Gaëtan BRULOTTE

Après des études littéraires à l'Université Laval et à l'École des Hautes Études à Paris, Gaëtan Brulotte a publié un roman (L'emprise), des recueils de nouvelles (Le surveillant, Ce qui nous tient, Épreuves, La vie de biais), ainsi que des essais (L'univers de Jean-Paul Lemieux, Œuvres de chair, Figures du discours érotique, Les cahiers de Limentinus, Lectures fin de siècle, La chambre des lucidités), des ouvrages en général bien reçus par la critique et le public. Certaines de ses œuvres narratives ont été adaptées pour la télévision de même que pour la scène et présentées au Canada, en France, en Belgique et aux États-Unis. Il a produit une soixantaine de textes pour la radio et des scénarios pour la télévision et le cinéma. Couronnés de plusieurs prix littéraires, traduits en plusieurs langues, ses écrits figurent dans d'innombrables anthologies et manuels de littérature. Une équipe de collaborateurs de divers pays, dirigée par Claudine Fisher, a publié une monographie sur son œuvre: Gaëtan Brulotte: une nouvelle écriture (New York: Mellen), livre qui a remporté le Prix international d'études francophones à Strasbourg. Il a abordé l'écriture théâtrale avec Le client, Premier prix des dramatiques de Radio-Canada, et créé à la scène en France en 2001 au Festival d'Avignon par la compagnie La Patience dans une mise en scène de Charles Tordjman. Le client a été repris en France par la suite plusieurs fois. Sa deuxième pièce, La liquidation a été montée en extraits dans le cadre d'un cours de théâtre par Marie Bernanoce à l'Université Stendhal de Grenoble en 2007 et sélectionnée par le comité de lecture de Fontenay-sous-Bois (France) en 2009. Pour en savoir plus, consulter le site personnel de l'auteur à www.gbrulotte.com. — 2010-02-09

 
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Index alphabétique des titres
La liquidation Le client
 
La liquidation [2007]
Résumé
  Trois générations en autant d’univers et de solitudes : la vieille mère, sa fille divorcée et la jeune fille de cette dernière. L'héritière liquide tous les biens de sa mère, dans une sorte de vide-grenier improvisé en présence de la future défunte. Dans un climat de déraison où se mêlent le rire et la violence, de nombreux clients se succèdent. Les objets s'envolent à bas prix quand ils ne sont pas volés et, avec eux, les souvenirs familiaux. Des religieux réclament aussi des dons pour leurs églises respectives et un couple de voisins peu ordinaire assiste à la vente. Le sort de la vieille mère se joue ainsi sous nos yeux.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  8 femmes, 10 hommes pouvant être interprétés par 7 comédiens  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  «LE CLIENT 1 : Nous sommes de l'Église des "Anges réincarnés". / PAT : Ah! l'immense bâtisse du coin de la rue? / LE CLIENT 2 : Oui, enfin, "immense", n'exagérons pas. Elle est seulement grande, disons, pour accueillir le nombre croissant de nos fidèles. Nous l'avons agrandie grâce à la générosité de nos bienheureux donateurs. / LE CLIENT 1 : Voilà pourquoi nous sommes très intéressés par votre incroyable vide-grenier. [...] »

 
Le client [2001] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Lansman, Belgique, 2001)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, hors la Semaine de la dramaturgie, en 2002.
Création
  Compagnie La Patience, mai 2001
Traductions
  - Traduit en anglais par Richard Lebeau sous le titre de One Shop Stopping [2008]
Résumé
  Dans cet assemblage minutieux de 70 pièces que constitue un violon, il y a un monde; mais dans la boutique de Mac, le luthier, se trouve tout un univers dans lequel un client, qui passait par là, sera invité à entrer pour s'y voir par la suite absorbé. Entre réalisme et fantasmagorie, nous ferons avec lui un voyage vers la perfection : celle des violons de Mac, de l'un d'entre eux en particulier. Le client deviendra finalement, en bout de course, celui à qui tout reviendra au décès du luthier : des violons rarissimes au son transcendant, des outils, une maison-atelier, mais aussi Mélanie, compagne de fortune de Mac, estropiée de la vie au comportement mystérieux.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 femme, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « MAC : Aimer! Ce n'est pas le mot, Monsieur! C'est de la folie! J'y ai consacré ma vie! Les violons, ce n'est pas un métier comme les autres, Monsieur! Non, non, non, non, ce n'est pas un métier comme les autres! C'est une manière de respirer! C'est une façon d'être au monde!… Si j'aime les violons? Mais je les adore, Monsieur! Toute ma vie, j'ai fait d'énormes sacrifices pour cet instrument. Une passion exclusive, qui a presque tout remplacé pour moi, vous comprenez. Je n'ai jamais eu une vie normale, je veux dire une vie comme tout le monde. »
Revue de presse
  « Chaurette, Tremblay, Garneau, Fréchette. La littérature dramatique québécoise est, depuis quelques années, bien présente sur nos scènes. Il faut désormais compter avec Gaëtan Brulotte. (…) Pièce étrange et envoûtante, au climat assez voisin de l'univers de Pinter ou de Beckett (…) On ne sort pas indemne de ce fin spectacle, tissé au fil de soie, et on se réjouit de découvrir en Gaëtan Brulotte un écrivain de théâtre à l'univers insolite, à l'écriture précise, riche d'un implicite qui ouvre sur des arrière-plans profonds. » Jean-Pierre Siméon, L'Humanité, 20 juillet 2001, p.19 « Première surprise : c'est une vraie pièce, qui retient l'attention. Un huis-clos de l'insolite et de l'absurde qui se déroule entre un vieux luthier, une jeune femme autiste qui lui tient compagnie et un client de passage, violoniste à ses heures, au passé étrange et chargé. Une oeuvre bien écrite et ficelée qui s'inscrit dans la tradition de Beckett et Ionesco -et pour le Québec, qui s'apparente à Chaurette plus qu'à Tremblay. Mise en scène dépouillée et efficace, d'excellents comédiens, à commencer par le metteur en scène Charles Tordjman dans le rôle du luthier.» Louis-Bernard Robitaille, La Presse, Montréal, le 21 juillet 2001, p. D-14. «Cette œuvre est une des plus belles qui soient dans ce festival (...) L'écriture est au plus près de l'action, au plus près de l'homme, au plus près de l'âme. Le Client révèle une connaissance aiguë des contorsions du coeur, des circonvolutions du cerveau, des bégaiements de la raison, des bafouillages de la vie. » Vincent Cambier, www.ruedutheatre.info, 29 juillet 2003.