Philippe DUCROS

Philippe Ducros est à la fois auteur, metteur en scène et acteur. Autodidacte, il a séjourné dans plus d’une vingtaine de pays d’Amérique Latine, d’Europe, d’Afrique et d’Asie. Sa démarche personnelle reste très ancrée par ces pèlerinages. Avec l’organisme français Écritures Vagabondes, il était en Syrie à l’automne 2004. La rupture du jeûne, le carnet de voyage de cette expérience a été publié aux Éditions Lansman. Suite à cette résidence, il écrit L’affiche (publié chez Lansman) sur l’occupation de la Palestine, qu’il a visitée à trois reprises. La pièce est produite en France par le Panta Théâtre et à Montréal, sous sa mise en scène, au théâtre Espace Libre en décembre 2009. Un deuxième carnet sur ces voyages en Palestine, Les lanceurs de pierres est en voie d’être publié, toujours chez Lansman. Il a écrit de nombreuses pièces, qu’il met généralement en scène lui-même, dont L’assassinat d’Andrew Jackson, jouée à Carleton à l’été 2008 et à Jonquière à l’été 2009, Boulevard Sauvé, une courte pièce qu’il a montée à Lomé, au Togo en vue d’une tournée africaine, française et tchèque ou encore 2025, L’année du Serpent, lauréat de la Prime à la création Gratien Gélinas produit par le Théâtre du Grand Jour. Il a traduit quelques pièces dont En manque (Crave) de Sarah Kane, La fièvre (The fever) et Le pleureur désigné (The designated mourner) de Wallace Shawn. Il a aussi dirigé d’autres pièces, comme Montréal la Blanche de Bachir Bensaddek pour le Projet Porte Parole, ou le Circo de Bakuza pour le Festival Juste Pour Rire. Son premier roman, Eden Motel est en voie d’être publié. En tant qu’acteur, Philippe a joué pour beaucoup de compagnies, privilégiant spécialement le théâtre de création. Il a trois expositions photo à son compte. Il est directeur artistique des Productions HÔTEL-MOTEL. — 2010-01-14
(Photo : Maxime Côté)

 
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Index alphabétique des titres
2 191 nuits 2025, l'année du serpent Boulevard Sauvé Diapodiaspora En manque L'affiche L'assassinat d'Andrew Jackson La fièvre La vue d'en haut Le 4e round Le bocal
 
L'assassinat d'Andrew Jackson [2008]
musique de Ludovic Bonnier
Création
  Production d’Hôtel-Motel et d’À Tour de Rôle vue mardi, à la création, au Quai des arts de Carleton-sur-Mer, 17 juillet 2008
Résumé
  1880. Jack, faux-monnayeur, ex-détenu et amoureux de musique zaricot, saute dans un train de la Nouvelle-Orléans à Vegas, pour régler son compte au chasseur de primes Jim Crow. Ce Crow a gagné au poker, la main de Bunny Belle, pourtant promise à Jack. Il fait chaud et le bourbon coule à flots. Ce portrait glauque des États-Unis file, comme le train, entre de fausses bibles et de vrais complots. Il est ponctué de hold-up, d’élixirs et de dollars percés, depuis les bayous louisianais jusqu'à Las Vegas, ce mirage construit au cœur même d’un désert américain. Mais Andrew Jackson, septième président des États-Unis, incarnation même du rêve américain, que vient-il faire dans tout ça?
Genre
  Comédie western musical
Durée
  1 heure 50
Nombre de personnages
  1 femme, 8 hommes, peut être joué par 6 comédiens
musique en direct
Extrait
  « [jouant aux cartes] | JIM CROW : Deux billets à l’effigie d’Andrew Jackson! Marchand d’esclaves, devenu riche à cause des plantations de coton. Tu savais que les dollars américains sont en coton? Tout le monde pense qu’ils sont en papier, mais non! C’est du coton! / HARRY ZONA : 7 de pique. Les jeux sont faits. 200 dollars sur la table. / JIM CROW : Devenu célèbre pour ses guerres d’Indiens, nous a débarrassé d’eux, les a poussés de l’autre côté du Mississippi… ‘La marche des larmes’… Et ceux qui refusaient, il les massacrait. Il en a massacré beaucoup… Tu veux un bretzel? / BUNNY BELLE : Sans façon. »
Revue de presse
  « Original, drôle et d’une vive intelligence. Il y a des crânes de vaches, des crachats sonores, des mouches dans le silence englué du sud, de la gnôle bue cul sec, des gâchettes nerveuses et des bagarres endiablées. Tous ces clichés se placent au service d’une comédie aussi intelligente qu’originale, une comédie irriguée de conscience historique que ses producteurs qualifient à raison, encore qu’étonnamment, de western. En tout cas, vous risquez fort de voir le genre d’un œil neuf après passage au Quai des arts de Carleton-sur-Mer [...] » Jean St-Hilaire, Le Soleil, 18 juillet 2008

