Olivier KEMEID

Olivier Kemeid est auteur de théâtre, metteur en scène et directeur artistique du théâtre Espace Libre à Montréal. Membre fondateur et directeur artistique des Trois Tristes Tigres, une compagnie de théâtre de création, il a écrit, entre autres, Bacchanale (2008), créée au Théâtre d’Aujourd’hui dans une mise en scène de Frédéric Dubois, et L’Énéide (2007), d’après Virgile, créée à Espace Libre dans une mise en scène de l’auteur. Le texte de L’Énéide paraissait chez Lansman en 2008 et a été traduit en anglais (États-Unis) par Judith Miller et en allemand par Frank Heibert. L’Énéide a été finaliste au Prix littéraire du Gouverneur Général 2009 et l’un des lauréats du Prix « Nouvelle pièce canadienne 2008 » en Allemagne. La version allemande, qui a remporté le Prix du Jury aux 5èmes Journées franco-allemandes de Karlsruhe, a été créée en Allemagne au Hans-Otto Theater de Postdam le 6 novembre 2009. En juillet 2008, Olivier Kemeid était invité par la Centre national des écritures du spectacle (CNES) à présenter un cabaret sur le thème de L’Europe et les barbares et à mettre en lecture son Énéide aux 35e Rencontres d’été de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, dans le cadre du Festival d’Avignon. Il est également membre du comité de rédaction de la revue Liberté. — 2009-11-30

 
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Index alphabétique des titres
Bacchanale Chroniques de l'insouciance (radiofiction) L'Énéide L'homme des derniers instants Les murmures Nous qui ne rêvions plus Rabelais (Festin) Tout ce qui est debout se couchera Une ardente patience
 
 Pour en savoir plus sur les autres activités du CEAD
L'Énéide [2007] Pour en savoir plus sur la publication
  (Lansman Éditeur, 2008)
Cette pièce a été écrite lors d’une résidence d’écriture au Centre national des écritures du spectacle (CNES) à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon en 2007, grâce à l’obtention d’une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec.
Création
  Trois Tristes Tigres, 29 novembre 2007
Traductions
  - Traduit en anglais par Judih G. Miller sous le titre de The Aeneid [2008]
Résumé
  Un chef de famille doit fuir pour survivre. Son père sur les épaules, son enfant à la main, il court dans les rues puis, sur un bateau, part à la dérive, laissant derrière lui sa ville en flammes. Les boat-people ont une longue histoire. Énée errera des années sur les mers, à la recherche d’une terre pour son fils. Ce récit d'une émigration ne met pas ici en scène des héros aux destinées toutes tracées par les dieux mais de simples hommes, modernes, en quête d’une vie meilleure.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  25 personnages (11 femmes, 14 hommes) pouvant être joués par 3 femmes et 4 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « LE COMPATRIOTE : Protège ton fils | Aime-le chéris-le ne l’élève pas dans la haine dans le ressentiment | Ne lui nomme pas nos ennemis | Qu’il sache ce que nous avons subi ça oui mais qu’il ne veuille pas revenir | Trouve-lui une terre qui l’accueillera une terre souriante une terre sûre et nous à peine vivants comme des ombres nous habiterons sa mémoire […] Le jour où […]son premier enfant naîtra et qu’il sera de cette nouvelle nation | Alors nous aurons gagné cette guerre | Et les dieux eux-mêmes devront s’incliner »
Revue de presse
  « Trois ans après sa première lecture des 12 chants de Virgile, le créateur semble toujours sous le choc. Dans le destin de cet homme qui doit quitter Troie, une ville en flammes, dans l'espoir de trouver une terre pour son jeune fils, Olivier Kemeid perçoit constamment le périple de son grand-père. " Égyptien d'origine libanaise et plus loin d'origine française catholique, il a quitté Le Caire en 1952, à une époque où il y avait des troubles nationalistes : les établissements non musulmans, les signes de pouvoir britannique (cinémas, restaurants, clubs et maisons) étaient mis à sac, incendiés. Quand la situation est devenue intenable, ils sont partis. En bateau, ils ont fait Alexandrie-Marseille, Marseille-Le Havre, Le Havre-Québec. Mon père avait six ans. Il découvrait la neige. » Christian Saint-Pierre, Voir, 29 novembre 2007

