Carole FRÉCHETTE

D’abord formée comme comédienne à l'École nationale de théâtre du Canada, Carole Fréchette a fait partie du Théâtre des Cuisines jusqu'au tournant des années 1980; elle y a participé à la création de trois spectacles. Parallèlement, elle a touché à plusieurs facettes de l’activité théâtrale : enseignement, organisation de festivals, critique, etc. Elle se consacre à l’écriture depuis une quinzaine d’années. Ses pièces, traduites jusqu’à maintenant en quinze langues, sont jouées un peu partout à travers le monde. Au cours des dernières années, on a pu les voir au Québec, au Canada anglais, en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, en Allemagne, au Portugal, en Hongrie, en Roumanie, en Russie, en Biélorussie, en Lituanie, en Arménie, en Turquie, au Liban, en Syrie, en Palestine, au Mexique, en Argentine, en Uruguay, à Cuba, au Venezuela, aux États-Unis, au Japon, au Sénégal, au Bénin, au Mali. Carole Fréchette est également l’auteure de deux romans pour adolescents, diffusés eux aussi en plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol, italien, chinois, arabe) et elle a traduit en français la pièce de Colleen Wagner, The Monument, produite à Montréal en 2001. Tous ses textes de théâtre ont par ailleurs fait l’objet de lectures publiques et plusieurs d’entre eux ont été produits à la radio en France, en Belgique, en Suisse et en Allemagne. Les sept jours de Simon Labrosse ainsi que Jean et Béatrice ont été adaptés pour la télévision. Ses œuvres ont été saluées par de nombreuses récompenses, au Canada et à l’étranger. Sa pièce Les quatre morts de Marie a reçu le Prix du Gouverneur Général en 1995 ainsi que le Prix Chalmers, en 1998, lors de sa création en version anglaise à Toronto. Ses ouvrages La peau d’Élisa, Les sept jours de Simon Labrosse, Jean et Béatrice ainsi que Serial Killer et autres pièces courtes ont tous été finalistes au Prix du Gouverneur Général et deux de ses textes ont été mis en nomination aux Dora Mavor Moore Awards à Toronto. En littérature jeunesse, elle a été finaliste au Prix Montréal-Brive de même qu’au Prix M. Christie pour son roman Carmen en fugue mineure. En 2002, La SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) lui décernait, à Avignon, le Prix de la Francophonie pour souligner son rayonnement dans l’espace francophone; elle recevait, la même année, à Toronto, le Prix Siminovitch, la plus importante récompense en théâtre au Canada. Enfin, sa pièce Le collier d’Hélène lui méritait en 2004, en France, le Prix Sony Labou Tansi. Très active dans le milieu théâtral, Carole Fréchette a présidé, de 1994 à 1999, le conseil d’administration du Centre des auteurs dramatiques, organisme voué au développement et à la promotion de la dramaturgie québécoise actuelle. Son théâtre est généralement publié chez Leméac/Actes Sud-Papiers; deux de ses textes ont paru chez Lansman; ses romans sont aux Éditions de la courte échelle. – 2009-01-06
(Photo : Claude Dolbec)

 
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Index alphabétique des titres
As-tu vu? Les maisons s'emportent! Baby blues Chère mademoiselle Éléna Jean et Béatrice La peau d'Élisa La petite pièce en haut de l'escalier La pose Le collier d'Hélène Le monument Les quatre morts de Marie Les sept jours de Simon Labrosse Môman travaille pas, a trop d'ouvrage! Morceaux choisis Route 1 Serial killer Violette sur la terre
 
La petite pièce en haut de l'escalier [2007] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 2008)
Création
  Théâtre du Nouveau Monde, 4 mars 2008
Résumé
  Dans la tête de Grâce, il y a son nouveau mari, Henri, qui porte un prénom de roi et l'invite à vivre dans sa grande maison de vingt-huit pièces. Henri est-il un prince charmant qui veut combler sa Grâce? Est-il un pervers ou un violent? Et quelle est la véritable nature de cette maison? Qu'y a-t-il de si redoutable et de si attrayant en haut de l'escalier, dans cette petite pièce...
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  4 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « GRÂCE : Ou bien tu me dis que je l'ai pas vu. Avec toute l'assurance dont t'es capable, tu me regardes dans les yeux et tu dis… / ANNE : Je sais pas, Grâce, ce que t'as vu. C'est toi qui le sais. Seulement toi. Je t'embrasse sur les joues, comme avant, quand on était petites, les jours où on s'aimait. Je te dis : "Il y a seulement toi qui sais." / GRÂCE : C'est tout? / ANNE : Il faut que je te laisse, maintenant. »
Revue de presse
  « L'idée à la source de cette nouvelle pièce de Carole Fréchette est séduisante : revisiter le mythe de Barbe-Bleue comme la métaphore d'un monde où le trop-plein matériel va souvent de pair avec une insatisfaction, une vacuité existentielle. Explorant plusieurs pistes sans apparemment pouvoir être réduite à une seule, l'œuvre demeure toutefois riche de ses interprétations potentielles. » Marie Labrecque, Le Devoir, 13 mars 2008

