Normand CHAURETTE

Normand Chaurette est l’auteur de douze pièces publiées depuis 1980 dont les plus connues sont Provincetown Playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans, (1981); Fragments d'une lettre d'adieu lus par des géologues (1986); Les reines (1991); Le passage de l'Indiana, (pièce créée lors de la cinquantième édition du Festival d'Avignon, en 1996); Stabat Mater I (1997); Stabat Mater II (1999), et Le petit Köchel (2000). Il est aussi l'auteur d'un roman, Scènes d'enfants (1989), et de quelques nouvelles publiées principalement chez Leméac Éditeur. Il a remporté de nombreux prix et distinctions au Québec, au Canada et en Europe, dont le prix Chalmers en 1991, les prix du Gouverneur Général du Canada en 1996 et en 2001, Le Grand Prix Tchicaya U Tam'si de l'Association Beaumarchais et le Prix CIC Paris en 1997. Son théâtre est coédité par Leméac et Actes Sud – Papiers. La plupart des pièces de Normand Chaurette ont été créées à Montréal depuis 1980; en outre, elles ont été produites à Toronto, Edmonton, Vancouver, New York et dans de nombreuses villes aux États-Unis; ses pièces ont aussi été jouées à Paris (dont Les reines à la Comédie-Française en 1997), Bruxelles, Florence, Barcelone, et Édimbourg. Ses textes les plus récents ont été traduits en anglais, en italien, en catalan, en espagnol et en allemand. Normand Chaurette a aussi signé de nombreuses traductions de pièces de Shakespeare, des textes français à partir de traductions littérales d’Ibsen et de Schiller de nombreux textes pour la radio et deux scénarios de films. – 2009-01-21
(Photo : Étienne Véronneau)

   
Ce qui meurt en dernier [2007]
Création
  Coproduction du Théâtre UBU, du Théâtre Espace GO et du Théâtre français du Centre national des Arts du Canada, 15 janvier 2008
Résumé
  Londres. Seule, par un soir brumeux d’octobre 1888, une femme lit une nouvelle littéraire inspirée d’un fait divers, le récit de la rencontre entre une comtesse et son tueur. Il est vrai que, depuis peu, la police enquête sur un mystérieux Jack l'Éventreur dont la hantise pousse les Londoniennes à se barricader le soir. La lectrice constate d'étranges ressemblances entre elle et l'héroïne du récit, une certaine Martha. Apparence physique, odeurs, analogie des décors chez l'une et chez l'autre. Soudain, le bruit d'une voiture qui ralentit puis s'arrête, juste devant l'immeuble. Des pas dans l'escalier. Une visite, de celles qu'on redoute et dont on rêve à la fois. À condition que ça demeure de la fiction...
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 femme, 1 homme
Extrait
  « MARTHA VON GESCHWITZ [à Jack l'Éventreur] : Je sais que vous êtes là, juste derrière moi. [...] Montrez-vous. Ne vous contentez pas de chuchoter à mon oreille que vous avez tout votre temps. Je pourrais au moins vous répondre que le fait, pour vous, d’avoir tout votre temps me donne, à moi, l’assurance qu’après, j’aurai toute l’éternité. »
Revue de presse
  « Avant d'assister à la première de Ce qui meurt en dernier à l'Espace Go, je ne m'étais pas rendu compte que le théâtre de Normand Chaurette m'avait manqué. Dès les premières minutes de sa nouvelle pièce cependant, l'élégance de son écriture, son humour aussi, sa façon de surenchérir sur Londres et de rendre cette métropole encore plus sombre, pluvieuse et mystérieuse qu'elle ne l'est déjà me l'ont fait comprendre. L'auteur du Passage de l'Indiana est un dramaturge dont on s'ennuie parce qu'il nous emmène là où aucun autre de ses collègues n'a envie de nous entraîner: à la croisée du vrai et du faux, de la littérature et du mythe. » Hervé Guay, Le Devoir, 21 janvier 2008

