurs parentales et des bizarreries des enfants, et puisant aux registres poétique, philosophique et humoristique… » Patricia Belzil, Cahiers de théâtre Jeu, n° 69, décembre 1993.


 
Conte du jour et de la nuit [E] [1990] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1991)
Création
  Le Carrousel, 14 janvier 1994
Traductions
  - Traduit en anglais par John Van Burek sous le titre de A Tale of Day and Night [1992]
Le Carrousel, 1994
- Traduit en espagnol par Cecilia Iris Fasola sous le titre de Cuento del día y de la noche [2008]
- Traduit en portugais par Deolindo. L. Pessoa et Rosalina Rodrigues sous le titre de História do Dia e da Noite [2000]
Résumé
  Réécriture pour les tout petits de Comment vivre avec les hommes quand on est un géant. Cette fois l'histoire passe par une conteuse.
Durée
  50 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Public visé : les enfants de 4 à 8 ans
Extrait
  « ALFREDO : Il faut que je me sauve au plus vite. / TROLLER : Tu vas me laisser tout seul? / LE CONTEUR : Le jour, les rats se cachent... | Se terrent... | Se blottissent dans le creux de leur nid. / ALFREDO : Tu es assez grand. Si tu as envie de pleurer... Respire un bon coup... (Il tousse à fendre l’âme et tremble de la tête aux pieds.) / TROLLER : Tu devrais te réchauffer un peu avant de t’en aller. Tu trembles comme une feuille! »
Revue de presse
  « Un livre de contes démesurément grand », Jennifer Couëlle, La Presse, 4 octobre 2000.
« Conte du jour et de la nuit est un récit tout en nuances et poésie qui invite les quatre à huit ans à se méfier des généralisations malveillantes colportées dans certains livres de contes. » Jean St-Hilaire, Le Soleil, 10 février 1994.
« Cette jolie fable sur la tolérance et le respect des différences est narrée dans une langue à la fois poétique et simple. » Marie Labrecque, Voir, du 9 au 15 mai 1991.


 
Comment vivre avec les hommes quand on est un géant [EJA] [1989] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1990)
Création
  Le Carrousel, novembre 1989
Traductions
  - Traduit en anglais par Shelley Tepperman sous le titre de A Giant in the Land of Men [1992]
- Traduit en espagnol par Tomàs López sous le titre de Cómo vivir entre dos hombres cuando se es un gigante [2004]
Cómicos Teatro Abierto, Alacete (Espagne), novembre 2004
Résumé
  Qui croira ce qui s'est passé ce jour-là? La terre s'est arrêté de tourner, le soleil de briller et les hommes de courir après la fortune. Tout ça pour soigner un petit rat malade. Pas un rat de laboratoire... un rat d'égout, le rattus rattus le plus banal. Celui qui vide votre poubelle. Il y est question de vie et de mort et de gaspillage, de l'information aussi, qui forme et déforme la tête et le cœur, de marginalité et de normalité, du jour et de la nuit... Un conte pour adultes, de la philosophie pour enfants?
Durée
  55 minutes
Nombre de personnages
  2 hommes
Public visé : pour tout public dès 9 ans
Extrait
  « ALFREDO : Ils n'ont rien inventé du… / TROLLER, le coupant : Quoi! Vous les croyez et vous prenez leur défense? / ALFREDO : Écoute-moi! / TROLLER : Pour faire autant de mal en si peu de temps… / ALFREDO : On ne fait pas toujours exprès… / TROLLER : Il faudrait être bien aveugle ou bien méchant. »
Revue de presse
  « Toutes proportions gardées, et c'est en cela que le travail de Suzanne Lebeau est responsable, on pourrait dire que Comment vivre… tente un théâtre différent. Pas tant marginal que cherchant à opposer des systèmes de valeur extrêmes. Attentive à notre contemporanéité, Suzanne Lebeau crée des archétypes sur la base des nécessités immédiates. Familiarisant les enfants à la dissension des valeurs, à leur difficile voisinage, à ce qui en ces valeurs ne se concilie que difficilement, elle se détourne des consensus menteurs, des adhésions symboliques à l'emporte-pièce. […] Comment vivre… propose aux enfants, c'est le difficile départage entre un amour idéalisant mais aveugle et un mépris bien senti, désespéré mais lucide et intéressé. […]. Du Théâtre responsable, donc… » Sylvain Campeau, Voir, 7 décembre 1989.
« Dans Comment vivre…, on est loin de l'anecdote. Tout passe d'abord par le texte : ample, dense: jamais, au grand jamais, mièvre ou condescendant. Tout est si intensément dévoilé ou tu, comme dans l'absurdité de la vie, que le spectacle nous remue du début à la fin. […] Dans Comment vivre…, on parle de la vie, de la mort; de la méchanceté ou de la bêtise humaine dans une langue claire, précise. Aucun dialogue n'est superflu et l'on assiste à du vrai théâtre; avec tout ce que cela comporte d'intelligence, de sentiment, de souffrance aussi ou de magnificence. » Lyne Crevier, Le Devoir, 27 novembre 1989.


