Geneviève BILLETTE

Geneviève Billette est bachelière en études françaises de l’Université de Montréal et diplômée en écriture dramatique de l'École nationale de théâtre du Canada. Parmi ses pièces portées à la scène, mentionnons Crime contre l’humanité et Le goûteur, (Théâtre PàP), Gibraltar dans Les Zurbains (Théâtre Le Clou), Les éphémères (Conservatoire de Montréal) et Le pays des genoux (Le Carrousel). Son écriture a également été présentée en France, au Mexique, en Suisse et au Canada anglais. Geneviève Billette a été récipiendaire de la Prime à la création du Fonds Gratien-Gélinas (2001), du Prix Paul-Gilson (2004) et du prix du Gouverneur général (2005) pour Le pays des genoux. Elle a également écrit plusieurs textes pour la radio et signé trois traductions de textes mexicains. Son tout dernier texte, Évariste Galois contre le temps a été présenté en lecture publique par le CEAD, en janvier 2009. Geneviève Billette est membre du conseil d’administration du Centre des auteurs dramatiques (CEAD). — 2009-09-26
(Photo : Julien Tremblay-Léger)

 
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Index alphabétique des titres
Crime contre l'humanité Évariste Galois contre le temps Le goûteur Le pays des genoux Les filles du Commodore 64 Phèdre et autres labyrinthes
 
Évariste Galois contre le temps [2009]
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 26 janvier 2009.
Résumé
  Paris, 1832. Évariste vient d’être libéré de prison et se consacre avec urgence à son traité d’algèbre. Sa mère l’attend, empêchée de le voir par un curieux personnage, et ignore que son fils est convoqué à un duel auquel il ne peut échapper. En cette nuit exceptionnelle, les souvenirs d’Évariste se bousculent alors que sa mère s’aperçoit qu’il n’est peut-être pas le seul responsable de ses difficultés. Portrait d’un jeune génie mathématicien dont les découvertes et la portée du regard sont les farouches adversaires d’un conservatisme que seul le profit immédiat intéresse.
Durée
  2 heures 10
Nombre de personnages
  2 femmes, 6 hommes
Extrait
  « AUGUSTIN : Allez… Quand tu iras solliciter un mécène, tu lui diras quoi. À qui tes groupes profiteront dans l’immédiat ? ÉVARISTE : À personne. Dans l’immédiat, à personne. Non… ce n’est pas pour nous. Les chimistes s’en empareront sûrement. Les physiciens aussi. Mais les applications concrètes comme tu dis, selon moi, elles ne seront visibles que dans cent, deux cents ans. / AUGUSTIN : Deux cents ans ? / ÉVARISTE : Pourquoi tu me regardes le crâne ? / AUGUSTIN : C’est impossible. Personne ne … Nous sommes en retard, Évariste. Nous accusons un grave retard. Tout le monde travaille à rattraper ce retard. / ÉVARISTE : Et…ça se passe bien ? »

 
Le pays des genoux [E] [2001] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac / Actes Sud - Papiers, 2004)
Texte gagnant de la Prime à la création du Fonds Gratien-Gélinas en 2001
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 4 décembre 2001.
Création
  Coproduction du Théâtre Le Carrousel, du Théâtre de la Ville et de l'Espace Malraux - Scène nationale de Chambéry et de la Savoie et du Grand Théâtre de Lorient (France), à Chambéry, le 11 janvier 2005
Traductions
  - Traduit en anglais par Michael Gauthier sous le titre de The Land of Knees [2006] (Playwrights Canada Press, 2008)
Résumé
  Timothée et Sammy se rejoignent en secret : ils veulent partir pour le pays des genoux, là où l'amour ne s'épuise pas. Mais Timothée se retrouve emprisonné sous les décombres d'une salle de théâtre avec Sarah, une petite fille qui n'arrive plus à chanter... Leur départ est compromis. Cependant, l'amitié, nouvelle ou confirmée, saura pallier cette déception.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme, 2 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « SAMMY : J'ai dit aux secours que j'allais te demander de crier. Ils m'ont dit que tu ne m'entendrais pas, et qu'un cri, ce ne serait pas assez pour percer la prison de silence. Je sais que tu m'entends,Timothée. Parce que toi et moi, on est reliés. Par un fil électrique, qui donne des chocs. Je sais que je vais finir par entendre ton cœur. Au premier battement, je leur dirai où fouiller. Mon ami, j'attends ton signal. »