 
Rabelais (Festin) [2005]
  en collaboration avec Patrick Drolet et Alexis Martin
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 14 mai 2005
Résumé
  Québécua, fils de Grandgousier et digne descendant d’une noble lignée, est appelé à régner sur le monde. Voilà pourquoi son père charge Pantagruel de son éducation. Apprentissages, certes, mais aussi force tribulations seront au menu, le tout agrémenté de flatulences, d'aventures sexuelles, de repas fastueux, de voyages en Canada et de rencontres de toutes sortes.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  3 femmes, 15 hommes, interprétés à la création par 1 femme et 5 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « QUÉBÉCUA : Bon papa icy present, je voulois vous entretenir de quelque chose. J’ai croisé doulce femme, ce qui avoit comme effet de me chatouiller le membre, mais me vis fort dépourvu question de langaige. / GRANDGOUSIER : Que ne lui trouvas-tu quelque chose à dire? / QUÉBÉCUA : C’est qu’il me manquoit encore de la culture, doulx papa. »

 
Une ardente patience [2005] , d’après le roman Ardiente paciencia d’Antonio Skármeta, traduit de l'espagnol par François Maspero sous le titre Une ardente patience et publié aux Éditions du Seuil en 1987
Création
  Théâtre les gens d'en bas (Bic) en codiffusion avec le Théâtre de Quat'Sous, 30 juin 2005
Résumé
  Mario Jimenez est facteur. Il a comme client et ami le célèbre poète Pablo Neruda. Ensemble ils parlent des métaphores du poète, des amours du facteur. Mais voilà qu’une tempête politique éclate dans leur paisible village. Neruda plonge au cœur de la lutte, pour la liberté de son peuple. Pour Mario, plus rien ne sera comme avant, sinon son immense amour pour Beatriz.
Durée
  2 heures 15
Nombre de personnages
  2 femmes, 7 hommes et 2 voix d'hommes hors champ  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « NERUDA : Che Guevara a toujours réservé près de ses armes une place pour la poésie / DOMINGO, les yeux écarquillés : Il vous a parlé de la révolution? / NERUDA : Oui | En regardant souvent par la fenêtre | Comme s’il avait peur que quelqu’un entre | Puis à un moment il m’a regardé dans les yeux et m’a dit | La guerre | La guerre nous sommes toujours contre la guerre | Mais quand nous l’avons faite | Nous ne pouvons vivre sans elle | À tout instant nous voulons y retourner »

 
Bacchanale [2004-2008] Un extrait de ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD à Pierrefonds, en mars 2004. Pour en savoir plus sur les autres activités du CEAD
Création
  Théâtre d’Aujourd’hui, 19 février 2008
Résumé
  Six femmes de six tranches d'âges, serveuses dans un bar montréalais s’expriment dans une langue inventée. Parfois, leur langue rugueuse leur fait échapper un cri issu de pulsions héritées des premiers temps. Hécube dort sous Monique et ne demande qu’à se réveiller. Les élites romaines condamnaient les rites orgiaques des bacchantes pour une seule raison : les hommes qui y étaient initiés étaient si débauchés qu’ils ne pouvaient plus tenir une arme. « Ne plus pouvoir tenir une arme », juste pour cela, il n’y a rien de plus beau qu’une bacchanale. Cette pièce est le continent noir de la déraison, de l’irrationnel. On y livre ce qui ne peut être dit raisonnablement aujourd’hui. Elle est un théâtre pulsionnel qui mélange attirance et effroi. Un grondement sourd qui ébranle les fondations.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  6 femmes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « JOHANNE : Dis-nous donc Vio comment tait-ce ç’a fini ec tes gars hier au soèr ec tes gars Vio hier au soèr? / VIOLETTE : Ec? / JOHANNE : Ec tes gars hier au soèr / VIOLETTE : De que c’est de quoi de quels gars que tu parles là? / JOHANNE : Ben des gars de l’aut’ soèr coudonc toé des fois / VIOLETTE Hon ké oui scuse c’est pa’ce hon ké scuse oui c’est pa’ce t’as dit hier au soèr mais c’ta pas hier au soèr c’ta l’aut soèr j’veux dire un aut soèr pas hier / JOHANNE : Comment ça c’ta pas hier au soèr? / C’ta pas? / VIOLETTE : Non c’ta pas Ben me semble pas / JOHANNE : Aye des fois on direrait que j’me fourre avec les soèrs »

 
Les murmures [2004]
 
d'après Pedro Páramo de Juan Rulfo traduit par Roger Lescot (Gallimard, 1959)
Création
  Conservatoire d'art dramatique de Montréal, 22 octobre 2004
Résumé
  Sur l'injonction de sa mère mourante, Juan part pour Comala, un village perdu où il est censé retrouver Pedro Páramo, ce père qui les a tous deux abandonnés. Or celui-ci est mort depuis longtemps. Mais à Comala, Juan rencontre tous ceux qui, par la faute de Pedro, en quelque sorte maître du village, ont souffert et continuent de souffrir. Juan entendra les plaintes de leurs âmes, leurs murmures étouffés.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  7 femmes, 6 hommes pouvant être joués par 6 femmes, 4 hommes jouant  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « MURMURE DE SUSANA : Il y a des villages qui respirent le malheur | Pour les reconnaître il suffit de flairer un peu de leur air | Un air pauvre et maigre | Comme tout ce qui est vieux | Comala est un de ces villages-là | C'est un malheur d'être ici |Parce qu'il n'y a pas de salut | Pourquoi notre âme a pourri comme ça? »