 
La pose [2007]
  (avec 3 pièces, sous le titre de Serial Killer et autres pièces courtes Leméac / Actes Sud – Papiers, 2008)
commande de la Comédie-Française en 2007
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, en partenariat avec BAnQ, le 19 mars 2008, à la Grande Bibliothèque (Montréal) et le 26 mai 2008 à la Bibliothèque Gabrielle-Roy (Québec).
Résumé
  Quatre personnes, devant un appareil photo, peinent à prendre la pose nécessaire à un portrait de famille qui en rappellera un autre, pris dans un temps plus heureux.
Durée
  20 minutes
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes
Extrait
  « JÉRÔME : Mais je photographie seulement les végétaux. / MARIE-LUCE : Sauf aujourd'hui. Tu fais une exception parce que ta petite sœur est revenue du bout du monde. / JÉRÔME : C'est à vos risques. »

 
Route 1 [2004] Pour en savoir plus sur la publication
  (dans Fragments d'humanités, Éditions Lansman et L'Humanité, 2004; p. 67-79; aussi publié avec 3 pièces, sous le titre de Serial Killer et autres pièces courtes Leméac / Actes Sud – Papiers, 2008) )
Création
  Compagnie Yorik (France), dans un spectacle intitulé Fragments d’humanités, le 10 septembre 2004
Résumé
  Les yeux plongés dans ceux des spectateurs, cinq personnages avancent. Qui sont-ils? Où sont-ils? Eux-mêmes ne le savent pas. Jeunes et déterminés, remplis d’espoir, ils marchent dans les rues d’une grande ville en scandant des slogans. De temps à autre, ils regardent derrière. Pourquoi? Et quelle est cette peur qui les prend au ventre? Ne sont-ils pas plutôt sur la route 1? Mais laquelle? Tant de routes 1 sillonnent le monde…
Durée
  15 minutes
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « LE JEUNE HOMME DÉTERMINÉ : On n’a pas peur. On sent la confiance dans nos jambes, dans nos bras, dans nos poitrines gonflées. / LA JEUNE FEMME INQUIÈTE : On est jeunes, on marche et c’est tout? / LA JEUNE FEMME RÉVOLTÉE : Ce n’est pas tout. Nos bouches sont ouvertes. / LE JEUNE HOMME TENDRE : On chante? / LA JEUNE FEMME RÉVOLTÉE : Non. On crie. »

 
Serial killer [2003] Pour en savoir plus sur la publication
  (avec 3 pièces, sous le titre de Serial Killer et autres pièces courtes Leméac / Actes Sud – Papiers, 2008)
Résumé
  D'un coup de poignet, comme on le ferait pour achever une poule, Estelle passe à l'acte, après trois mois de fréquentations avec Luc. Suffoquée dans son petit trois et demie par cet homme venu lui cuisiner un repas à l'italienne et qui se meurt d'envie de la présenter à son frère et à sa grand-mère, Estelle tue son amour… et rêve d'aller prendre un bain.
Genre
  Forme courte
Durée
  30 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « LUC : Encore du fromage? / ESTELLE : C'est fini, Luc. / LUC : Mais non, il reste le dessert. Gelato al limone! / ESTELLE : Nous deux, c'est fini. / LUC : Pourquoi tu dis ça? / ESTELLE : Parce que c'est la vérité. / LUC : De quoi tu parles? / ESTELLE : Je t'aime plus. / LUC : C'est une blague? / ESTELLE : Non. C'est fini. / LUC : Mais qu'est-ce que… Mais tout à l'heure tu… / ESTELLE : Tout à l'heure je t'aimais. Maintenant, je t'aime plus. »