 
Le goûteur [1998] Pour en savoir plus sur la publication
  (Léméac Éditeur, 2002)
Création
  École nationale de théâtre, 12 février 1999; Théâtre PàP, 5 mars 2002
Traductions
  - Traduit en anglais par Bobby Theodore sous le titre de The Taster [2008] (Playwrights Canada Press, 2008)
Résumé
  Nils, 15 ans, est un génie sensoriel. Doté de papilles gustatives surdéveloppées, il devient goûteur de puces électroniques pour l'entreprise Odibé. La saveur de la technologie lui permet d'oublier celle de l'art, terrifiante, qu'il a goûtée dans son enfance. Ici, aucune trace d'humanité n'est tolérée et toutes les œuvres d'art ont été refoulées depuis longtemps dans un caveau scellé. Mais leur gardien, le vieux Sacha, entend mettre fin à cette amnésie généralisée. Il incite Nils à découvrir le goût de l'amour, avec l'espoir d'ouvrir une brèche dans les cœurs et les consciences qui se sont blindés contre la vie, sa violence et son excès.
Genre
  comédie dramatique
Durée
  2 heures
Nombre de personnages
  3 femmes, 3 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Public visé : Adultes
Extrait
  « NILS : L'infinie impureté, je la détecte. / OCTAVIE : Arrête, Nils. Crache les puces. / NILS : Le métal goûte, outrageusement. Le cuivre surtout. Totalement impudique. Il se révèle au contact même de la salive. Le ratio roche-métal du minerai d'extraction se confie à mes papilles. Puce impure. Puce approuvée. Ton travail d'une journée, je le fais en une heure. »
Revue de presse
  « Depuis Crime contre l'humanité, en 1999, la dramaturge représente une voix nouvelle et signifiante dans le paysage dramatique québécois, grâce à une écriture recherchée, un style et un univers bien à elle, ainsi qu'une saine ambition. » Luc Boulanger, Voir, 14 au 20 mars 2002.
« Le commentaire qui émane de la pièce découd ce qu'il est désormais convenu d'appeler la "culture" des entreprises, dont le seul objectif est de remplir les coffres, à n'importe quel prix, au coût, notamment, du laminage des individualités. Tout en demeurant d'une virulence joyeuse, la critique de Billette évite le dogmatisme et la morale; elle s'exprime de manière très personnelle, à travers une écriture juste et soignée. […] Le comique, ici, demeure toujours organique; il ne résume pas une étiquette populaire, il ne s'exhibe pas en gadget servant à appâter le spectateur mais décollé de la pièce. » Solange Lévesque, Le Devoir, 11 mars 2002


 
Crime contre l'humanité [1997] Pour en savoir plus sur la publication
  (Leméac Éditeur, 1999)
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 8 décembre 1998.
Le mercredi 25 janvier à 20 h Marie-Thérèse Fortin, directrice artistique du Théâtre d’Aujourd’hui, a lu un extrait de ce texte, en lever de rideau, au Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal), le 25 janvier 2006.
Création
  Théâtre PàP, 19 octobre 1999
Traductions
  - Traduit en anglais par Bobby Theodore sous le titre de Crime Against Humanity [2001] (Playwrights Canada Press, 2004; also in FORSYTH, Louise H., Anthology of Québec Women’s Plays in English Translation, Volume II: 1987-2003 )
Résumé
  L'Industriel veut convaincre son voisin, Kalr (le « r » a glissé) de lui céder son terrain. Ce dernier négocie avec des armes étrangement subversives : odeur, démangeaisons, vocabulaire, sommeil, pulsions... L'univers laminé d'ouvriers et de patrons bascule dans l'inédit. Allégorie méchante et étincelante de ce pouvoir multiforme dont chacun a soif.
Durée
  1 heure 20
Nombre de personnages
  2 femmes, 3 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « MADAME : Cède le terrain. Solutionnons le déficit. / (Kalr crache.) / MADAME. [MOI AUSSI, ÇA ME GRATTE.] D’abord le terrain. Signe. / KALR : Jamais! / MADAME : L’efficacité de mon verbe peut tuer. [PUCEAU, PETIOT.] Sauve ta peau. [SAUVE MA PEAU.] / KALR : Aaah! C’est trop violent… / MADAME : [ LES PUCEAUX, JE LES SENS.] / KALR : Ce ne peut pas être que la bêtise… / MADAME : Les (rats) piégés s’auto mutilent. Signe. Reste digne. / KALR : Là, à l’instant, vous n’avez rien dit de stupide… / MADAME : L’expansion urge. [MA CULOTTE S’USE.] Productivité. »
Revue de presse
  « Surréaliste et absurde. C'est d'ailleurs là une des choses qui séduisent dans ce Crime contre l'humanité: malgré tout ce qu'il compte de déstabilisant dans le ton et le style, c'est sans heurts que ses événements s'emboîtent et glissent les uns avec ou sur les autres. » Sonia Sarfati, La Presse, 8 octobre 1999.
« Cela dit, le thème central n'est pas l'industrie ou l'esprit d'entreprise. Geneviève Billette utilise l'industrie comme métaphore. Elle s'en sert comme condensé pur jus de ce que vivre veut dire, aujourd'hui, maintenant. » Stéphane Baillargeon, Le Devoir, les samedi 2 et dimanche 3 octobre 1999.
« C'est un objet théâtral étrange et fascinant, voire déconcertant, oscillant entre l'humour noir et la révolte, qui viendra clore le siècle du théâtre PàP. » Luc Boulanger, Voir, du 30 septembre au 6 octobre 1999.


