Robert CLAING

Après avoir complété un baccalauréat en arts au Séminaire de Saint-Hyacinthe (1970) et une maîtrise en études françaises à l'Université de Montréal (1976), Robert Claing enseigne la littérature au Collège Ahuntsic. De 1976 à 1979, il est membre du Théâtre Expérimental de Montréal. Il est ensuite cofondateur et animateur du Nouveau Théâtre Expérimental et de l'Espace Libre jusqu'en 1988. En 1988-1989, il siège au conseil d'administration du CEAD à titre de trésorier. Pour les saisons 1989-1990 et 1993-1994, il est auteur en résidence pour la troupe Omnibus. En 2001 et 2002, il a animé des Cartes blanches dans le cadre des activités du CEAD. De 2003 à 2007, il a été président du conseil d'administration de son association. En 2008, il a signé un ouvrage présentant ll’histoire et le fonctionnement de la CITF, intitulé Francophonie théâtrale. Trajets vivants. Sa dernière pièce, Caravansérail, a été créé au Théâtre d'Aujourd'hui en septembre 2009. – 2009-11-30
(Photo : Catherine Gravel)

 
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Index alphabétique des titres
Anna Caravansérail Colette Colette et Pérusse L'éternelle monotonie de la passion L'histoire de ma mère La femme d'intérieur La mort des rois Le jeu de l'ombre Le portrait Le saut de l'ange Le temps est au noir Les fossiles (Élégie à deux voix) Marée basse Portraits en forme de lapins Radisson Soviet (dans Yanardagh) Une femme à la fenêtre Vienne, la nuit Yanardagh
 
Caravansérail [2005] Pour en savoir plus sur la publication
  (Dramaturges Éditeurs, 2009) Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 2 décembre 2005. Pour en savoir plus sur les autres activités du CEAD
Création
  Théâtre d'Aujourd'hui, 15 septembre 2009
Traductions
  - Traduit en allemand par Heinz Schwarzinger sous le titre de Karavanserei [2006] (Eigenverlag, 2008)
Résumé
  Paul et Benoît se rencontrent à Paris Plage, sur le bord de la Seine. C’est le début du voyage de l’amitié quand on a passé la cinquantaine. Une amitié faite de campagne, de jardin, de souvenirs et de confidences, d’exaltation et de folie. Ces deux hommes cherchent le sens à donner à la vie, rien de moins. La réponse se trouve dans le désert qu’ils traversent à dos de dromadaire en buvant un rosé de Provence.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « PAUL : Nous trouverons une hutte, nous dresserons la tente. Nous achèterons une ferme. Nous nous y enfermerons pour passer les laides années de la vieillesse et n’ouvrirons plus les portes. Nous aurons fait une grande provision de pastis, de patates et grands vins du sud de la France. Nous apprendrons tous les métiers de la terre, tous les vrais métiers qui feront de nos mains des membres utiles et serviables. Me croyez-vous? Je vous le promets. Nous serons heureux! »

 
L'histoire de ma mère [2004]
  Texte faisant partie de 1944 une Carte blanche du CEAD présentée le 26 avril 2004.
Résumé
  Une femme lave le plancher à quatre pattes. Étrangement, cette femme lave le plancher la nuit. Elle ne progresse pas. Son travail n’avance pas. Trois hommes et une femme l’observent. Ceux-là sont dans un studio, un atelier de répétition. Ce sont des artistes. Ils répètent. À la radio, jouent, en sourdine musique et chansons de la France sous l’Occupation.
Durée
  20 minutes
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes
Extrait
  « ALBERT : Mais à la place d’une belle poésie, j’ai écrit cette merde, cette histoire où une femme mange un homme, une monstruosité. Ma mère a jamais vu ni lu la pièce. Je lui en ai jamais parlé. Elle était déjà assez malade sans en plus subir la honte de son fils. Je dois écrire l’histoire de ma mère pour ne pas qu’elle meure. »