 
Jean et Béatrice [2002] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 2002)
Création
  Théâtre d'Aujourd'hui, 12 mars 2002
Traductions
  - Traduit en allemand par Heinz Schwarzinger sous le titre de Yann und Beatrix [2006] (Felix Bloch Erben Verlag, 2006)
Theater in des Gumpendorferstrasse, Vienne, 12 avril 2008
- Traduit en anglais par John Murrell sous le titre de John and Beatrice [2006] (Playwrights Canada Press, 2007, with Helen's Necklace)
Tarragon Theatre Extra Space, February 13, 2007
- Traduit en espagnol par Mauricio Garcia Lozano sous le titre de Juan y Beatriz [2001]
Teatro des Farfullero, Teatro la Gruta, Mexico, 13 septembre 2005
- Traduit en italien par Julia Serafini sous le titre de Jean e Béatrice [2001]
- Traduit en lithuanien par Aleksandras Robinovas sous le titre de Zanas ir Beatrice [2007]
Kauno Kamerinis Teatras, 14 mars 2007
- Traduit en russe par Nini Hotinskoi et Natali Koudriakosoi sous le titre de Jan i Beatrissa [2004] ( Sovremennaja Dramaturgija n° 2, Moscou et avril - juin 2004)aprel’ ijun’
- Traduit en turc par Ece Okay Isildar sous le titre de Jean ve Béatrice [2007]
Résumé
  Dans son appartement au 33e étage, Béatrice attend l’homme qui la délivrera de sa solitude. Elle place une annonce promettant une récompense substantielle à celui qui saura l’intéresser, l’émouvoir et la séduire. Jean, chasseur de primes, se soumet aux trois épreuves par appât du gain. Mais Béatrice hausse les enchères : il s’agit en fait d’inventer l’amour.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme
Extrait
  « JEAN : Maintenant, qu’est-ce qu’on fait? Hein? Qu’est-ce qu’on fait? / BÉATRICE : Maintenant… / JEAN : On tourne en rond, c’est ça? On est enfermés ici et on tourne en rond. / (Elle pose le couteau à terre entre eux.) / BÉATRICE : Maintenant on est enfermés ici et… on s’aime. / (Jean ricane.) JEAN : On s’aime? Qu’est-ce que ça veut dire, ça, " on s’aime "? »

 
Morceaux choisis [2001]
  (avec 3 pièces, sous le titre de Serial Killer et autres pièces courtes Leméac / Actes Sud – Papiers, 2008)
Création
  Compagnie Ariadne (Rhône-Alpes), France en lever de rideau du Faiseur de Balzac, 2000
Résumé
  Une vente aux enchères. Julie cède au plus offrant son front lisse et doux, ses paupières qui tremblent en se fermant, un souvenir d'enfance, un soupir devant la mer... Il y a preneurs pour cette marchandise rare et éloquente. L'humanité soumise à cette loi de l'offre et de la demande : est-ce ainsi que les hommes vivent?
Durée
  30 minutes
Nombre de personnages
  3 femmes, 4 hommes
Extrait
  « CLIENTE 5, montrant la cicatrice : Est-ce qu'on peut toucher? (Julie présente sa cheville. La cliente 5 vient toucher, puis les autres, à tour de rôle.) / JULIE : Quand on la touche, tout revient comme une bouffée : l'odeur du bois mouillé, le vent de septembre, la peur, la main qui tremble, la piqûre de la lame sur la peau, le sang qui se met à couler, le petit rire nerveux, la fierté d'avoir osé, le sourire de Raymond. »