 
TRADUCTIONS, TRANSPOSITIONS, COLLAGES, AUTRES TEXTES...

Les filles du Commodore 64 [2005]
  traduction de Las chicas des 3.5" floppies de Luis Enrique Gutiérrez Ortiz Monasterio [2004]
  Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, en coproduction avec le Festival de théâtre des Amériques et le Centro Cultural Helénico de Mexico, lors de l’événement « Le CEAD au FTA », le 2 juin 2005.
Résumé
  Dans la vie de ces deux femmes sans nom, il y a la coke et le hash, le sexe, les ex-conjoints et les enfants mis de côté, la quête constante et imparable de l’argent qui leur permettrait de vivre encore plus, encore mieux. Et il y a aussi un bar, le Commodore 64, lieu de tous les plaisirs comme de tous les possibles, ouverture sur un ailleurs où résiderait quelque chose comme l’espoir…
Durée
  1 heure 15
Nombre de personnages
  4 femmes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « J’appelle ma mère? / Si tu veux, mais tu vas pas me l’amener ici à onze heures du soir pour me demander si j’ai de la coke. / Ma mère est une personne convenable. / Si tu le dis. Y me semble qu’on avait fini de parler de ta mère. / Non. On en était au principe de réétablir une relation. On éprouve tous la nécessité d’avoir une mère. / Pas moi. »

 
Phèdre et autres labyrinthes [2003]
  traduction de Fedras y otras griegas de Ximena Escalante [2002] Cette traduction a été présentée en lecture publique par le CEAD, lors de « Mexico Montréal », en collaboration avec le Centro Cultural Helénico de Mexico et le Festival de théâtre des Amériques, le 5 juin 2003. Pour en savoir plus sur les autres activités du CEAD
Création
  Théâtre de l'Inconnu (Québec), 13 septembre 2005
Résumé
  Une relecture moderne du mythe de Phèdre qui explore les chapitres moins connus de la vie de celle-ci tout en permettant une incursion mordante et unique dans l'imaginaire féminin.
Genre
  Comédie tragique
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  4 femmes, 3 hommes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « TIRÉSIAS : Petite… Qu’est-ce que tu me veux? / PHÈDRE : Comment tu sais que je te regarde? / TIRÉSIAS : Je te sens. / PHÈDRE : Qu’est-ce que tu sens? / TIRÉSIAS : Toi, tout entière. Je sens que mon allure te déplaît et que tu te demandes pourquoi je suis affreux. / PHÈDRE : Qu’est-ce qu’il t’est arrivé? / TIRÉSIAS : Je suis vieux. / PHÈDRE : Je sais: quand tu étais petit, tu étais grossier. / TIRÉSIAS : ... / PHÈDRE : Tu disais des menteries. / TIRÉSIAS : ... / PHÈDRE : Tu ne finissais pas ton assiette. / TIRÉSIAS : ... / PHÈDRE : Tu étais morbide. / TIRÉSIAS : Morbide? / PHÈDRE : Oui, tu regardais tes parents par le trou de la serrure. »