 
Gil [EJA] [1986-1987]
Création
  Le Carrousel, juin 1987
Traductions
  - Traduit en anglais par Maureen Labonté sous le titre de Burt [1989]
Le Carrousel, février 1990
Résumé
  Un petit garçon de huit ans, Gilbert Rembrand, a été placé en institution psychiatrique pour avoir transgressé les règles de la société. Dans cette solitude immense qui lui tient lieu de quotidien, Gilbert fait basculer le récit du passé au présent et du présent au passé dans un ultime effort pour comprendre comment son amour pour Jessica a pu l'amener à la Résidence d'enfants.
Durée
  1 heure 20
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes
Public visé : pour tout public dès 9 ans
Extrait
  « DOCTEUR NÉVÉLÉ : Je sais que les résultats de votre méthode sont appréciés dans votre service mais je suis responsable du traitement du petit Gilbert Rembrand et je ne veux pas que vous interveniez… / RUDYARD : J’ai beaucoup de sympathie pour ce petit et j’apprécie sa compagnie. / DOCTEUR NÉVÉLÉ : Je ne peux tolérer la présence d’un autre thérapeute dans le rôle d’un ami. Cet enfant présente de véritables troubles de comportement... / RUDYARD : Vous devriez comprendre que le cas de Glibert Rembrand ne relève pas des soins prodigués dans notre institution. »
Revue de presse
  « Le texte d'Howard Buten vous prend aux tripes. Savoureux, pénétrant, attachant. Il faut dire aussi qu'il jouit de l'adaptation d'une auteure de premier ordre, Suzanne Lebeau. Rien de la vérité des situations et des personnages ne se perd dans sa relecture. Jamais mièvre, jamais mélodramatique. Elle respecte l'œuvre, comme elle respecte d'ailleurs la sensibilité et l'intelligence du jeune public. » Jean St-Hilaire, Le Soleil, 17 février 1989.
« L’adaptation qu’a fait Suzanne Lebeau du roman de Buten crée une pièce solide et cohérente, du début à la fin. » Mario Girard, Le Droit 11 mars 1989.


 
La marelle [E] [1984] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1984)
Création
  Le Carrousel, décembre 1984
Traductions
  - Traduit en anglais par Maureen Labonté sous le titre de Hopscotch [1985]
Le Carrousel, décembre 1986
- Traduit en espagnol par Cecilia Iris Fasola sous le titre de La Rayuela [2008]
Résumé
  Empreints de tendresse mais aussi de drôlerie, divers moments dans la vie d'un petit garçon que sa grand-mère garde parce qu'il est un peu malade. Chacun de ces instants lui est rappelé par une image qu'il découvre au hasard d'une comptine, d'un jeu ou de l'impulsion du moment, de ces images qui flottent dans la tête d'un enfant de quatre ans, juste un peu malade.
Durée
  45 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Public visé : les enfants de 4 à 8 ans
Extrait
  « GRAND-MÈRE : Si tu veux. C’était le jour de ma fête. Il y avait plein de monde dans la maison. / ENFANT : Mon gros mon oncle René était là? / GRAND-MÈRE : Oui, mais c’était un petit bébé. / ENFANT : Mon père était là? / GRAND-MÈRE : Non, je ne le connaissais pas encore. / ENFANT : Mais il était là? / GRAND-MÈRE : Oh! Oui, il avait à peu près ton âge. Il y avait plein de monde dans la maison et ton grand-père m’a apporté un gros bouquet de fleurs... »
Revue de presse
  « Un tendre récit poétique où les longueurs se métamorphoses en silences émouvants. » Dominique Demers, Le Devoir, 13 novembre 1985.