 
Le petit Köchel [A] [2000] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 2000)
Création
  Coproduction du Théâtre UBU, du Festival d'Avignon et de l'Hexagone, scène nationale - Meylan, Avignon, 8 juillet 2000
Traductions
  - Traduit en allemand par Hinrich Schmidt-Henkel sous le titre de Der kleine Köchel [2001] (Suhrkamp Theaterverlag, 2001)
Deutsches Schauspielhaus Hambourg, 28 octobre 2001
- Traduit en anglais par Linda Gaboriau sous le titre de The Concise Köchel [2002] (Talonbooks, Vancouver, 2004)
Cette traduction a été présentée en lecture publique par le Tarragon Theatre, en collaboration avec le CEAD, à Toronto, les 23 et 24 novembre 2001.
Résumé
  Deux sœurs interprètes habitent ensemble. Deux sœurs musicologues arrivent. Toutes les quatre font allusion à leur carrière musicale et au fait qu'elles ont sacrifié leur fils à Mozart. Le fils, qui se terre dans la cave, a décidé de se pendre ce jour-là. Quel âge a-t-il? Qui est sa mère? Les femmes s'agitent, l'enfant a de ces exigences! Étrange partition où l'horreur perce sous l'intrigue.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  4 femmes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « CÉCILE : Et si [...] ce devait être quelqu'un d'autre, muni d'un mandat, quelqu'un dont la présence, et le flair, risqueraient fort d'aggraver la menace qui plane sur notre monde musical? Vous voulez donc que les familles, déjà mises au courant de la disparition des sœurs Heifetz, s'interrogent sur l'odeur qui provient de notre cave? »

 
Stabat mater II [1999] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur / Actes Sud – Papiers, 1999)
Création
  Théâtre du Nouveau Monde, 19 octobre 1999
Résumé
  À la morgue de Manustro, cité maudite où les jeunes filles se noient dans les écluses, des mères défilent, se croisent, prennent la parole. Elles sont venues reconnaître les dépouilles de leurs enfants. Certaines prostrées dans leur douleur, d'autres illuminées par ce deuil imprévisible.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  20 femmes (pouvant être jouées par 13 femmes)  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « TROISIÈME MÈRE : Qu'une eau soit sombre et profonde ne dissuade en rien les enfants de s'y rendre. Et les parents les laissent faire. Eux-mêmes y vont les dimanches, en maillots jaune vif, on peut les voir s'ébrouer, et les entendre rire de cela. Et les Maghrébins, qui n'ont pas de travail, qui croulent sous la canicule, vous croyez que ça les indiffère? »

 
Le passage de L'Indiana [1996] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 1996)
Création
  Théâtre Ubu au Festival d'Avignon, été 1996
Résumé
  La grande romancière Martina North dit être « la femme-qui-perd, celle-à-qui-l'on-prend ». On lui a tout dérobé, jusqu'à ses objets les plus intimes. Voici qu'un passage de son plus récent roman se retrouve mot pour mot dans le roman d'un jeune auteur à succès, Éric Mahoney. Comment le plagiaire peut-il invoquer le hasard pour se défendre?
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « MARTINA NORTH : Vous pensez que l'auteur utilise un procédé de répétition [...]. Puis, subrepticement, un mot vous frappe, comme une sorte de référence indue, un repli de votre ego vous avertit, mais c'est encore au stade de l'impression, votre propre sensibilité vous révèle que vous auriez pu écrire la même chose. Puis l'évidence, comme une collision, de plein fouet. »

 
Petit navire [E] [1996] Pour en savoir plus sur la publication
  (Heyoka Jeunesse / Leméac / Actes-Sud – Papiers, 1999 et, suivi d'un dossier de Christophe Lécullée chez Actes Sud Junior, 2006 ISBN  9 7 82742-763412)
Création
  Le Carrousel, 5 novembre 1996
Traductions
  - Traduit en espagnol pour le Mexique par Elena Guiochíns et Boris Schoemann sous le titre de Chiquito barco [2004] (Publicado por Anónimo Drama Ediciones, Enero 2005)
Résumé
  En attendant le retour de sa mère, Petit Navire, 12 ans, tente d'exprimer sa vision des choses par écrit. Sa sœur Roxane, 11 ans, cherche à découvrir le secret de la chlorophylle. Quant à la Buandière et au vieux Monsieur Wreck, ils n'hésitent pas à cacher aux enfants la vérité sur leur mère malade, en leur adressant des cartes postales des différentes étapes de son voyage.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Public visé : les enfants de 9 ans et plus
Extrait
  « MONSIEUR WRECK: Où vas-tu, Petit Navire? PETIT NAVIRE: Poster cette lettre. MONSIEUR WRECK: Qu'est-ce que c'est? PETIT NAVIRE: Ma démission. [...] J'abandonne officiellement l'école. MONSIEUR WRECK: Quoi? PETIT NAVIRE: Premièrement, je sais tout. Deuxièmement, j'ai lu qu'un enfant sur mille n'a pas besoin d'aller à l'école. Troisièmement, j'ai besoin de temps pour écrire. Quatrièmement... »