 
Le portrait [2002]
  Lu lors d’une Carte blanche aux auteurs du CEAD, avec des textes de Marie-Line Laplante, Louis-Dominique Lavigne, Dominick Parenteau-Lebeuf et Anne-Marie Provencher, sous le titre de Portraits en forme de lapins, le 18 mars 2002, lecture reprise à la Semaine de la dramaturgie, décembre 2002.
Résumé
  À cause d’un rêve où s’offrent des images de lapins, Jean-Paul replonge dans ses souvenirs. Pas ceux qui restent, bien ancrés dans sa mémoire, mais ceux qui fuient, s’enfuient, s’estompent. L’oubli, l’absence, le vide, la mort lui sont rappelés par ces photos qu’il regarde, ce cimetière qu’il visite avec Simone. Mais derrière tout ça se pointe une certaine sérénité…
Durée
  20 minutes
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « SIMONE : Ça fait pas mal de souvenirs pour quelqu’un qui les a oubliés. / JEAN-PAUL : Oui, c’est vrai. De tout ça, je me rappelle. Quand j’appelle les images, c’est ça qui me revient. / SIMONE : Pourquoi ça te fait de la peine d’oublier? / JEAN-PAUL : Sais pas. Parce que c’est des morceaux de moi qui s’égarent et qui meurent. J’aime pas mourir en pièces détachées. »

 
Portraits en forme de lapins [2002]
  en collaboration avec Marie-Line Laplante, Louis-Dominique Lavigne, Dominick Parenteau-Lebeuf et Anne-Marie Provencher
  Ce texte, écrit sur commande pour l'occasion, a été lu par les auteurs, lors d'une soirée « Carte blanche aux auteurs » du CEAD, le 18 mars 2002. La lecture a été reprise à la 17e Semaine de la dramaturgie, le 7 décembre 2002.
Création
  Cie de théâtre L'Impromptu de L'Assomption, 15 mai 2005
Résumé
  Recueil des textes de commande dont la consigne était d'écrire un portrait et de se soumettre à quelques règles d'écriture. Tout d'abord, l'un des personnages doit porter sur lui un portrait (une photo dans un portefeuille ou dans un médaillon, par exemple), qui joue un rôle dans la fiction. Ensuite, tous les textes doivent finir par la même phrase : « Il faudrait s'exercer. Sur des lapins peut-être, pour commencer. »
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes (pouvant jouer tous les 13 personnages).  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie

 
Soviet (dans Yanardagh) [2001]
  Ce texte, écrit sur commande pour l'occasion, a été lu par l'auteure, lors de la soirée Carte blanche aux auteurs du CEAD intitulée « Une expérience de théâtre intime », le 5 février 2001, et a aussi été déposé sous le titre collectif de Yanardagh.
Résumé
  Devant l'un des wagons servant d'abri aux réfugiés azéris, Soviet, une femme dans la cinquantaine, assise sur un pliant, nous parle de ses poules, des déportations sucessives de son coin de terre,
Durée
  12 minutes
Nombre de personnages
  1 femme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « SOVIET : Ici, près de mes poules, je reste pieds nus, sauf devant les étrangers. Je nettoie le sol, pas de verre brisé, pas de métal rouillé, que des galets et la poussière de sable pour mes poules et mes pieds. Y a pas de verdure. Vous avez remarqué? Pas d'herbe qui pousse. Nulle part. »

 
Yanardagh [2001]
  en collaboration avec Evelyne de la Chenelière, Dominick Parenteau-Lebeuf, Anne-Marie Provencher et Jean-Pierre Ronfard
  Ce texte, écrit sur commande pour l'occasion, a été lu par les auteurs, lors de la soirée Carte blanche aux auteurs du CEAD intitulée «Une expérience de théâtre intime», le 5 février 2001.
Résumé
  Ces cinq regards intimes sur les réfugiés azéris en Azerbaïdjan sont inspirés des photographies du journaliste Tim Georgeson. Ce sont les hommes et les femmes de ces photos — « inconnus du bout du monde » immobilisés entre le bois et le métal des trains — qui reprennent parole, racontant le quotidien d'un pays en feu, Yanardagh, vocable de mythe et de guerre pour nommer la terre de la « Montagne qui brûle ».
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  6 femmes, 2 hommes et un chœur (la noce)  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Dans le dernier tableau une noce apparaît sur scène (figuration d'ambiance), soit jouée par les comédiennes des autres tableaux ou représentée autrement.
Extrait
  « MAHIADIN : Car qu'est-ce que ça signifie, vous marier? Vous relier au passé, à nos traditions. Regardez les déguisements de vos parents, vos amis, vos voisins de trains. Ils ont ressortis les manteaux des grands-pères et des grands-mères, ridicules reliefs des maisons d'autrefois, mais où sont ces maisons? Là-bas, dans le pays que nous avons quitté, existent-elles encore? Existe-t-il encore, ce pays? Rayé de la carte! » (Extrait du texte Le mariage d'Arif et de Gulnara de Jean-Pierre Ronfard)