 
La couleur chante un pays [1981] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Québec/Amérique, 1981), en collaboration avec Diane Bouchard, Raymond Plante et Michèle Poirier
Création
  Théâtre de l'Avant-Pays, 21 avril 1981
Résumé
  La nuit, au musée, les personnages des tableaux s'évadent de leur cadre et cessent d'être sages comme des images. Ils racontent chacun à sa manière l'histoire d'un pays, le Québec, de sa vie quotidienne et politique, à travers l'histoire de son art pictural du 17e siècle jusqu'à l'époque contemporaine.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes manipulant 24 marionnettes
10 chansons
Extrait
  « FRANÇOIS [Personnage d’un tableau de Suzor-Côté] : [...] Mais es-tu capab’ de m’dire, toè, qu’est-c’est que c’est que c’te manie qu’ils ont d’nous changer d’place sans arrêt. / VIEILLE [Personnage d’un tableau de Gagnon] : Ça doèt fére partie d’la vie d’à c’t’heure. On dirait qu’ils ont le vardigo. / FRANÇOIS : Un bon matin, tu te r’trouves dans l’fin fond d’une caisse ben noère... Pis l’ lendemain, sans crier grâce, t’es au beau milieu d’une foule. / VIEILLE : À crère que c’est tout’ el villag’ qu’est v’nu pour un enterrement. »

 
Les petits pouvoirs [E] [1981] Pour en savoir plus sur la publication
  (CEAD, collection dramaturgies nouvelles, n°5, 1983, épuisé; réédité par Leméac Éditeur, 1983)
  Texte aussi traduit en créole.
Création
  Le Carrousel, 24 avril 1982
Traductions
  - Traduit en anglais par Maureen Labonté sous le titre de Little Victories [1985]
Young People's Theatre (Toronto), 1985
Résumé
  Avec réalisme et espièglerie, la pièce observe quatre enfants de neuf à douze ans à divers moments de leur journée (réveil, école, ménage, commissions, souper, punitions, coucher), et scrute leur relation avec leur parents. Cette négociation constante, mêlée de tendresse, pour des « petits pouvoirs », entre parents et enfants, est une occasion pour tous de prendre conscience de leurs rôles.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  11 personnages et 2 chœurs pouvant être joués par 2 femmes et 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Public visé : pour tout public dès 6 ans
Extrait
  « CHOEUR DES ENFANTS : Fais-nous donc plaisir aujourd’hui. Achète-nous un sac de biscuits. On veut aussi d’la crème glacée. Des tartes aux fraises qu’on fait dégeler. Achète, achète, achète donc... »
Revue de presse
  « C'est que le théâtre de Suzanne Lebeau possède quelque chose d'à la fois lumineux et essentiel: son œuvre pose, à travers le regard neuf de l'enfance, les grands débats de la conscience humaine. Les querelles entre parents et enfants dans Les petits pouvoirs constituent un féroce ABC de la politique. » Paul Lefebvre, MTL, décembre, janvier 1989-1990.
« Une pièce de qualité. » Raymond Bernatchez, La Presse, 16 mars 1985.
« Texte d’une intelligence remarquable et qui s’appuie manifestement sur une recherche sérieuse faite avec des jeunes.
»
Chantale Cusson, Cahiers de théâtre Jeu, n°27, 1982.3.