 
Violette sur la terre [2001] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 2002)
Création
  Coproduction du Théâtre du Nouvel-Ontario (Sudbury), du Théâtre du Tandem (Rouyn-Noranda) et de Théâtre en Scène (Roubaix, France), à Sudbury, le 25 janvier 2002
Traductions
  - Traduit en anglais par John Murrell sous le titre de Earthbound [2008] (To be published in FORSYTH, Louise H., Anthology of Quebec Women's Plays In English Translation Vol. 3, 2004-2008, by Playwrights Canada Press, Toronto)
Résumé
  On ne sait pas exactement à quel moment Violette est apparue. On ne sait pas d’où elle vient. Elle est là, au pied du puits de mine abandonné et elle ne dit rien. Ils viennent – Paul, Étienne, Marie-Jeanne, Judith, des gens qui jettent sur elle leurs déceptions, leurs doutes, leurs espoirs, leur besoin criant de vivre…
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  3 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « MARIE-JEANNE : […] Est-ce que vous regrettez, des fois? Qu’est-ce qui vous manque le plus? L’odeur de votre cuisine, les petites manies de votre mari, ses chemises qui traînent, le bruit de ses pas dans le couloir, ses colères, ses silences? (Silence.) Qu’est-ce que vous avez dit en partant? Avez-vous trouvé une phrase pour expliquer? Vous avez sûrement trouvé une phrase. Au moins une. Dites-la-moi, s’il vous plaît. »
Revue de presse
  « Grâce à une mise en scène de Vincent Gœthals et à des interprètes tels Geneviève Couture, Micheline Marin et Marc Thibaudeau, Violette sur la terre demeure une expérience théâtrale remarquable. La dramaturge Carole Fréchette a très bien saisi les contrastes émotionnels qui émanent d’une réalité socioculturelle singulière. » David Cantin, L’Agenda, Le Devoir, samedi 7 septembre 2002.

 
Le collier d'Hélène [2000] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Lansman, Belgique, 2002)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 7 décembre 2001.
Ce texte a été présenté en lecture publique, lors d'un échange entre le CEAD et ETC_Caraïbes, le 11 avril 2006, au Festival des jeunes compagnies de théâtre francophone (Martinique).
Création
  Théâtre de la Cité internationale, Paris, 8 avril 2002; Théâtre d'Aujourd'hui, 9 mars 2004
Traductions
  - Traduit en allemand par Andreas Jandl sous le titre de Eine Perlenkette [2003] (Eigenverlag, 2003)
Hörspielpielproduktion WDR 3, avril 2003
- Traduit en anglais par John Murrell sous le titre de Helen's Necklace [2003] (Playwrights Canada Press, 2007, with John and Beatrice,)
- Traduit en portugais par Rodrigo Francisco sous le titre de O Colar de Helena [2006]
Companhia de Teatro de Almada, 1er avril 2006
Résumé
  Au milieu d'une ville chaude et chaotique, Hélène, une congressiste venue du nord, s'aperçoit tout à coup qu'elle a perdu son petit collier de perles blanches. Dans un élan un peu fou, elle part à la recherche de cet objet modeste et fragile auquel elle tient très fort sans trop savoir pourquoi. Un chauffeur de taxi nommé Nabil sera son guide et son protecteur dans cette course effrénée. Son périple à travers les rues encombrées et les quartiers ravagés la mène jusqu'aux habitants de cette ville meurtrie qui opposent leur propre souffrance à son malheur apparemment dérisoire.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  2 femmes, 4 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
On peut écouter une lecture de ce texte au lien suivant : http://www.cead.qc.ca/MemoiresVives.html#Lectures
Extrait
  « HÉLÈNE : … je pourrais pleurer […] des années. Comme si j'avais perdu tous les hommes qui m'ont souri, et tous les après-midi joyeux où je me sentais à ma place sur la terre, et toutes les certitudes, une pour chaque perle, que le monde ira mieux et qu'on a mille ans devant soi pour aimer […], pour retrouver les morceaux égarés […], qu'on peut traverser la frontière qui nous sépare les uns des autres. »