 
Stabat mater I [1996] Pour en savoir plus sur la publication
  (in Brèves d'ailleurs, Actes Sud – Papiers, 1997)
  Commandée par un lycée français, cette pièce est la première version de Stabat Mater II, produit par le Théâtre du Nouveau Monde
Création
  Maison du Geste et de l'Image, Paris, mai 1997
Résumé
  À la morgue de Manustro, vingt-quatre mères viennent tour à tour identifier les dépouilles de leurs filles noyées. Construite en forme d'oratorio non chanté mais bien pour la scène, la pièce donne la parole à chacune de ces mères par le biais de monologues, les fait aussi dialoguer entre elles et avec des personnages secondaires (le concierge, le préposé de la morgue et son épouse).
Durée
  45 minutes
Nombre de personnages
  24 femmes, 2 hommes
Un exemplaire de ce texte peut être emprunté par les usagers du centre de documentation
Extrait
  « LE PRÉPOSÉ : Mais… madame… attendez, il faut signer. / DIX-SEPTIÈME MÈRE : Je vous dis qu'elle fait semblant. »

 
Je vous écris du Caire [1993] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 1994)
Création
  Théâtre d'Aujourd'hui, 22 octobre 1993
Traductions
  - Traduit en anglais par Linda Gaboriau sous le titre de All the Verdis of Venice [1995] (Talonbooks, Vancouver, 2000)
Cette traduction a été présentée en lecture publique par le CEAD, en coproduction avec Playwrights' Workshop Montreal, au Festival de théâtre des Amériques, le 4 juin 1995.
- Traduit en italien par Francesco Randazzo sous le titre de Vi scrivo dal Cairo [2004]
Résumé
  Le compositeur Giuseppe Verdi, entouré du directeur de la Scala, d'un baryton à la retraite et de la jeune Teresa Stolz dont il est épris, est forcé de composer son opéra Don Carlo pour des raisons politiques et sous la menace d'un revolver. Une pièce sur le monde mégalomane, tragique et passionné de l'opéra et sur la liberté du créateur devant la pression du réel. Toute œuvre existe indépendamment de son créateur.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  1 femme, 4 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « VERDI : Quoi? La Stolz est ici? / LE DIRECTEUR : Allez la chercher. Terziani sort. / VERDI : La Stolz? Pas la Stolz! / LE DIRECTEUR : N'avez-vous pas déclaré publiquement que vous vouliez la réentendre? Et en privé? Vos désirs sont des ordres, Maestro. / VERDI : Jamais. Je ne me plierai jamais à vos manigances. »
Revue de presse
  « Je vous écris du Caire ne fait que confirmer l'envergure et la constance de la qualité d'écriture d'un dramaturge québécois qui mérite une place auprès de Tremblay et René-Daniel Dubois parmi les plus grands de notre théâtre. On a rarement vu un auteur mêler les genres, les faits historiques, la comédie, la passion et le drame avec autant d'habileté, d'imagination et de ressources. Dans Je vous écris du Caire, c'est le théâtre qui se glisse dans les coulisses de l'opéra. » Jean Beaunoyer, La Presse, 30 octobre 1993.
« Normand Chaurette nous livre un texte raffiné et riche, secret et éclaté, d'un ton sombre et profond, [une] matière textuelle d'envergure, [une] littérature théâtrale. » Robert Lévesque, Le Devoir, 28 octobre 1993.