 
L'éternelle monotonie de la passion [1997-1998]
Résumé
  Un homme et une femme d'aujourd'hui soliloquent, chacun prisonnier de sa solitude. Un couple d'autrefois discute, s'interroge, ose des mots qui blessent, d'autres qui réconcilient. Au cœur des préoccupations des uns et des autres, toujours semblables et changeants : l'amour, le désir, la passion...
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « MARIE-CLAIRE : Qu'est-ce que j'ai fait de ma nuit? À qui appartenaient ces bras, ces épaules, cette poitrine? À qui ces yeux qui se coulaient dans mes yeux? Je croyais avoir rencontré un homme. Un enfant s'est mis à pleurer dans la chambre d'à côté. Un petit garçon appelait son père. Une autre vie qui n'était pas la mienne. Un autre regard que le mien. Où est-ce que j'étais? »

 
Le saut de l'ange [1994] , consultation sur place seulement
Résumé
  Au bord d'une rivière, à l'ombre ou sur la branche d'un arbre, sur la chaise du dentiste ou assis à la table d'un café, des hommes, des femmes échangent leurs mots, leur salive, leurs rêves et leurs désillusions. Entre la chair et le mythe de la pureté de l'ange, ils cherchent un sens à leur vie.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme

 
Vienne, la nuit [1991] , librement inspiré d'une nouvelle de Arthur Schnitzler, Traumnovelle (nouvelle publiée sous le titre de Rien qu'un rêve, avec Les dernières cartes, Le livre de poche, n° 3050)
Résumé
  François-Emmanuel Lejeune, médecin retraité de l'Hôpital Général de Vienne, arrivé à la fin de sa vie, nous fait revivre ses secrets et regrets érotiques. L'un à la suite de l'autre, les personnages de sa vie défilent dans la mémoire et la réalité du vieillard, ramenant à la surface les secrets enfouis de son âme. Univers sombre où les souvenirs brouillent la frontière entre la réalité et le rêve, ce récit enivrant et charmeur nous garde en haleine jusqu'à la scène finale. Entre orgie, bal masqué interdit, prostitution et suggestions de nécrophilie et de pédophilie, l'auteur Robert Claing livre une pièce inspirée de Traumnovelle d'Arthur Schnitzler, huit ans avant le film Eyes Wide Shut (Les yeux grand fermés) de Stanley Kubrick, inspiré par la même nouvelle.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  7 femmes, 9 hommes et des figurants
Extrait
  « NELLI : Qu’est-ce que tu veux de moi? / FRANÇOIS-EMMANUEL VIEUX : Redonne-moi la vie. / NELLI : Je ne peux pas. / F.-E. VIEUX : Si, tu peux. / NELLI : Tu fais l’enfant. / F.-E. VIEUX : Je n’ai jamais voulu devenir un homme. J’avais peur de mourir. Devenir un homme, c’était devenir comme mon père. Mon père est mort quand j’étais un enfant. Je ne veux pas mourir. / NELLI : Il faudra bien que tu y arrives. »