 
La peau d'Élisa [1996] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 1998)
  Radio-france (France-Culture), émission «Le nouveau répertoire dramatique», 1er novembre 1997
Création
  Théâtre d'Aujourd'hui, 27 mars 1998; Compagnie Ricochets et Théâtre le Café, Bruxelles, 10 décembre 1998
Traductions
  - Traduit en allemand par Andreas Jandl sous le titre de Elisas Haut [2001] (Eigenverlag., 2001)
Münchner Galerie Theater, Münich, 26 septembre 2001
- Traduit en anglais par John Murrell sous le titre de Elisa's Skin [2000] (in Carole Fréchette : Three Plays, Playwrights Canada Press, 2002)
Tarragon Theatre, Toronto, 16 octobre 2001
- Traduit en arabe par Jo Kodeih sous le titre de Boshra Aliza [2004]
- Traduit en espagnol par Daniela Berlante sous le titre de La piel de Elisa [2004] (norte+sur / bajo la luna, Buenos Aires, 2004)
Résumé
  Une femme raconte avec délicatesse des histoires d'amour. Elle insiste avec minutie sur tous les détails intimes : le cœur qui bat, les mains moites, le souffle court, la peau qui frémit sous les doigts. Elle évoque le souvenir de Sigfried qui était fou, de Jan qui voulait tout et tout de suite, d'Edmond qui l'attendait sous les arbres et aussi de Ginette qui était boulotte et d'Anna qui lui a dit les choses qu'on rêve d'entendre. Elle parle avec fébrilité comme si elle était en danger, comme si son cœur, sa vie, sa peau en dépendaient. Peu à peu, à travers ses récits, elle révèle ce qui la pousse à raconter et livre le secret insensé qu'un jeune homme lui a confié, un jour, dans un café...
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « ÉLISA : Il a dit: les souvenirs amoureux, quand ils montent de l'intérieur, quand ils passent dans la gorge et dans la bouche, ils dégagent une... une sorte d'enzyme, je crois, quelque chose comme ça, en tout cas une substance qui se répand dans la peau et l'empêche de pousser. Là, j'ai voulu crier: c'est insensé, voyons! Mais je me suis arrêtée. J'avais promis. »
Revue de presse
  « La peau d'Élisa n'est pas sans faire songer à Fleur à la bouche, un lever de rideau de Pirandello […]. Comme chez l'auteur italien, on retrouve dans cette courte pièce une ironie douce-amère, une fraîcheur, mêlée de désespoir, à même de traduire le drame de cette femme, soudainement assaillie par la peur de vieillir. » Hervé Guay, Le Devoir, 30 mars 1998.
« La peau d'Élisa, signé par la Québécoise Carole Fréchette, résulte d'un échange d'auteurs entre Bruxelles et Montréal. La pièce s'abreuve de témoignages réels récoltés sur place. Sa poésie n'en est que plus troublante. Sur la scène du Café, elle atteint une douceur et une tendresse bouleversantes. » L.A., Le Soir, 12 et 13 décembre 1998.


 
Les sept jours de Simon Labrosse [1995] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 1999)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 9 décembre 1995.
Création
  Théâtre de la Rubrique, Jonquière, 12 février 1997; Compagnie Philippe Blasband et Théâtre le Café, Bruxelles, 4 avril 1997; Théâtre Octobre, Lille, 20 janvier 1999
Traductions
  - Traduit en allemand par Heinz Schwarzinger sous le titre de Die sieben Tage des Simon Labrosse [2004] (Felix Bloch Erben GmbH & Co. KG Verlag für Bühne Film und Funk, 2005)
Gorki Studio, Berlin, 25 octobre 2005
- Traduit en anglais par John Murrell sous le titre de Seven Days in the Life of Simon Labrosse [2000]
Coproduction du Great Canadian Theatre et du Centre national des arts, décembre 2000
- Traduit en italien par Marzia G. Lea Pacella sous le titre de I Sette giorni di Simone Labrosse [2005]
- Traduit en portugais par João Lourenço et Vera San Payo de Lemos sous le titre de Os Sete Dias de Simão Labrosse [2006]
Teatro Aberto, Lisbonne et 22 juin 2006
- Traduit en roumain par Aurel Stefanescu sous le titre de Sapte Zile din Viata Lui Simon Labrosse, Daca viata lui va intereseaza [2003] (dansMusele Orfane, dramaturgie québechezã, Teatru de ieri si de azi, seria : Teatru Francofon, Éditura Viitorul Românesc, Bucarest, 2003)
Résumé
  Simon Labrosse, sans emploi, a convié le public à assister à quelques tranches de sa vie. Soutenu tant bien que mal par ses amis, Léo, un poète négatif, et Nathalie, obsédée par son développement personnel, il raconte ses multiples idées infaillibles pour se « réinsérer dans la vie active » comme il dit. Tour à tour cascadeur émotif, finisseur de phrases, flatteur d'égo, allégeur de conscience, il tente désespérément de trouver sa place dans la société et se bat avec fébrilité et dérision contre le système qui l'étouffe, ce monde pourri sur lequel « il pleut des briques ». Funambule des temps actuels, il se tient en équilibre constant entre le comique de son existence et le tragique de son immense solitude.
Genre
  Comédie
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 femme, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « LÉO : Il y eut un soir, il y eut un matin, et Simon ne se découragea pas. Le matin du quatrième jour, le dollar canadien vaut 73 cents américains, et cela correspond exactement au nombre de portes auxquelles Simon a frappé pour trouver un emploi. Il se dit que pour une coïncidence, c'est toute une coïncidence, et que ça peut pas faire autrement que lui porter ch… »
Revue de presse
  « De facture plus humoristique, le texte nous présente une nouvelle facette de la dramaturge. » Pierre Thibeault, ICI, du 23 au 30 mars 2000.
« Cette comédie intelligente, vivante et pleine de rebondissements nous interroge avec urgence sur la difficulté de trouver sa place dans le monde d'aujourd'hui. Avec humour et fraîcheur, de façon loufoque voire absurde, la pièce se rit de ce fameux dicton si cher à l'Amérique: "Quand on veut, on peut". » Lise Vaillancourt, Le jeu continue, saison hiver-printemps 2000.
« Il s'agit une fois de plus de raviver sur un mode doux-amer les blessures qui nous consument tous petit à petit. Agréable consolation, la dramaturge continue de proposer le recours à l'imagination comme issue de secours. Car si elle ne donne pas le pouvoir, l'imagination contribue à rendre le monde plus beau. » Hervé Guay, Le Devoir, 5 avril 2000.