 
Les reines [1991] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud – Papiers, 1991)
  Une mise en espace de ce texte a été présentée lors du projet Montréal/Paris-Paris/Montréal, une coproduction du CEAD et de Théâtrales, à Paris, le 22 juin 1991.
Création
  Théâtre d'Aujourd'hui, 18 janvier 1991; Théâtre du Vieux-Colombier de la Comédie-Française, 6 mai 1997
Traductions
  - Traduit en anglais par Linda Gaboriau sous le titre de The Queens [1992] (Talonbooks, Vancouver, 1998)
Cette traduction a été réalisée en collaboration avec le Banff Playwrights' Colony, 1992.
Canadian Stage Company (Toronto), 1992
- Traduit en italien par Barbara Nativi sous le titre de Le regine [1995] (in Il Tetro del Québec, Éditions Ubulibri, 1995)
Cette traduction a été présentée en lecture publique au Intercity/Montréal 2, en collaboration avec le CEAD, à Florence, le 9 octobre 1995
Teatro della Limonaia, Florence, 1995
Résumé
  Londres, janvier 1483. Un climat d'épouvante règne sur le palais. Gloucester s'apprête à assassiner les enfants d'Élisabeth pendant que le roi Édouard agonise. Dans la Tour, les reines vont et viennent, guindées, revêches et blafardes. Leur intuition capte l'imminence de la mort avec une telle acuité que les raisons s'en trouvent ébranlées, les conflits personnels confondus avec les conflits royaux, universels, métaphysiques. C'est le désespoir qui culmine, comme la lune qui transparaît et s'estompe, livide, derrière des tissus de brouillard que le vent déchire et recoud.
Durée
  2 heures 30
Nombre de personnages
  6 femmes (6F0H)  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « Anne Dexter : Ne les nourris | Que de… tendresse! | Oui | Avant que tout s'effondre | Cette journée nous aura permis | De tout voir et de tout entendre | Nos murs s'effritent | Sous l'emprise du gel | Nous ne savons plus | Si c'est jour ou la nuit | Le roi s'écroule | Et l'univers avec lui | Notre maison est à la merci | De ces intruses de Warwick | Et j'entends ma mère | Qui dit le mot " tendresse " | Ai-je bien entendu? | " Tendresse " | Dans la bouche de ma mère! | Regarde-moi | Regarde-moi et redis-le. / LA DUCHESSE D'YORK : Je ne te connais pas. »
Revue de presse
  « C'est un texte riche et dense, dans lequel les passions les plus vives sont peintes sans retenue, à grand traits tragiques qui vous rappellent combien l'humaine nature peut-être vile et misérable, fut-ce chez les grands de ce monde. » Vincent Desautels, Voir, du 30 octobre au 5 novembre 1997.
« Les pièces de l'auteur montréalais sont des créatures somptueuses mais farouches […]. Des êtres à la parole ample, souple, musicale, poétique et d'un insolite parfois déroutant. C'est un grand texte. Il laboure creux dans l'opportunisme pervers comme dans l'humanité ou les reliquats d'humanité de ces femmes empruntées à l'histoire d'Angleterre, et pour quatre d'entre elles, au Richard III de Shakespeare.[…] Il faut voir Les reines. Pour la rigueur qui se dégage de cette étreinte passionnée avec un grand texte. » Jean St-Hilaire, Le Soleil, 23 octobre 1997.