 
La mort des rois [1990] Pour en savoir plus sur la publication
  (suivi de Le temps est au noir, VLB Éditeur, 1990. (Épuisé) Copie disponible pour le prêt au CEAD
Création
  Omnibus, 6 mars 1990
Résumé
  Jean sans Terre, roi d'Angleterre, et sa mère Aliénor d'Aquitaine. Le fils ne voit dans l'existence que haine, jalousie et absurdité. Sa mère fait le procès des hommes de sa vie : violents, insignifiants et ambitieux. Le premier mourra dans un état de dépression totale, la seconde dans la joie et l'espoir.
Durée
  1 heure 50
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme
Extrait
  « ALIÉNOR : Pourquoi il me demande? Pourquoi il me laisse pas en paix. Je suis bien assez vieille! J'ai tant fait et plus encore. Pourquoi il est toujours là, les bras tendu, le bec ouvert qui crie, qui appelle, qui exige, qui supplie? […] C'est trop tard. Je suis trop vieille. Mon ventre a séché […].
Revue de presse
  « Visionnant la pièce sur vidéo, Françoise Faucher avait été, dit-elle, immédiatement séduite par la grandeur, la noblesse et la force des images proposées. Pour ce qui est du texte de Robert Claing, la comédienne y apprécie l' "étonnante musicalité " et l' "audace qui fait que l'on y trouve des thèmes tout à fait de notre époque" ». Paul Villeneuve, Le Journal de Montréal, 13 septembre 1993.
« Un texte fort et percutant. » Carmen Montessuit, Le Journal de Montréal, 17 septembre 1993.
«  (…) le texte sensible de Robert Claing entrelace le souvenir d'une vie passionnante ou tragique et une confrontation avec la mort débouchant sur les derniers soubresauts d'une relation mère-fille entachée par la rancœur et le désespoir. » Marie Labrecque, Voir, 16 septembre 1993.
« (…) un texte astucieux, libre et amusant… » Robert Lévesque, Le Devoir 9 septembre 1993.


 
Les fossiles (Élégie à deux voix) [1990] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Comp'Act, France, 1993)
Création
  L'Attroupement 2, Lyon, 1994
Résumé
  Un homme et une femme très âgés se racontent, en attendant l'expropriation qui les chassera de leur demeure. Ils fouillent les souvenirs à la recherche des traces de ce que fut leur vie: album de photos, vieilles coupures de journaux, carte postale signée d'un prénom oublié... La vie n'a plus de sens parce que la mémoire de toutes peines et de toutes douleurs est gommée par le temps qui file. Les deux vieux jettent la clé de la maison dans la rivière et, par le train de nuit, ils partent pour toujours jusqu'à la mer. Tous deux refont l'ancien chemin de l'exil vers la Nouvelle-Angleterre pour se glisser, chacun à sa façon, dans le lit de sa mort.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « AIMÉ : Florida était une belle femme. Florida était la sœur d'Eva, en plus jeune. Elle m'aimait. Probable qu'elle m'aimait plus qu'Eva. C'est peut-être parce qu'on n'était pas mariés qu'elle m'aimait autant. Je parle de Florida bien sûr. Une fois mariés, Eva et moi, on s'est moins aimés. On a fait des enfants. On a travaillé. Y avait autre chose à faire qui importait, qui prenait la place. À l'époque, aimer, c'était pas si important. On pouvait s'en passer. L'amour de Florida m'excitait et me faisait peur. J'avais peur des femmes. J'ai peur des femmes toujours, mais je sais qu'elles peuvent plus me faire du mal. Trop vieux pour ça. J'ai pas voulu lui céder à Florida. C'était de la paresse. Je voulais pas être dérangé. Toujours elle bougeait. Elle aimait danser. Jamais en place. Florida aimait pas la terre non plus, sauf pour les vacances quand elle remontait au pays. C'est là où elle était la plus belle, dans le soleil, à la campagne. Elle s'arrêtait enfin de bouger. Et je la désirais. Mais ça durait pas longtemps. C'était des vacances d'une semaine, pas plus. »

 
Anna [1989] Pour en savoir plus sur la publication
  (Boréal, 1992)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 7 février 1990.
Création
  Théâtre de la Manufacture, 7 janvier 1991
Résumé
  Anna a passé la trentaine et n'a encore rien fait de sa vie. Près d'elle et comme elle, des amis tentent de se frayer un chemin dans le monde, de se faire une place dans la vie. Elle fait un enfant, meurt d'une balle perdue. Allez savoir pourquoi.
Durée
  1 heure 40
Nombre de personnages
  3 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « ANNA : Non-non, penses-tu. Non. On baise un peu mais c'est surtout pour le métier. / LULU : Comment, le métier?... / Tu baises par métier? / ANNA : Non! Tu comprends rien. Martin, d'ailleurs il exige qu'on prononce Martine, comme en anglais, Martine, il fait de la musique, c'est son métier, et moi, j'aime bien ce qu'il fait. / LULU : Ah bon!… C'est un musicien sérieux? / Remarque que je devrais pas te demander ça. Un gars qui s'appelle Martin et qui veut qu'on dise Martine, c'est déjà tout un programme. »
Revue de presse
  « La pièce est un chevauchement de monologues et de brefs dialogues pleins de la tendresse un peu cruelle des gens qui s'aiment sans vouloir se le dire. Robert Claing écrit joliment et sait émouvoir. Son œuvre est uniquement théâtrale mais sa prose douce-amère ferait merveille, je crois, dans un roman ou des nouvelles.» Anne-Marie Lecomte, Voir, du 16 au 22 janvier 1992.
« Nouveau théâtre de l'intime, minimaliste, indirect, et drame du quotidien émietté .Anna est aux antipodes d'une approche spectaculaire et déclarative de l'écriture dramatique. » Gilbert David, Le Devoir, 4 janvier 1992.