 
Les quatre morts de Marie [1991] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Les Herbes Rouges, 1995; Éditions Actes Sud – Papiers, 1998)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 7 février 1991. Il a également été présenté en lecture publique par le CEAD, en coproduction avec le Festival de Théâtre des Amériques, lors de l'événement «Quatre mondes en lecture», le 7 juin 1993. Radio-France (France-Culture), émission «Le nouveau répertoire dramatique» enregistrement en public et en direct, 15 novembre 1997.
Création
  Productions Branle-Bas, 25 février 1998; Compagnie À Brûle-Pourpoint et Théâtre Gérard-Philipe, 24 février 1998
Traductions
  - Traduit en allemand par Andreas Jandl sous le titre de Und viermal stirbt Marie [2000] (Eigenverlag, 2000)
SR 2 Kulturradio, mai 2000
- Traduit en anglais par John Murrell sous le titre de The Four Lives of Marie [1997] (in Carole Fréchette : Three Plays, Playwrights Canada Press, 2002)
Tarragon Theatre, Toronto, 29 avril 1997
- Traduit en espagnol par Mauricio Garcia Lozano sous le titre de Las cuatro muertes de Maria [1998]
Universidad Nacional Autonoma de Mexico (UNAM), Mexico, novembre 1999
Résumé
  Elle voulait écrire les aventures de Mary Simpson, elle voulait élever quatre garçons et quatre filles, elle voulait marcher jusqu'à la Terre de Feu, elle voulait découvrir un continent. Elle voulait... Mais elle a vendu des souliers pas chers sur la rue Mont-Royal, elle a écrit sur les murs des mots enflammés, elle a fait des sourires à la télévision, puis elle a beaucoup dormi. Elle s'appelle Marie, elle est née au milieu du siècle. Un siècle fini. En quatre tableaux, la traversée d'une femme téméraire depuis son départ joyeux pour l'école, un matin de mai ensoleillé, jusqu'à sa fuite effrénée sous la pluie, plusieurs années plus tard, dans une barque dérisoire, sur un océan de solitude.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  3 femmes, 5 hommes pouvant être joués par 2 femmes, 3 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « THÉO Un matin, je me suis reveillé, j'avais perdu quelque chose. [...] J'avais un trou à l'intérieur. C'est par là que j'ai commencé à me vider, goutte à goutte. Un trou minuscule. / MARIE: Quoi goutte à goutte? Qu'est-ce qui coule? Qu'est-ce que tu dis? / THÉO: La beauté, le plaisir, l'odeur des femmes, le fou rire, le sens des choses. »
Revue de presse
  « J'ai lu et j'ai été touchée, j'ai été intriguée par ce qui m'était à la fois proche et mystérieux […]. Marie : une personne à la lisière du monde. De celle qui ont de la difficulté à s'adapter à la société. De celles qui refusent l'âge des désirs calmes, des idéaux fanés, du renoncement […]. Touchée encore par l'énergie de cette écriture là, mélange de déséquilibre structurel, de réel tordu, d'invention formelle, de mouvements organiques, d'humeurs. » Propos de Catherine Anne recueillis par Noëlle Renaude, Extrait du programme du TGP, Paris, février 1998.
« Le très beau texte de Carole Fréchette rejoint à son tour ces destinées au caractère exemplaire, nous renvoyant en écho la fragilité, la beauté et le volontarisme dérisoire de nos propres vies. À sa seconde pièce solo, l'auteur accouche d'une œuvre touchante et drôle, riche de ses connexions souterraines, à la facture originale, mi-réaliste, mi-symbolique. Les quatre morts de Marie rend sensible cette mort répétée de l'âme – comme autant de répétitions de l'ultime trépas – qu'est la désillusion. Carole Fréchette dénude avec une ironie proche du pathétique, nos aspirations déçues, notre solitude existentielle, notre besoin de reconnaissance, cette insécurité fondamentale qui existe, au moins, dans le regard dans le regard des autres. » Marie Labrecque, Voir, 12 mars 1998.
« Cette pièce est porteuse de cette "poésie du quotidien". » Hervé Guay, Le Devoir, 2 mars 1998.
« Sous les apparences d’une écriture simple, dénuée d’ostentation, banale presque, tout est parfaitement structuré. Il s’agit bien d’une véritable écriture scénique, complexe sous ses allures anodines, quotidiennes. »Pierre Lavoie, Cahiers de théâtre Jeu, n°79, juin 1996.