 
Fragments d'une lettre d'adieu lus par des géologues [1986] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1986; Actes Sud – Papiers, 2000)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, en collaboration avec le Théâtre international de langue française, à Montréal et à Québec, les 2 et 9 septembre 1987.
Création
  Théâtre de Quat'Sous, le 8 mars 1988
Traductions
  - Traduit en anglais par Linda Gaboriau sous le titre de Fragments of a Farewell Letter Read by Geologists [1989] (Talonbooks, Vancouver, 1998)
Cette traduction a été présentée en lecture publique par le Prairie Theatre Exchange, dans le cadre d'un échange intitulé «Passages» avec le CEAD, à Winnipeg, le 23 avril 1989.
Cahoots Theatre Projects, Toronto, 1991
- Traduit en catalan par Sergi Belbel sous le titre de Fragments d'una carte de comiat llegits per geòlegs [2000]
Cette traduction a été créée à la scène, lors d'un événement intitulé Tetre des Quebec, organisé par Copec Cultura de Catalunya, Departament de Cultura, le gouvernement du Québec, en association avec l'Institut del Teatre, le Teatre Nacional de Catalunya et le Teatre Lliure, en février 2000.
Teatre Lliure, (Catalogne) 2 février 2000
- Traduit en italien par Francesca Moccagatta sous le titre de Frammenti di una lettera d'addio letti dai geologi [1993] (in Il teatro del Québec, Éditions Ubulibri, Milan, 1994)
Coproduction de Intercity-Krypton et du Laboratorio Nove, Florence, 1er octobre 1993
Résumé
  La pensée rationnelle et le jargon scientifique : un étrange lexique rempli de sonorités qui rendent le savoir désespérément incommunicable. Au cours d'une commission d'enquête sur l'échec d'une expédition au Cambodge, où un ingénieur a trouvé la mort, des hommes de science exposent leur vision de la tragédie.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  1 femme, 6 hommes (1F6H)  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « CARLA VAN SAIKIN : Ils ont rapporté ses os du Mékong. On l'a reconnu, tout compte fait. C'est bien lui, c'est bien le bon sternum. « Votre mari Toni van Saikin est mort au cours de l'expédition, en voici la preuve. » … Lui et moi avions cela en commun : cet amour énorme, cette passion des choses exactes. Je lui avait dit au moment de son départ : Il y a dans le limon de ces fleuves des propriétés naturelles, j'aimerais pouvoir les analyser, les rendre à l'état pur, enfin, tu verras par toi-même, tu m'écriras… » Nos dernières paroles! »
Revue de presse
  « Normand Chaurette écrit des pièces qui défient le théâtre lui-même. On y cherche en vain sujets et conflits car de ses indéchiffrables drames – c'est un théâtre grave sans catastrophe apparente – ne ressort au bout du compte qu'un sentiment d'étrangeté, une indéfinissable légèreté dans le sentiment de la perte ou de l'échec, un climat trouble, quelque chose d'un suspense continuel, fondamental, jamais élucidé […] théâtre prodigieusement intelligent mais difficile. » Robert Lévesque, Le Devoir, 27 octobre 1995.
« C'est une pièce sans appartenance, sans pays, sans croyance, c'est un monument de liberté qui survivra à Normand Chaurette dans le prochain siècle. Et évidemment, comme toutes les œuvres marquantes, c'est d'une grande simplicité trompeuse. Le propos est suffisamment simple pour laisser la place a tous les fantômes, au grand vide de l'existence.[…] Un texte magistral, envahissant. », Jean Beaunoyer, La Presse, 28 octobre 1995.
« Dans le texte étroitement composé de Chaurette, d'une langue claire et hyper-logique, coule le lyrisme méthodique d'une enquête qui verse lentement vers la métaphysique.[…] il n'y a pas de corps dans le théâtre de Chaurette. Il y a des esprits, des voix, une poésie, la métaphysique d'une situation, mais pas de personnages comme tels. Les voix sont seules.» Robert Lévesque, Le Devoir, 15 mars 1988.


 
La société de Métis [1981-1982] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1983)
Création
  Les Têtes Heureuses, 30 octobre 1986
Résumé
  Juillet 1954. Zoé la milliardaire, Octave le jeune aveugle, Casimir le capitaine des pompiers et Paméla la cousine du célèbre pianiste Anthony Dickson revivent le souvenir d'un été sur la côte. L'histoire tourne autour d'un peintre, dont les portraits qu'il a faits de cette petite société de Métis-sur-Mer représentent, au yeux de leurs modèles, un gage d'éternité; ils poursuivront leur reflet jusque dans un autre monde, celui d'un musée.
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  2 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « PAMELA : Anthony, mon cousin... / OCTAVE : Quelle heure est-il? / PAMELA : Il disait que la gloire... / ZOÉ : Tiens, il est quatre heures... / PAMELA : c'était posthume... / CASIMIR : Vous vous souvenez de ces étés à Métis? Lorsqu'il était quatre heures... / PAMELA : Il se trompait. Il n'y a pas de gloire. / CASIMIR : Madame Pé disait:... / ZOÉ : Du soleil aujourd'hui... / PAMELA : Il se trompait, mon cousin... »