 
Le jeu de l'ombre [1988]
Résumé
  Alors que le vieux jardinier s'occupe de ses fleurs, un peintre, impuissant devant sa toile, se demande ce qu'il pourra léguer à sa fille unique. Au même moment, sa vieille tante fait un dur bilan de sa vie. Quant aux jeunes amoureux, ils projettent un voyage, car la vie continue...
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  3 femmes, 3 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « PAUL : Ton amoureux... Ton tchum... / JULIE : Pierre... / PAUL : J’le trouve nono. / JULIE : Tu dis toujours ça. / PAUL : C’est vrai. Il m’appelle "Monsieur". / JULIE : T’aimais pas non plus te faire appeler "le vieux", ni te faire tutoyer, ni qu’on te dise "Paul"! / PAUL : Dis-le encore. / JULIE : Paul. / PAUL : Tu m’appelles jamais par mon prénom. / JULIE : J’aime mieux papa. / PAUL : Ouais... papa... Est-ce que tu me marierais? »

 
La femme d'intérieur [1986] Pour en savoir plus sur la publication
  (avec Une femme à la fenêtre, VLB Éditeur, 1989)
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 19 janvier 1988; et à la radio de Radio-Canada (Québec), 1988
Résumé
  Accompagnée de sa voisine, amie silencieuse, une femme de banlieue fait le tour de sa maison. Divorcée. Les murs sont creux. Les enfants grandissent et la vie est vide et sans drame; à peine de petites envies. C'est dans le souffle de la parole et du silence des deux femmes que le drame est caché, retenu.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  2 femmes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « ELLE : Tu crois qu'c'est normal que j'reste à maison?… Tout l'monde me dit d'sortir. Même ma mère qui s'offre de prendre les enfants. Y veulent tout' que j'me trouve un ami. Moi, tu sais c'que j'en pense… Pourquoi un autre? Ça changerait quoi?… Chuis bien ici; personne a l'air de comprendre… »
Revue de presse
  « Ça pourrait être une histoire banale. Une femme de banlieue, séparée. Deux enfants, sans travail qui se racontent. Et pourtant cette histoire a été écrite, tricotée sans échapper une maille par un auteur, Robert Claing, qui a sûrement été à l'écoute d'une ou de plusieurs femmes pour entendre avec autant de justesse l'univers intérieur d'une femme après une séparation. » Jean Beaunoyer, La Presse, 30 janvier 1988
« Le texte de La femme d'intérieur se compose de courtes scènes, séparées de noirs et de transitions musicales. On y retrouve donc le style haché de l'auteur de Marée basse et de Le temps est au noir. Par ailleurs, on reconnaît les préoccupations psychologiques de Marie Laberge, auteure et actrice, sa grande tendresse pour les êtres. Malgré son déséquilibre structurel (un personnage jouant le rôle ingrat du faire-valoir silencieux de l'autre), cette pièce à peu à voir avec les spectacles joyeusement iconoclastes du Nouveau Théâtre Expérimental, avec leur insolence brouillonne, ni avec, sur le plan formel, toute la quincaillerie de récupération dont Ronfard, Gravel et les leurs aiment s'entourer à l'Espace libre. Non. Cette œuvre presque trop discrète gagnerait à être reprise dans une petite salle moins habituée aux coups d'éclat, où elle trouverait un public plus attentif. Au Café de la place? » Michel Vaïs, Lieu, 48, septembre 1988.
«Depuis Marée basse (1983), Robert Claing élabore discrètement une œuvre qui ne veut rien affirmer, rien conquérir. Avec la délicatesse que l'on aime et ceux qui souffrent, il explore cette part des êtres et des émotions qui ne peut être nommée. Plutôt que d'éclairer et d'expliquer, Robert Claing s'aventure du côté de l'ombre et du silence, ces zones où il est si facile de perdre pied. Ses œuvres théâtrales et ses nouvelles (portées au théâtre) mettent en scène des instants de bonheur fugitifs, des moments d'angoisse, des indéterminations, des soupirs et des chuchotements. » Stéphane Lépine, Lettres québécoises, no 50, été 1988.


