Claude GAUVREAU [1925-1971]

Poète, dramaturge et polémiste, Claude Gauvreau est né à Montréal en 1925. Après des études classiques au Collège Sainte-Marie, il étudie la philosophie à l'Université de Montréal. Il découvre l'art moderne grâce à son frère Pierre, inscrit à l'École des beaux-arts, et fait la connaissance de Borduas. En 1947, Gauvreau crée sa pièce Bien-être avec la comédienne Muriel Guilbault, « la muse incomparable ». Militant inconditionnel de la grande bataille automatiste, il signe en 1948 le manifeste de Borduas Refus global. À la suite du suicide de Muriel Guilbault, son équilibre fragile le mène à plusieurs reprises dans des institutions psychiatriques. Cependant, il continue d'écrire, entre autres, le roman de la vie de Muriel Guilbault, Beauté baroque (1952) (Éditions de l'Hexagone, 1992). Il écrit aussi plusieurs textes pour la radio entre 1952 et 1969. Il organise en 1954 la dernière exposition collective automatiste, La matière chante. En 1956, alors qu'il croyait mourir, il écrit La charge de l'orignal épormyable, qui ne sera créée qu'en 1974, au Théâtre du Nouveau Monde. En 1958, Janou Saint-Denis monte, à l'École des beaux-arts, deux de ses courtes pièces, La jeune fille et la lune et Les grappes lucides. Gauvreau écrit ensuite son œuvre maîtresse, Les oranges sont vertes, qui sera présentée au TNM en 1972. Il meurt tragiquement en 1971. L'œuvre immense que nous laisse Gauvreau, poète de la cruauté et de la liberté, reflète son engagement total pour son art. En 1992, Jean Salvy a signé une adaptation pour la scène de Beauté baroque, adaptation que publiait VLB Éditeur la même année. Au Festival de théâtre des Amériques de 2003, le Théâtre du Nouveau Monde présentait sa pièce L'asile de la pureté, dans les murs de l'hôpital Louis-Hyppolite Lafontaine, une pièce qui prendra l'affiche du TNM la saison suivante. La correspondance de Gauvreau avec Jean-Claude Dussault (1949-1950) est parue aux éditions de l'Hexagone en 1993.
(Photo : La Presse)

 
Légende des icônes
Quand elle est disponible, cliquez sur l'icône correspondante pour en savoir plus sur la publication , la distribution , le décor ou les autres activités du autour de ce texte.
Index alphabétique des titres
Automatisme pour la radio Faisceau d'épingles de verre L'asile de la pureté L'étalon fait de l'équitation La charge de l'orignal épormyable La reprise Le vampire et la nymphomane Les entrailles Les oranges sont vertes
 
L'étalon fait de l'équitation [1965] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Parti Pris, Gauvreau – Œuvres créatrices complètes, p.1197-1223, 1977)
Résumé
  Simoncyre de Fuginagle, jeune fille à deux bouches parlantes; Kostumunialf, l'Étalon; Hugo Hallebarde, poète sans bras; Centre-Droit, soutane rouge; le mannequin du Révérend Père Torquemada, soutane noire; Babana et Bifilo, deux jeunes garçons travestis et le dompteur d'ours Cerveau d'Éponge se manifestent dans un « climat de paroxysme silicieux entre ciel et terre. »
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme, 7 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « SIMONCYRE : Le cosmos en chaleur signale à l'aube dilatée l'avènement des fluides écartements proscrits. / KOSTUMUNIALF : Je sais par science infuse que nous sommes façonnés pour être l'un sur l'autre. / SIMONCYRE : Étalon, j'ai l'impression que ce n'est pas à moi de te chevaucher; que c'est à toi de le faire. »

 
Faisceau d'épingles de verre [1961-1970] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Parti Pris, Gauvreau – Œuvres créatrices complètes, p.837-862, 1997)
Résumé
  Quatre textes intitulés Anamazarude, Logeradeuilhoc, Orveholtwewe et Voltégrahatahazine dans lesquels des personnages aux noms tout aussi étonnants que les titres tiennent des discours presque entièrement composés de mots « exploréens ».
Durée
  variées
Nombre de personnages
  variées  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « OCORSUR : elle a des harcherettes de la crizaumaldon qui est le prisme cuidavucré qui est l'orne aux orcelles cuites dur les prazedalands de la noix aux ibaürtetes de la cacherossecrêne qui est la lancette de la vigne aux paradis glas comme des taupes de la serinette qui ont des reflets de dos de serin sur les griffes. / DJIBOUVDAR : almazadacherublin cossemurabaudrette syl finfour il asperge de ses dents rendues liquides les parchemins aux gerçures de mains coagulées »