 
Une lune entre deux maisons [E] [1979] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Québec/Amérique, 1980)
Création
  Le Carrousel, octobre 1979
Traductions
  - Traduit en anglais par Dorothy Jordan sous le titre de A Moon Between Two Houses [1981]
Le Carrousel, décembre 1982
- Traduit en espagnol par Assitej Espagne sous le titre de Una luna entre dos casas [1982]
Le Carrousel à Assitej Espagne, 1982
- Traduit en flamand par Dennis Meyer sous le titre de Een maan tussen twee huizen [1986]
- Traduit en portugais par Deolindo. L. Pessoa sous le titre de Uma lua entre duas casas [1985]
Centre culturel Evora (Portugal), 1985
Résumé
  Plume est vif, joyeux, bavard; Taciturne est réfléchi, silencieux, musicien. Installant leurs maisons l'une à côté de l'autre, ils apprennent à se découvrir, à apprivoiser leurs différences et, unis dans une peur commune de la nuit et de ses mystères, à devenir amis – sur un mode complice et réconfortant, et dans un environnement poétiquement imagé.
Durée
  35 minutes
Nombre de personnages
  2 femmes (ou 2 hommes)  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Public visé : les enfants de 3 à 5 ans
Extrait
  « (Plume et Taciturne parlent chacun pour soi.) / PLUME : Quand le soleil est plus là, qu’est-ce qui se passe?... Y a quelque chose dans le ciel, des oiseaux, c’est sûr, des... du... / TACITURNE : Y a pas de nuages. La lune va bientôt arriver. / PLUME : La lune! Y a la lune. (Plume court chercher sa lune qu’il installe comme il a installé le soleil, au début […] »
Revue de presse
  « Un des intérêts de la pièce est d’avoir été écrite à partir de l’univers des enfants de trois à cinq ans.(..) La structure du langage emprunte au langage des enfants de cet âge; les phrases y sont courtes, le vocabulaire simple. » Diane Cotnoir, Cahiers de Théâtre Jeu, n°19, 1981.1.

 
Petite ville deviendra grande [E] [1978]
Création
  Le Carrousel, 10 décembre 1979
Traductions
  - Traduit en anglais par Maureen Labonté sous le titre de A City in the Making [1981]
Penguin Theatre (Ottawa), 1981
Résumé
  Pet-Bretelles a de grandes ambitions. La ville qu'il veut construire, à l'image de celles qu'il connaît, sera immense, pleine d'usines et de magasins; on y travaillera à un rythme effréné et la circulation y sera dense. Framboisine, Vertelette et Gros-Bidon se rendent compte de l'absurdité du projet; ils ont d'autres aspirations, qui finiront par se manifester et se concrétiser.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes
1 chanson
Extrait
  « PET-BRETELLES : Et de côté-ci, une petite usine de conserves, toute petite pour commencer... mais qui sait? / FRAMBOISINE : Je peux faire des conserves... des gros pots de confiture aux fraises, des pommes dans le sirop... ça va être bon. / GROS-BIDON : Je peux t’aider Framboisine, si tu veux... / PET-BRETELLES : L’usine de conserves ici! / FRAMBOISINE : On commence par quoi? »

 
Chut! Chut! Pas si fort! [E] [1977]
Création
  Le Carrousel, septembre 1977
Résumé
  En complicité avec les enfants, amenés à participer durant le spectacle, des comédiens rejouent avec humour l'histoire du brave Ti-Jean, qui triomphera d'une bête-à-sept-têtes tirée de la tradition orale québécoise, dont la pièce retrouve le langage coloré.
Durée
  50 minutes
Nombre de personnages
  4 interprètes (2 femmes, 2 hommes ou 1 femme, 3 hommes ou 3 femmes, 1 homme)
Extrait
  « TI-JEAN : J’en peux pus, moè, d'écosser des poîs tout’ la journée. C’pâs un’vie çâ! J’veux voèr d’aut’ choses pendant qu’ch’us jeune. / MÈRE : Qu’est-c’est qu’tu veux mon Ti-jean, not’ terre est trop pauv’. I’ pousse rien qu’ des poîs sauvages. / TI-JEAN : Mère, laisse-moè partir! C’est pâs un’ vie, ça, d’toujours rester dans ‘a forêt! »