 
Provincetown Playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans [1978] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1981)
Création
  Productions Provincetown Playhouse, septembre 1982
Traductions
  - Traduit en anglais par William Boulet sous le titre de Provincetown Playhouse, July 1919 [1986] (in Québec Voices – Three Plays, Coach House Press, Toronto, 1986)
Cette traduction a été présentée en lecture publique par le Ubu Repertory Theatre, en coproduction avec le CEAD, à New York, le 17 octobre 1984.
Buddies in Bad Times Theatre (Toronto), décembre 1986
- Traduit en italien par Francesca Moccagatta sous le titre de Provincetown Playhouse, luglio 1919, avevo 19 anni
Résumé
  En dix-neuf tableaux lancinants, égrenés en écho, Charles Charles 38 se remémore un soir de pleine lune au bord de la mer, dix-neuf ans plus tôt. Lui-même et ses deux amis donnaient l'unique représentation de sa pièce sur l'Immolation de la Beauté, pièce dans laquelle un enfant était éventré de dix-neuf coups de couteau. Mais savaient-ils que le sac contenait réellement un enfant? Quelle image insupportable hante, encore aujourd'hui, l'esprit de l'auteur, Charles Charles 38?
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  4 hommes
Extrait
  « CHARLES CHARLES 38 : Les trois suspects qui ont comparu ce matin devant le juge Taylor de la cour du Rhode Island nient formellement avoir été informés que le sac contenait un enfant. / CHARLES CHARLES 38 : " Dans la pièce que vous jouiiez, que devait contenir ce sac? " a demandé le juge au jeune Byron. / CHARLES CHARLES 19 : " Hélas, un enfant! "  a-t-il répondu. »
Revue de presse
  « Provincetown Playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans figure déjà comme un "classique" de la dramaturgie québécoise. Avec raison, puisqu'il s'agit d'un texte merveilleux, à la fois drôle, éclaté et poétique. C'est aussi une pièce avec une construction peu conventionnelle, exigeante à monter. » Luc Boulanger, Voir du 19 au 25 mars 1992.
« Cette œuvre mérite sa place au sein des pièces du répertoire québécois. Une grande place qui se situe en dehors du temps puisque Normand Chaurette a réussi à frôler l'absolu avec cette œuvre à multiples dimensions alors que les personnages deviennent les spectateurs de leur pièce, alors que la poésie se matérialise, alors que le théâtre questionne la réalité. » Jean Beaunoyer, La Presse, 14 mars 1992.


 
Fêtes d'automne [1976-1982] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1982)
Création
  Théâtre du Nouveau Monde, 19 mars 1982
Résumé
  Construite comme un requiem, cette mélopée renoue l'imaginaire et le sacré à travers le journal fasciné d'une collégienne poète : Joa abandonne sa mère Memnon à ses cauchemars pour se donner, dans la mort, au Roi Septant, son amant crucifié. Leurs noces éternelles coïncideront avec la célébration mythique des Fêtes d'automne.
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  4 femmes, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « MAGALI : Elle nous parle d'un certain autre monde. Mais inventer des mondes un peu partout est une solution facile, vous ne trouvez pas? / MEMNON : Ce séminariste, elle le revoit souvent? / MAGALI : Vous voulez parler de ce millionnaire? / MEMNON : Oui, ses parents sont des gens très bien, je suppose? / MAGALI : On s'en moque. D'autant plus que ses parents doivent acheter le silence des Dames de la Merci qui ont surpris le brillant séminariste et votre fille, tout nus tous les deux, dans un parc. »