 
Automatisme pour la radio [1961] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Parti Pris, Gauvreau – Œuvres créatrices complètes, p.897-1050, 1977)
Création
  La Rallonge, 21 janvier 1988, extraits joués dans un spectacle intitulé Gauvreau
Résumé
  Treize textes à quatre voix : « déroulement verbal homogène à partir du libre jeu de l'inconscient ».
Durée
  distributions variées
Nombre de personnages
  4 comédiens
Extrait
  « FEMELLE : La volupté des morts est d'être l'ombre chinoise sur l'épaisseur du vécu. / MASCULINE : Chères absentes! Comment oublier le petit bras avec la main recourbée vivante? Comment oublier la touffe de cheveux roux sur le clair visage de madame Clairon? Ah, les dés ont aboli le hasard… » (n° 1)

 
Les oranges sont vertes [1958-1970] Pour en savoir plus sur la publication
  (50 exemplaires édités par la Fondation du TNM, juillet 1971, hors commerce; Éditions Parti Pris, Gauvreau – Œuvres créatrices complètes, p.1363-1487, 1977; et L'Hexagone, 1994)
Création
  Théâtre du Nouveau Monde, janvier 1972
Résumé
  Pièce en quatre actes. Yvirnig, critique d'art réputé pour sa plume acerbe, est l'inventeur du « langage exploréen ». Ami et défenseur de plusieurs peintres, il semble jouir du respect et de l'amitié de ses protégés jusqu'au jour où Cégestelle, jeune actrice et maîtresse d' Yvirnig, dans un élan de jalousie, se pend. Profondément diminué par cette tragédie, il assiste alors en spectateur impuissant au volte-face radical de ses amis, qui vont jusqu'à prétendre qu'il nuit à la reconnaissance publique de leur travail et qu'il serait préférable de l'éliminer.
Durée
  2 heures 30
Nombre de personnages
  4 femmes, 6 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « IVULKA : Mais qu'est-ce que cette lettre? / YVIRNIG : Je ne peux… Je ne peux… / COCHEBENNE : C'est sûrement la demande d'article que la revue Zibur a envoyée à Yvirnig. Drouvoual vient de me mettre au courant. / IVULKA : Un article sur la peinture? / COCHEBENNE : Sur la peinture actuelle, oui. / IULKA : C'est-à-dire sur nous? / COCHEBENNE : Entre autres. / YVIRNIG : Il faut… Il faut… se… se taire… / IVULKA : Yvirnig a donc encore du prestige? / COCHEBENNE : Bah, il peut à peine parler ; mais, puisqu'il ne fait plus aucun effort pour écrire, nous ne pouvons pas savoir s'il en est encore capable. Donnons-lui tout de même le bénéfice du doute… / YVIRNIG : Un être… un être… doit se taire… quand… quand… sa puiss… sa puissance… est foud… foudroyée… »

 
La reprise [1958-1967] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Parti Pris, Gauvreau – Œuvres créatrices complètes, p.1263-1361, 1977)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le Théâtre Petit à Petit, en collaboration avec le CEAD, le 17 mars 1986.
Création
  Théâtre d'Aujourd'hui, 4 mars 1994
Résumé
  Alors même qu'elle meurt dans ses bras, après une représentation, Loret Laujiaul promet à Dolma Irritrak, sa partenaire et maîtresse, qu'ils se retrouveront sur scène une dernière fois. Il se barricade alors dans son atelier pour réaliser son projet insensé. Pendant ce temps, le petit monde mesquin qui gravitait autour de ces deux acteurs se perd en suppositions et méchancetés gratuites et n'attend qu'un faux pas de Loret. Mais ce dernier tiendra sa promesse...
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  3 femmes, 7 hommes et quelques figurants
Extrait
  « LACHARIDELLE : Mes chers amis, vous ne voulez pas savoir ce que fabrique Loret Lojiaul? / EMMANUELLE : Lojiaul? Mais comment le savoir? Les stores demeurent baissés à toutes les fenêtres! / LACHARIDELLE : Il n'y a pas que les fenêtres! / LAPICHARDE : Nous ne pouvons pas voir à travers les murs… / LACHARIDELLE : Il y a le trou de la serrure! / EMMANUELLE : Le trou de la serrure / LACHARIDELLE : J'ai remarqué que le trou de la serrure est remarquablement ample chez Loret Lojiaul. (Mine de conspiration qui se généralise sur tous les visages comme une traînée de poudre.)