 
Une femme à la fenêtre [1986] Pour en savoir plus sur la publication
  (avec La femme d'intérieur, VLB Éditeur, 1989)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 26 février 1988.
Résumé
  Un auteur médiocre tente d'écrire la vie de deux êtres tout aussi médiocres : un directeur de banque et une femme de banlieue, responsable des festivités du cinquantenaire de la banque. La fiction des personnages envahit l'espace et la vie de l'écrivain tandis qu'une femme, qu'on ne voit que de dos, lui fait l'amour le jour, l'abandonne la nuit.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « ELLE : Vous auriez dû faire de la politique. / LUI : Le Parti conservateur m'a demandé… J'ai refusé. / ELLE : Vous avez un riche talent d'orateur. / LUI : Je n'ai fait que répéter ce que tout le monde savait déjà. C'était de la petite histoire. Mais les gens aiment bien entendre ce qu'ils connaissent déjà. / ELLE : C'est étrange. Ils pourraient s'ennuyer… / LUI : Mais non! On ne s'ennuie jamais devant un miroir. »

 
Le temps est au noir [1985] Pour en savoir plus sur la publication
  (précédé de La mort des rois, VLB Éditeur, 1991)
Création
  Omnibus, 9 septembre 1986
Résumé
  Un homme cherche une femme; au bout du parcours, il se trouve. Sa quête l'aura amené à examiner ce et ceux qui l'entourent, à constater que tout est en ordre, à sa place. Mais, du sous-sol, sourd la pourriture de la médiocrité. Le temps est au noir. Loin de l'anecdote réaliste, bien qu'elle soit imprégnée de réalisme, la pièce est une recherche sur l'écriture théâtrale.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes
Extrait
  « HOMME UN : Qu'est-ce que tu fais? / HOMME DEUX : J'écris. / HOMME UN : T'écris quoi? / HOMME DEUX : Des dialogues philosophiques. / HOMME UN : C'est compliqué? / HOMME DEUX : Tu sais c'est comme toujours. C'est des problèmes simples qui se compliquent en cours de route. Mon problème c'est de savoir si un homme peut désirer avoir une femme et être une femme en même temps […] Techniquement ça se fait. Mais pourquoi? Pourquoi ce désir? »
Revue de presse
  « Ceux qui n'ont jamais très bien saisi la démarche d'Omnibus, cette compagnie de mimes parlant ayant élu domicile à l'Espace Libre, ont enfin l'occasion, avec Le temps est au noir, la première production de la saison, de se familiariser sans douleur avec l'approche non-conventionnelle du mime et du théâtre favorisée depuis quelques années par cette troupe. » Raymond Bernatchez, &La Presse, 13 septembre 1986.
« Robert Claing est un des animateurs du Nouveau Théâtre Expérimental, avec Jean-Pierre Ronfard, Robert Gravel, Anne-Marie Provencher. Il a fait beaucoup de recherche du côté des formes nouvelles de la pratique théâtrale. Il a les mêmes intérêts dans son travail d'écriture dramatique. Il interroge et remet en cause le personnage, le dialogue, les indications de mises en scène, la montée dramatique, tout ce qui constitue, de tradition, une "bonne pièce de théâtre". " J'ai toujours été surpris de la froideur des indications scéniques. C'est écrit, par exemple, 'il la giffle trois fois', ce qui est horrible, mais il n'y a aucun engagement émotif de la part du scripteur. Je m'intéresse à cet homme qui explique : je le mets sur scène, comme un double de l'auteur. Il voit des choses dans sa tête, et, à la limite, le théâtre apparaît lorsqu'elles se matérialisent devant lui. Il est là dans Le temps est au noir. Les personnages n'ont pas de noms, un homme, une femme, une femme, un homme. À la rigueur, ce texte peut être comme un roman." » Aline Gélinas, La Presse, 22 mai 1986.
«Le temps est au noir est fait d'une vingtaine de courtes scènes qui ne composent ni un récit, ni un exposé de situation. Il s'agirait plutôt, comme le dit Asselin, d'un travail d' "anthropologie des sentiments". À partir du personnage d'un écrivain divorcé qui vit seul avec sa fille adolescente et de ceux. Hommes et femmes, qui l'entourent, Claing isole des moments, des états, dans des scènes qui n'essaient jamais de se conformer aux normes habituelles de la narration. » Paul Lefebvre, Le Devoir, 6 septembre 1986