 
Boulevard Sauvé [2007]
Création
  À l’intérieur du triptyque de théâtre à domicile « À la maison! » dans une coproduction de la Cie 3 (Lomé, Togo), du Théâtre du Mantois (Mantes-la-Jolie, France) et des Productions Hôtel-Motel (Montréal), à Agbodrafo (Togo), 12 janvier 2008
Résumé
  Deux orphelins d'aujourd'hui, désabusés par le système de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), se retrouvent le soir de Noël. Leur errance dans les rues glaciales de Montréal les mène aux pieds de la vieille « maison hantée » du quartier, qui les terrorisait quand ils étaient enfants. Ils y retrouvent le vieillard effrayant de leur enfance, qui attend la mort.
Genre
  conte urbain
Durée
  25 minutes
Nombre de personnages
  2 hommes jouant 3 personnages  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « CAÏN : Couillon, c’est toi le plus vieux, pis t’as peur d’entrer dans la maison hantée? / ABEL : C’est pas ça, man… Pour faire quoi? C’est pas un sorcier, c’est un minable, un vieillard croûté qui pourrit debout. Il attend la mort, man, c’est ça qu’il attend. Il l’attend tellement que c’est ça qu’il a demandé au Père Noël. Il se réchauffe devant son four, laisse-le tranquille, c’est juste un pauvre type… »

 
Le bocal [2007]
Si à l’origine, cette partition était une suite à la pièce Concert à la carte de Franz-Xaver Kroetz. Elle peut être jouée seule. À la création le rôle de Christian était tenu par une comédienne.
Création
  Pétrus, Montréal, en deuxième partie de la pièce Son visage exprimant soudain de l’intérêt, 16 février 2007
Résumé
  Nous vivons à une époque de médiatisation, de tueries dans des écoles, de suicides endémiques et de ventes records d’antidépresseurs. Cette partition presque sans paroles est une réflexion sur l’absence de sens, de liens et de repères. Un adolescent au profil suicidaire passe sa révolte sous silence devant nous dans sa chambre. Mais le silence est parfois une bombe qui a le pouvoir de détoner au mauvais moment et au mauvais endroit. L’isolement de Christian que la pièce dissèque risque fort de le pousser à l’étape où son désir d'autodestruction, son appel du gouffre et son propre appel à l’aide entraîneront des victimes avec lui.
Durée
  45 minutes
Nombre de personnages
  1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
texte consistant en une seule didascalie
Extrait
  « La porte s’ouvre violement. Entre Christian en colère. Il referme la porte comme un verdict sans appel propre à son âge et à ses idéaux. Furieux, il a apporté le monde extérieur avec lui en entrant, apportant ses injustices, son oppression. On ne sait pas s’il en veut à quelqu’un d’autre ou s’il s’en veut à lui-même, mais la violence de ses gestes rappelle l’autodestruction. Il entre, termine son élan dans sa chambre, en rond, sur lui-même mais il n’a nulle part où aller, nulle part où déverser ce surplus, ces émotions qui le submergent. Donc, il s’immobilise tranquillement, son élan s’éteint de son propre chef, ne pouvant s’extérioriser. Il enfouit tout profondément en lui, la violence, l’injustice, l’oppression, la honte même. Il est enfermé dans ses émotions, son sentiment d’injustice, d’incompréhension. Il reste là, debout au milieu de la pièce. La poussière retombe sur les petits crimes de la vie quotidienne. Sur la prison de ses émotions et surtout de l’incompréhension de ces émotions. »