 
La charge de l'orignal épormyable [1956] Pour en savoir plus sur la publication
  (50 exemplaires édités par la Fondation du TNM, 1973, hors commerce; Éditions Parti Pris, Gauvreau – Œuvres créatrices complètes, p.637-653, 1977; et L'Hexagone, 1993)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD auThéâtre de Quat'Sous; lecture dirigée par Jean-Pierre Cartier, le 12 février 1968.
Diffusé à la télévision de Radio-Canada, 5 décembre 1992
Création
  Le Groupe Zéro, au Gésù, 1970
Traductions
  - Traduit en italien par Ruggero Campagnoli et Zausa Sonia sous le titre de La carica dell'alce formentoso [1993] (Sipario, Rome, 1993)
Cette traduction a été présentée en lecture publique au Festival Intercity/Montréal 2, Florence (Italie), octobre 1993
Résumé
  Fiction dramatique en quatre actes. À la mort de la femme qui était tout pour lui, Mycroft, personnage pur et naïf à la carrure de géant, s'est retiré du monde pour entrer au service de quatre pseudo-analystes du comportement humain. Ces derniers s'en servent comme d'un cobaye, se livrant à des jeux cruels aux seules fins d'illustrer leurs théories fumeuses. La destruction devient alors le seul moyen d'assouvir leur soif de manipulation.
Durée
  2 heures 30
Nombre de personnages
  3 femmes, 4 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « BECKET-BOBO : Vous allez vous utiliser Dydrame Daduve? / LETASSE-CROMAGNON : C'est le seul appât valable. / M.J. COMMODE : Elle ne voudra jamais se prêter à ce rôle-là. Elle est trop près de Mycroft maintenant. / LETASSE-CROMAGNON : Verdâtre gourde, qui te parle de son consentement? Je vais me servir d'elle, comme aucun d'entre vous n'en serait capable. »
Revue de presse
  « Ce qui fait de Mycroft un être différent d'Yvirnig dans Les oranges sont vertes ou de Donatien dans L'asile de la pureté, c'est que ce n'est pas un paranoïaque. Ce n'est pas un malade. Mycroft, c'est quelqu'un qui a été brisé par une peine d'amour et que des gens ont pris en charge pour le torturer mentalement, vampiriser son sang de poète et étouffer son verbe souverain et subversif. Autrement dit, c'est un être qui est vraiment torturé, victime de vraies tortures, de vraies humiliations, de vrais actes sadiques, et c'est sa force surhumaine, sa force de création et sa lucidité qui lui permettent de vaincre. » Lorraine Pintal citée par Christian Saint-Pierre dans Voir, 5 mars 2009
« L'esthétique générale du spectacle évoque un conte macabre […] L'espace nous manque pour discourir davantage de tous les aspects dignes d'intérêt de ce spectacle qui inscrit parfaitement bien l'œuvre de Claude Gauvreau dans le XXIe siècle en soulignant les possibles dérives de notre corps social et les sentiments d'exclusion et d'aliénation qui peuvent en découler. » Alexandre Cadieux, le Devoir, 16 mars 2009