 
Rêve d'une nuit d'hôpital [1975] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1980)
Création
  Théâtre de Quat'Sous, 9 janvier 1980
Résumé
  L'univers désaccordé d'Émile Nelligan évoqué en douze tableaux mi-réels, mi-rêvés, cristallisés en trois lieux (l'école: monde des hommes, les vacances familiales et l'hôpital) et habités par d'innombrables figures féminines (la mère, les sœurs/infirmières, etc.). Univers halluciné remémoré par le poète et par un chœur dont les répliques sont émaillées d'extraits de poèmes.
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  12 personnages (6 femmes, 6 hommes) et un chœur pouvant être joués par 3 femmes et 3 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « LE RECTEUR : Vous croyez qu'il m'a entendu? / L'INSTITUTEUR : Allez savoir! On hurlerait qu'il ne fermerait même pas les yeux. Je vous le dis, il est bizarre. L'autre nuit, j'ai rêvé qu'il était en enfer. Il côtoyait les Pharisiens et il implorait Lazare. Bien sûr, c'était une parabole… Mais je crois beaucoup aux paraboles. Elles en disent long sur les êtres… / LE RECTEUR, sévère : Tiens! Vous avez lu Rimbaud? / L'INSTITUTEUR, après un temps, narquois : Et vous aussi, monsieur le recteur! »

 
TRADUCTIONS, TRANSPOSITIONS, COLLAGES, AUTRES TEXTES...

La tragédie d'Othello, le Maure de Venise [2006]
  (Auteurs dramatiques en ligne inc. – ADEL inc. 2008) Copie disponible pour le prêt au CEAD, traduction de The Tragedy of Othello, the Moore of Venice de William Shakespeare [1604]
Création
  Coproduction du Théâtre UBU et du Théâtre français du Centre national des arts, 1er novembre 2007
Genre
  Tragédie

 
La nuit des rois ou Ce que vous voudrez [2002]
  (Auteurs dramatiques en ligne inc. – ADEL inc., 2006) Copie disponible pour le prêt au CEAD, traduction de Twelfth Night or What You Will de William Shakespeare
Création
  Théâtre du Nouveau Monde, 10 décembre 2002  Pour en savoir plus sur la distribution

 
Les joyeuses commères de Windsor [1999]
  (Auteurs dramatiques en ligne inc. – ADEL inc., 2006) Copie disponible pour le prêt au CEAD, traduction de The Merry Wives of Windsor de William Shakespeare
Création
  Théâtre du Nouveau Monde, avril 2000  Pour en savoir plus sur la distribution

 
La tragédie de Coriolan [1998]
  traduction de Coriolanus de William Shakespeare [1608], en collaboration avec Joël Jouanneau
Création
  Théâtre de l'Athénée-Louis-Jouvet (Paris), 29 septembre 1998

 
Roméo et Juliette [1998]
  (Auteurs dramatiques en ligne inc. – ADEL inc., 2006) Copie disponible pour le prêt au CEAD, traduction de Romeo and Juliet de William Shakespeare [1597]
  d'après Romeo and Juliet de Shakespeare
Création
  Théâtre du Nouveau Monde, 14 janvier 1999  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie

 
La tempête [1997]
  (Auteurs dramatiques en ligne inc. – ADEL inc., 2006) Copie disponible pour le prêt au CEAD, traduction de The Tempest de William Shakespeare [1611]
Création
  Théâtre du Trident (Québec), 28 avril 1998  Pour en savoir plus sur la distribution

 
Hedda Gabler [1996]
  traduction de Hedda Gabler de Henrik Ibsen [1890]
  d'après une traduction littérale de Sigrid Simonsen
Création
  Théâtre du Nouveau Monde, 19 mars 1996

 
Le songe d'une nuit d'été [1995]
  (Auteurs dramatiques en ligne inc. – ADEL inc., 2006) Copie disponible pour le prêt au CEAD, traduction de A Midsummer Night's Dream de William Shakespeare [1595]
Création
  Théâtre du Trident, 3 octobre 1995
Genre
  Comédie

 
Marie Stuart [1995]
  traduction de Marie Stuart de Johann Christoph Friedrich von Schiller, en collaboration avec Marie-Élisabeth Morf
  (traduction littérale)
Création
  Coproduction de la Nouvelle Compagnie Théâtrale et du Centre national des Arts, 9 mars 1995

 
Comme il vous plaira [1993]
  (Auteurs dramatiques en ligne inc. – ADEL inc., 2006) Copie disponible pour le prêt au CEAD, traduction de As You Like it de William Shakespeare
Création
  Nouvelle Compagnie Théâtrale, le 4 avril 1994