 
L'affiche [2005-2006] Pour en savoir plus sur la publication
  (Lansman Éditeur, Collection "Écritures vagabondes", 2009)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 29 novembre 2007.
Création
  Les Productions Hôtel-motel, le 1er décembre 2009
Résumé
  En Palestine, quand quelqu'un tombe sous l'occupation, on imprime des affiches de lui pour en tapisser les murs. Un jour, un imprimeur se retrouve à imprimer l'affiche de son fils unique, mort par balle dans son camp de réfugiés. La vie de la famille endeuillée se dégrade et la colère ne laisse plus de place à l'humanité. Shahida, la soeur du martyr, essaie de rêver avec son amoureux en dépit de l'occupation. Puis l'histoire explose. Elle remonte le fleuve de la douleur jusqu'à la Mer Morte, et accote les survivants dos au Mur de séparation. Huit mètres de haut, le mur.
Genre
  Drame
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  7 femmes, 21 hommes pouvant être interprétés par un minimum de 9 comédiennes et comédiens  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « ABOU SALEM : Je ne veux pas d’argent, je veux mon fils. Mon fils. Maintenant, vas-t’en, vendeur de cadavres, d’enfants morts. Laisse-moi. […] Tes billets, épingle-les au mur, ça fera une belle affiche. C’est ça, le vrai visage de la mort. Il n’y a plus de café. Sors. / BILAL ISLAM DIT LE BARBIER : C’est toi qui les imprimes ces affiches, Abou Salem. Tu ne crois pas que mon cœur reste dur quand je croise ma fille sur les murs? Mais ma fille est morte et ton fils aussi, et celui du cafetier et demain tu perdras peut-être ta fille, les affiches s’accumulent… Et c’est toi qui les imprimes. Puisse ton fils ne pas t’entendre. »

 
2 191 nuits [2005]
Création
  Les Deux Mondes, 9 février 2005
Résumé
  Conte multimédia pour adultes. Math, jeune scientifique, époux d’Emma et père d’un garçon de 6 ans, se retrouve seul au monde après le décès de « ses deux amours » dans l’écrasement de leur avion. Math a survécu, grâce au cœur de son fils qui lui a été greffé. Comment vivre après cela? La science sera son salut comme sa prison, durant 2 191 nuits de recherche d’immortalité.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes, interprétés à la création par 1 femme et 2 hommes
multimédia (projections vidéo, environnement sonore, musique)
Extrait
  « EMMA : Math, à 6 ans, notre fils savait compter jusqu’à mille. Toi, maintenant, tu dois apprendre à soustraire. Nous ne serons plus là… Ne reste que toi… / MATH : Je ne veux pas vivre sans vous… / EMMA : Le soleil va exploser dans quelques milliards d’années. Quand l’univers est vide et que les hommes sont seuls, la mort, même celle du soleil devient intolérable. On disait que les morts vivaient dans les étoiles, mais quand les étoiles meurent, où vont-elles? »

 
2025, l'année du serpent [2002]
Texte gagnant de la Prime à la création du Fonds Gratien-Gélinas en 2002
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 3 décembre 2002.
Création
  Théâtre du Grand Jour, 18 février 2003
Résumé
  Chine, 2025, guerre civile. John Smith, six milliardième homme sur terre, essaie d’identifier les cadavres sans nom que les guerres laissent derrière elles. La Croix-Rouge prend en photo les effets personnels des victimes et les rassemble dans un livre. C’est avec ce livre en main que John Smith, accompagné du photographe de guerre Janvier Kino, va dans les camps pour le tendre à tous ceux qui cherchent, ceux qui espèrent encore. Avant de partir au front, il quitte l’amour de sa vie, Xia Habibi, vétérinaire du zoo de Beijing. Stérile, elle préfère que John l’oublie. Mais la mémoire n’est pas une télé que l’on peut éteindre.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  2 femmes, 6 hommes jouant une dizaine de personnages
Vidéos et voix hors champ
Extrait
  « NAOZI, en voix off, comme de la très mauvaise post-synchro de Tsavo : Les maisons meurent plus vite que les gens. C'est les avions qui les font mourir. Les avions sont forts. Moi, je ne voulais pas qu'on me prenne en photo pour que je sois plus populaire que le président de la guerre, parce que moi j'ai vu. Comme à la télé. »
Revue de presse
  « Le dépaysement est garanti quand on pénètre dans l’univers de Philippe Ducros. (…) Les thèmes que choisit d’aborder Philippe Ducros sont importants. Saluons l’audace dont il fait preuve en s’attaquant à de grandes questions actuelles, que peu de nos auteurs couvrent au théâtre. » Marie Labrecque, Voir, du 13 au 19 mars 2003
On prêche avec passion la conscientisation, la paix, l’adoption d’une vision un peu moins occidento-centriste du monde et ainsi de suite. Or il reste que ce type de discours a non seulement le mérite d'être actuel, mais qu'il n’est en outre pas si fréquent au théâtre. Et force est d’admettre qu’il est nécessaire. Qui plus est, le texte de Ducros est assez bien tourné. » Sophie Pouliot, Le Devoir, vendredi 21 février 2003