 
Baby blues [1988] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Les Herbes Rouges, 1990)
Radio de Radio-Canada, émission Théâtre du Lundi, 16 mai 1988.
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 27 février 1988.
Création
  Théâtre d'Aujourd'hui, 15 mars 1991
Résumé
  Dans une maison ordinaire d'une ville moyenne, vivent une jeune femme pâle nommée Alice et un bébé rose nommé Amélie. La grande a presque trente ans, la petite à peine quarante jours... Cette nuit-là, Alice ne dort pas; cela fait maintenant quarante jours et quarante nuits qu'elle n'a pas dormi. Dans la torpeur de l'insomnie, surviennent les visiteuses de la nuit : sa mère, toujours inquiète, sa sœur aînée, qui ne doute jamais, sa tante des « États », qui a fait des choses défendues, et sa grand-mère, naïve et délicate comme une jeune fille. À travers ces femmes de sa lignée, Alice cherche à recoller les morceaux de sa propre existence, marquée par le doute et le tourment.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  5 femmes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « ARMANDE : Une nuit, je dormais pas. Je pensais à Émile, peut-être. Je me demandais ce qu'il y avait dans sa tête, s'il était heureux, aussi heureux qu'il le disait, s'il pouvait lire dans mes pensées après toutes les nuits passées à côté de moi, s'il savait que je… que j'étais faite pour autre chose, pour creuser, déterrer les crânes en morceaux… Ou peut-être que je pensais à Adèle. Je me demandais comment la retenir, comment la sauver, comment l'empêcher de s'étourdir comme ça… Ou bien je pensais à Paul Newman, à ses beaux yeux bleus glacés. Je me demandais s'il pourrait voir à travers moi avec ces yeux-là. (Un temps.) Je me suis levée pour marcher un peu. J'ai entendu du bruit. Ça venait de la chambre des enfants. Je me suis approchée. La porte était entrouverte. J'ai regardé. J'ai vu la petite Alice avec sa poupée Catherine, assise bien droite dans son lit, les yeux grands ouverts, à trois heures du matin. J'ai regardé sans bouger; il y avait quelque chose dans ses yeux : une inquiétude. J'ai regardé. J'ai regardé. J'ai pensé : " Alice, Alice, tu es comme moi. Je voulais pas. Je voulais que tu sois différente, que tu cries, que tu t'envoles, que tu ries aux éclats. Tu es comme moi. Pourquoi? " J'aurais voulu m'asseoir à côté d'elle, sans parler, continuer la nuit comme ça, les yeux ouverts, nos insomnies côte à côte. Je suis entrée, j'ai dit : " Il faut dormir, Alice. Tout va bien. " »