 
La chanson improvisée [E] [1977]
Création
  Théâtre le Carrousel, 1977
Résumé
  Rose et Alexis s'embarquent sur un train avec une troupe d'enfants, à la recherche d'une chanson jamais entendue. Jos, l'homme-à-tout-faire, et Max, le marchand de brocante enjôleur, les guident dans une visite de la ville de Québec, depuis les bureaux d'une grosse compagnie de pâtes et papiers jusqu'au cœur de la vieille ville. Ils n'auront pas à aller plus avant, ou à porter leur regard plus loin, pour trouver la chanson que la vie sans cesse improvise.
Durée
  30 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 3 hommes
Extrait
  « ROSE : Laisse, je vais lui expliquer. Alexis est collectionneur de chansons et il cherche une chanson que personne ou presque personne ne connaît. / MAX : Comptez sur moi… Même si nous devons aller au bout du monde, nous trouverons cette chanson. / ROSE : Oh! Oh! Nous n'aurons pas le temps d'aller au bout du monde. Il lui faut cette chanson dans deux jours au plus tard, pour le congrès des collectionneurs. »

 
Ti-Jean voudrait ben s'marier mais... [E] [1975] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1985)
Création
  Le Carrousel, janvier 1975
Résumé
  Cette histoire à connotation folklorique se déroule dans un village québécois de la fin du dix-huitième siècle, où un jeune homme débrouillard parvient à s'acquitter de trois épreuves pour épouser celle qu'il aime, grâce à la participation des enfants spectateurs.
Durée
  50 minutes
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes
Public visé : les enfants de 9 à 12 ans

5 chansons
Extrait
  « VIEILLE MARIE : Ben l’salut, les gens du village, comment çâ va-t-y à matin?... Tu parles! Si c’est pâs agréable de voèr tout’ c’te beau monde-là! | Si les enfants ont des accessoires qui représentent les métiers qu’ils ont choisis, la vieille Marie doit s’en servir pour établir le dialogue avec les enfants. »
Revue de presse
  « L'intérêt de Ti-Jean voudrait ben se marier mais… réside dans son regard vers un mode de vie révolu et dans les notes, questions et analyses de l’auteure sur les étapes de son travail de création. » (Extrait d'un dossier pour enseignants de l'élémentaire, 1985)

 
TRADUCTIONS, TRANSPOSITIONS, COLLAGES, AUTRES TEXTES...

Choix multiple [2003]
  traduction de Opción Múltiple de Luis Mario Moncada Gil Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, en coproduction avec le Festival de théâtre des Amériques et le Centro Cultural Helénico de Mexico, lors de l’événement « Mexico-Montréal », le 5 juin 2003. Pour en savoir plus sur les autres activités du CEAD
Résumé
  Par le jeu de la multiplication des corps, l’auteur entraîne les spectateurs dans le tourbillon, parfois inquiétant mais surtout ludique, des voix intérieures qui habitent Diane, une jeune femme souffrant de troubles de la personnalité multiple. Au terme de toutes ses rencontres, Diane arrivera-t-elle à s'ouvrir aux autres et à n’être qu’elle-même?
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  5 femmes et 1 homme jouant 3 personnages  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « VOIX D’OLGA : Tu vas le décevoir! Il va s’en aller! / BOXER : Vous me dites ça à moi qui voulais même pas y aller. / VOIX DE JULIE : Voyons, il ne s’est rien passé. Tu es correcte, Diane? / VOIX DE DIANE : Je tremble un peu. / VOIX DE PETRA : Un peu? / VOIX DE JULIE : C’est rien, c’est rien. Courage! Tu peux le faire. À trois : merde! On y va? Un… deux… trois : / EN CHŒUR : Merde! »