 
Diapodiaspora [2000]
Création
  Hôtel-Motel, 28 septembre 2000
Résumé
  Après le massacre de Srebrenica en 1995, la Croix-Rouge a rassemblé dans un livre des photographies de vêtements et autres effets personnels retrouvés sur les morts non identifiés. John Smith a la tâche ingrate de présenter ce livre à ceux qui cherchent un disparu pour qu’ils puissent raccrocher ces effets à des noms. Pour pouvoir identifier les cadavres. Pour contrer l’oubli.
Durée
  40 minutes
Nombre de personnages
  3 hommes, dont un garçon de 10 ans
Un troupeau de 30 000 éléphants morts, narrateur de l’histoire
Extrait
  « Dren a dix ans. Il a vu 19 membres de sa famille être tués devant lui. Il nous a donné son témoignage. Il n’a pas pu sauver sa sœur des flammes. Il est Kosovar. Chez lui aussi, la mort est une réunion de famille. Mais ne reste plus que son père et lui, exposés au soleil. | La mort est une salope sous toutes les latitudes. »

 
Le 4e round [2000]
Création
  Production de Hôtel-Motel, 6 mars 2000
Résumé
  1945, Éthiopie. Arsène Mardekian, Arménien, affronte Keller, Turc allemand, en un match de boxe décisif. Keller est le neveu d’Envers Pacha, un des responsables du massacre des Arméniens de 1915. La pression est forte sur Mardekian et tous crient vengeance, mais il est knock-out au 4e Round. L’opprobre qui en résulte pousse Arsène et sa sœur Rosseana – la femme aux plus belles hanches d’Afrique – à travers le monde dans une cavale teintée de meurtres, de magie noire, de vengeance et de mort.
Durée
  1 heure 50
Nombre de personnages
  23 personnages, 5 femmes, 18 hommes et des figurants, pouvant être joués par 3 femmes et 8 hommes
Chanson, combats de boxe
Extrait
  « PARE-BRISE : J’en peux plus de me battre Arsène. J’en peux plus. Je suis un poisson vidé. / ARSÈNE : Écoute, on a besoin de l’argent des combats. Avec ça, on va s’acheter des faux papiers pour descendre quelque part… On va descendre n’importe où. On va descendre c’est tout, tu m’entends? On va descendre en Crête Pare-Brise, où l’on voit les seins des filles au travers de leurs robes, les seins des filles Pare-Brise! Ça te dit? »

 
TRADUCTIONS, TRANSPOSITIONS, COLLAGES, AUTRES TEXTES...

La vue d'en haut [2008]
  traduction de The View From Above de James Long [2008]
Création
  Coproduction de Rubby Slippers Theatre et du Théâtre la Seizième (Vancouver), 26 mars 2008  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
2 courtes chansons


 
La fièvre [2006]
  traduction de The Fever de Wallace Shawn [1991]
Création
  The Other Theatre, 27 mars 2007
Genre
  Monologue dramatique
Revue de presse
  « … Ducros et Christodoulou signent peut-être là leur spectacle le plus significatif. C'est en tout cas celui, à mon sens, où leur complicité éclate au grand jour avec une pertinence décuplée... The Other Theatre n’a jamais si bien porté son nom qu’avec ce drame… » Hervé Guay, Le Devoir, 30 mars 2007
« … En plus d’habiter ce rôle avec une présence physique remarquable, Ducros maîtrise le texte et ses différents registres à la perfection.… » Josée Bilodeau, ici, du 5 avril au 11 avril 2007


 
En manque [2003]
  traduction de Crave de Sarah Kane [1998] (Methuen, Londres, 1998)
Création
  The Other Theatre, 15 avril 2003  Pour en savoir plus sur la distribution