 
Tout ce qui est debout se couchera [2004]
  en collaboration avec Patrick Drolet
Création
  Trois Tristes Tigres, 12 août 2004
Résumé
  Au centre hospitalier, où Grand D. et Petit K. sont techniciens de surface et lessiveurs, la mort est partout. Elle se présente constamment aux deux hommes sous de nouvelles facettes : celle de la mort naturelle des bénéficiaires, celle de leur mort volontaire parfois et aussi celle de la mort telle que côtoyée par l'homme à travers les âges. Grand D. et Petit K. devront eux aussi apprendre à vivre à ses côtés.
Durée
  1 heure 20
Nombre de personnages
  4 femmes, 12 hommes, interprétés à la création par 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « GRAND D. : Madame Charron? / PETIT K. : 'Est partie, je suis sûr qu'elle est partie! / GRAND D. : Calme-toi, on va appeler les préposés tout de suite. / PETIT K. : 'Est morte, hein, c'est ça! / GRAND D. : Non, non, regarde, quand y a plus rien ça sonne ici. (Temps. Alarme.) Fuck! Bon, OK, bouge pas, je vais appeler tout de suite. »

 
Nous qui ne rêvions plus [2003]
Création
  École nationale de théâtre du Canada, 29 avril 2003
Résumé
  Dans le Chicago des gangsters chics, il y a le Noir Raspa Sedar, l’Arabe Rico Kafir, la Juive Sarah Betty et la Blanche Immaculée Sylvie-Jeanne Desroses. En chacun d'eux, une image. Décidés à partir pour en retrouver la source, ils glissent à travers l'Histoire jusqu'aux ruines de l'antique Carthage et aux flamboyants personnages qui y gravitent. À leurs côtés trottine Léopold, un homme perdu à qui cette odyssée inattendue révèle bien des choses qu'il ne connaissait pas, dont lui-même.
Durée
  1 heure 50
Nombre de personnages
  4 femmes, 4 hommes
Extrait
  « LÉOPOLD : Excusez-moi Monsieur | Je cherche | La rue | Euh attendez | Boulevard Montebello / RASPA SEDAR : Montebello Montebello Montebello | Belle montagne | Boulevard des lumières un prolongement qui scintille et au loin de la brume qui noie les hommes | Mais toujours rien de plus / LÉOPOLD : Vous | Vous connaissez cette rue? / RASPA SEDAR : Peut-être »

 
L'homme des derniers instants [2002]
  en collaboration avec Patrick Drolet
Résumé
  Richard Foxtrot (rhéteur), Lady Cocktail (reine de soirée déchue), Maxime-André V (étudiant qui a cru comprendre le monde) et l'Observatrice (loyale), suivent les derniers râles d'un mourant.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes
Extrait
  « RICHARD FOXTROT : Il faudrait aux hommes des derniers instants | À l'homme qui s'éteint | À l'homme agonisant | Il faudrait à cet homme l'équivalent même | De la sage-femme | C'est-à-dire une personne qu'il ne connaît pas | Entièrement dévouée | Non pas à la guérison du mourant bien sûr | Mais à son agonie | Payée remerciée pour accompagner l'agonie […] »

 
Chroniques de l'insouciance (radiofiction) [2001]
Création
  Chaîne culturelle de Radio-Canada, 10 juin 2001
Résumé
  Quatre lieux, quatre moments incontournables, quatre célèbres bascules sociales de l'Histoire : le port de Gdansk et Solidarnosk; les mères folles de la Place de Mai; la Place Tienanmen et ses morts par centaines; Berlin et son mur qui s'écroule. La vie de Ben aussi a basculé quand Lou est partie « découvrir l'ailleurs », à la fin de leur amour. Depuis neuf ans, il la cherche de par le monde.
Genre
  texte radiophonique
Durée
  30 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « BEN : Lou, s'il te plaît. Arrête, tu m'étou. / LOU : Je quoi? Je t'étouffe? / BEN : Non, j'ai dit tum'étourdis. / LOU : C'est pas ça que t'as dit. / BEN : C'est ce que j'allais dire. / LOU : Non non, t'allais dire "m'étouffes". / BEN : Arrête! Pourquoi j'aurais dit tu "m'étouffes"? / LOU : Parce que tu le penses. /BEN : Non, je le pense quand t'es comme ça, c'est tout. »