 
Marée basse [1984]
Création
  Nouveau Théâtre Expérimental, 1984
Résumé
  Un homme et une femme refont le dernier château de sable. Tout se mêle et s'emmêle : passé, enfance, amour et présent. Ils retracent les liens qui ont pu les unir, les rapprocher. Mais, comme le sable, tout s'effrite, se dissout lorsque monte la grande vague; vague souvenir des voix chuchotées d'un homme et d'une femme.
Durée
  1 heure 20
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme
Extrait
  « LUI : […] T’étais belle comme ça, les jambes écartées, à pisser dans le vent... T’avais l’air d’une femme libre. / ELLE : Tu t’sens-tu libre, toé, quand tu pisses debout? / LUI : Moi non plus. (Temps.) / LUI : Un jour la mer a rejeté toute une aile d’un grand oiseau. C’est bizarre : Une aile d’oiseau qui flotte. J’ai cru d’abord que c’était une carcasse de poisson... Une aile d’oiseau... […] Toute la chair avait été grignotée jusqu’à l’os... juste une aile... »

 
Radisson [J] [1979]
Création
  Centre national des Arts, 1978
Résumé
  La vie de Pierre-Esprit Radisson, depuis son arrivée en Nouvelle-France jusqu'à sa mort en terre d'exil (l'Angleterre): sa capture et sa vie sauvage chez les Iroquois, ses découvertes au pays des Cris et ses tractations avec les Anglais et les Français. Radisson était bien lorsqu'il était libre parmi les Amérindiens, et son ultime voyage résume son irrésistible élan vers l'inconnu.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  3 femmes, 3 hommes
Extrait
  « D’AVAUGOUR : Voici donc notre grand aventurier de retour! […] / RADISSON : Seigneur, nous avons parcouru des pays fantastiques, traversé des fleuves géants, couru des risques terribles et nous rapportons à notre pays le fruit de notre labeur. / D’AVAUGOUR : Et ces fruits... sont-ils... juteux à souhait?... / RADISSON : Oh, seigneur... Vous avez la parole enjouée. Nous revenons avec plusieurs tonnes de fourrures. Nous pouvons désormais habiller toutes ces dames de la vieille France et nourrir toutes les bouches de la nouvelle. Les gens d’ici auront, encore cette année, de quoi passer l’hiver. »

 
Colette [1975]
Création
  Produit dans Colette et Pérusse
Résumé
  Voir le résumé à ce titre
Durée
  20 minutes
Nombre de personnages
  2 femmes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie

 
Colette et Pérusse [1975]
Création
  Théâtre de Quat'Sous, 1975
Résumé
  L'obsession de manger, de tout faire passer par la bouche. Colette, obèse, mange et satisfait ainsi tous ses désirs, qui sont énormes. Pérusse, sorte d'avorton, vit dans la terreur. Il réussit à tuer un père déjà mort en le maculant de boudin pendant que s'approche la grosse femme, l'ogresse qui se repaît de lui. Une orgie verbale.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « COLETTE : Non!... […] tu vas voèr!... A va v’nir me chercher! / TANTE : Ta mainre est moooorte!... / COLETTE, se bouchant les oreilles : Non!... non!... pas ça, ma tante... pas ça! / TANTE, tout près de Colette : Tu l’as tuée! M’as-tu entendue?! Tu l’as tuée quand t’es née!... Tu m’entends-tu?! (Elle la pousse.) T’étas trop grosse quand t’es née! Tu l’as défoncée pis déchirée d’un bout à l’autre!... T’as toujours été trop grosse! »