 
L'asile de la pureté [1953] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Parti Pris, Gauvreau – Œuvres créatrices complètes, p.501-608, 1977)
Création
  École Nationale de théâtre du Canada, 1988; Théâtre du Nouveau Monde, 4 juin 2003
Résumé
  Drame en cinq actes. Pour garder intactes la mémoire et la dignité de la femme qu'il aimait et qui vient de mourir, un jeune poète s'astreint à un jeûne qu'il entend poursuivre jusqu'à l'épuisement final. Entrent alors en jeu une galerie de personnages qui se donnent pour mission, pour des motifs d'ordre personnel, soit de dissuader, soit d'encourager le poète dans son projet. Étude sur la mesquinerie, la lâcheté, la manipulation, l'intégrité de la passion, les jeux de la bourgeoisie bien-pensante. Comment aller au bout de son idéal sans dévier.
Durée
  2 heures 30
Nombre de personnages
  7 femmes, 20 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « FORTUNAT LESWICK : […] Mais, évidemment, l'opposition des gens sages réussit à interdire, à cette presque gloire, une totalité profitable. […] Puis Donatien Marcassilar écrivit dans les journaux… Là, son intransigeance de jeune Christ imberbe lui valut des récoltes diverses. La reconnaissance d'un beau courage; la levée et l'encerclement de rancoeurs tenaces; la flatterie des lâches et la sournoiserie des sournois. / Alors, Marcassilar perdit l'occasion d'une carrière fructueuse. »
Revue de presse
  « De toutes les pièces de Gauvreau, poète de l'éclatement du langage, réfractaire à toutes conventions, L'Asile de la pureté est certainement celle qui, sans sacrifier le vertige poétique, conserve un certain nombre de repères sociaux auxquels on peut se référer. » Sylvie Nicolas, Le Devoir, 10 mars 2009 « (Québec) À vous de décider si le miroir dit vrai. Mais que votre verdict soit non ou oui, vous aurez peine à nier la juteuse originalité de la forme, la force de la mise en scène et de l'interprétation, pour tout dire, l'impressionnant savoir-faire qui émane de la proposition de Martin Faucher de L'asile de la pureté, qui marque l'entrée du théâtre de Claude Gauvreau (1925-1971) au Trident. »Jean St-Hilaire, Le Soleil, 10 mars 2009

 
Le vampire et la nymphomane [1949] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Parti Pris, Gauvreau – Œuvres créatrices complètes, p.175-209, 1977 )
Livret d'opéra mis en musique par Serge Provost, en 1996; orchestre du Nouvel Ensemble Moderne
Création
  La Rallonge, 21 janvier 1988, extraits joués dans un spectacle intitulé Gauvreau; opéra coproduit par Chants Libres et la chaîne culturelle FM de Radio-Canada, 24 septembre 1996, et diffusé à «l'Opéra du samedi» le 7 décembre 1996.
Résumé
  Œuvre subversive, iconoclaste et opaque, cet unique opéra du poète automatiste offre une suite contrastée de moments et d'images, en trois « phases ». Poésie brute et langage exploréen président à la naissance d'un Vampire et à ses amours sulfureuses avec la Femme aux deux pieds bots, puis avec l'Adorable Verrotière transformée en Nymphomane.
Durée
  2 heures 30
Nombre de personnages
  7 femmes, 3 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « LE VAMPIRE : Oublions les noirceurs du cadran! | Oublions les guenilles de la chèvre mystique! | Et entonnons dans les micas de la vallée la préséance des ruts introverts et des pascinades fluorescentes! / LA NYMPHOMANE : Oui, faisons taire le mugissement des crevasses incantatoires! | Je veux rire et danser sur mon dos! »

 
Les entrailles [1944-1946] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Parti Pris, Gauvreau – Œuvres créatrices complètes, p.17-173, 1977)
Création
  Au cœur des quenouilles et Le Prophète dans la mer, au Patriote, 1976
Traductions
  - Traduit en anglais par Ray Ellenwood sous le titre de Entrails [1981] (Coach House Press, Toronto, 1981; cf Playwrights Canada Press)
Résumé
  Vingt-six textes de une à seize pages comprenant dans l'ordre chronologique : Les reflets de la nuit, La jeune fille et la Lune, La prière pour l'indulgence, La statue qui pleure, Le drame des quêteux-disloqués, Bien-être, Pétrouchka, Le rêve du pont, Au cœur des quenouilles, Nostalgie sourire, Le soldat Claude, La nymphe, Apolnixède entre le ciel et la terre, Les grappes lucides, Le prophète dans la mer, Amère, Le gigot creator, Instinct semi-palpé, L'hélid-monde, La mayonnaise ovale et le dossier de chaise médiéval, Fatigue et réalité sans soupçon, L'ombre sur le cerceau, Le cornet à dés du curé, Le corps terni et sublimé, L'enfant nuage au sourire chatoyant et Le carrefour des chats qui deviennent hommes.
Durée
  variées
Nombre de personnages
  variées  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « LA JEUNE FILLE : […] (Elle flotte horizontalement dans la lumière de la lune puis elle flotte verticalement.) […] Je vois du cinéma : mon enfance parade au pas de gymnastique. | J'entends les clairons et la foudre de l'âge. | La tour de la ville s'écroule avec fracas et les moribonds de la cité volent à plein bras au-dessus des ruines en s'encourageant du craquement de leurs os.[…] » (La jeune fille et la lune)