 
As-tu vu? Les maisons s'emportent! [1980] Pour en savoir plus sur la publication
  (Les Éditions du Remue-ménage, 1981), en collaboration avec Marie-Claude Barey, Solange Collin, Johanne Doré, Luce Harnois, Suzanne Lemire, Johanne Melanson et Albanie Morin
Création
  Théâtre des Cuisines, mai 1980
Résumé
  Louise, Jacinthe, Marie, Hélène, Josée sont des « battantes » qui mènent une vie active et bien remplie, des femmes autonomes, articulées, conscientes de leurs droits, etc. En apparence, on peut croire que tout va bien pour elles, mais, dans le secret de leurs maisons, éclate la difficulté de vivre au jour le jour les tiraillements de cette nouvelle condition : la solitude, les tensions avec le partenaire, l'épuisement... À travers différents sketches, la pièce lève le voile sur le combat intime de ces femmes en mouvement.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  une vingtaine de personnages pouvant être joués par 5 femmes et 2 hommes
4 chansons
Extrait
  « JACINTHE : […] Ça fait que, elle, a m'attendait dans l'entrée de l'hôtel. Moi, je m'amène toute confiante, toute souriante, pis j'explique poliment pis gentiment au gars de la réception que, premièrement on était un couple, en espèce de lune de miel et pis tout le scénario de la veille avec les deux p'tits lits. […] »

 
Môman travaille pas, a trop d'ouvrage! [1975] Pour en savoir plus sur la publication
  (Les Éditions du Remue-ménage, 1976), en collaboration avec Solange Collin, Denise Fortier, Véronique O'Leary et Pierrette Savard
Création
  Théâtre des Cuisines, 8 mars 1975
Résumé
  Trois femmes de milieux modestes ressentent au quotidien l'essoufflement de la vie de ménagère et de travailleuse : répétition à l'infini des tâches domestiques, course effrénée, difficile éducation des enfants, etc. Un beau matin, épuisées par ce tourbillon, elles décident de s'arrêter et de faire grève. Leur geste, bientôt imité par des centaines de femmes, secoue non seulement les maris, mais aussi les employeurs et même le pouvoir politique. Le travail invisible qu'elles accomplissaient devient tout à coup d'une terrible évidence...
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  31 personnages pouvant être interprétés par 3 femmes et 3 hommes
6 chansons
Extrait
  « LE BOSS : Elles ont tout arrêté : plus de lavage, plus de ménage, plus de repas, plus personne pour s'occuper des enfants… Comprends-tu? / LE PREMIER MINISTRE : Ça veut dire que les femmes ont abandonné leurs maris et leurs enfants? Mais c'est un drame pour notre province! Les femmes, piliers de la famille et éducatrices des citoyens de demain, ont-elles perdu le sens de leurs responsabilités? »

 
TRADUCTIONS, TRANSPOSITIONS, COLLAGES, AUTRES TEXTES...

Le monument [1999]
  traduction de The Monument de Colleen Wagner [1994] (Playwrights Canada Press, 1995) Cette traduction a été présentée en lecture publique par le CEAD en coproduction avec Playwrights' Workshop Montreal, le 8 novembre 1999, dans le cadre de « Transmissions 1999 ». Pour en savoir plus sur les autres activités du CEAD
Création
  Théâtre de la Manufacture, 13 février 2001
Résumé
  Ce pourrait être la Bosnie, la Croatie, le Kosovo. Stetco, jeune soldat accusé d'avoir violé et tué 23 femmes, est sauvé de la condamnation in extremis par une femme qui dit pouvoir le faire libérer s'il accepte de faire tout ce qu'elle lui demandera pour le restant de ses jours. Il accepte. Une dure relation de pouvoir, un dur devoir de mémoire, s'installent entre eux.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme
Extrait
  « MEJRA : T'as peur de mourir? / STETCO : Tout le monde a peur de mourir. / MEJRA : Vraiment? / STETCO : C'est sûr. Sauf quand ça a l'air pire de vivre. Dans ces cas-là, ils aiment mieux mourir. / MEJRA : Les femmes que t'as tuées, elles étaient comme ça? / STETCO : Quelques-unes. / MEJRA : Toutes? / STETCO : Quelques-unes. / MEJRA : Lesquelles? / STETCO : Je m'en souviens plus. »

 
Chère mademoiselle Éléna [1995]
  traduction de Chère Éléna Serguéiévna de Razoumovskaïa Ludmila
Adaptation de la pièce de Ludmila Razoumovskaïa, traduite du russe par Marie-Christine Labbé et Daniel Roy
Création
  Théâtre français du Centre national des Arts, mars 1995