Anne-Marie ALONZO [1931-2005]

Docteure en littérature, Anne-Marie Alonzo a signé depuis 1979 des textes de création et d'analyse publiés dans des revues d'ici et de l'étranger. Membre du comité de rédaction d'Estuaire de 1984 à 1987, elle collabore également à la revue fruits (Paris), dont elle assure la diffusion au Québec, est cofondatrice de la revue culturelle TROIS et est l'auteure de dix-huit ouvrages (dont cinq en collaboration avec des artistes visuels). Bleus de mine lui a valu le prix Émile-Nelligan en 1985 et Galia qu'elle nommait amour, le Grand Prix d'excellence artistique de Laval, en 1992. Éditrice, elle a dirigé la collection « fiction » des Éditions Nouvelle Optique et a été membre du comité de lecture des Éditions de la Pleine Lune. En 1980 et 1986, elle a enseigné l'écriture dramatique à l'Université de Montréal. En 1981, elle fonde la Troupe Auto/Graphe avec Myrianne Pavlovic et Mona Latif-Ghattas. La troupe a monté Veille de Anne-Marie Alonzo, City Lights de Jean-Paul Daoust et Les chants du Karawane, texte et mise en scène de Mona Latif-Ghattas. Depuis, elle codirige les Éditions TROIS. En 1987, elle fonde les Productions A.M.A., une entreprise de livres-cassettes dont elle assure la direction. En 1989, elle crée le seul événement littéraire de longue durée en période estivale, le Festival de TROIS. En 1996, Anne-Marie Alonzo a été reçue membre de l'Ordre du Canada. Notons aussi qu'à l'automne 2004, paraît aux éditions du Remue-ménage, une étude sur l'œuvre de l'auteure intitulée Anne-Marie Alonzo ou Les secrets de la Sphinxe. Anne-Marie Alonzo est décédée en juin 2005. (Photo : Véro Boncompagni)

 
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Index alphabétique des titres
Droite et de profil Galia qu'elle nommait amour Geste Ravages Une lettre rouge orange et ocre Veille
 
Galia qu'elle nommait amour [1992] Pour en savoir plus sur la publication
  (TROIS, 1992)
Création
  Festival de TROIS, 23 août 1992
Résumé
  C'est le voyage dans un désert d'une femme en quête d'absolu. C'est un no man's land, un désert de neige ou de sable, un désert intérieur. La femme y rencontre une autre femme, Galia, une artiste, une chanteuse, à la quête d'elle-même. Après leur rencontre, elles trouveront chacune ce qu'elles cherchaient.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  2 femmes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Plusieurs chansons
Extrait
  « Elle avait entendu Galia chanter de sa voix brûlée, avait reçu sa voix comme talisman, ne s'en séparerait jamais. Elle plana au-dessus de la Sicile, réveilla le corps de son amour, montra mers et paysages, dit : enfant, je suis ici venue, y ai bu le vin doux, mangé le raisin, dormi sous les arbres, en ce temps-là, Galia, mes jambes avaient des ailes. »
Revue de presse
  « Ce texte très beau, n'est qu'hymne incessant, prose louvoyeuse et pleine d'odeurs, de saveurs et d'évocations. » Hugues Corriveau, Lettres Québécoises, numéro 68, hiver 1992.

 
Droite et de profil [1983] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions Lèvres Urbaines, n° 7, 1984) (épuisé)
Résumé
  C'est le voyage d'une femme. Un retour à sa terre natale d'Égypte... Alexandrie. Un voyage onirique, un retour à l'enfance qui devient mythique pour essayer de rééquilibrer les tourments de l'enfance et la sérénité de l'âge adulte.
Durée
  1 heure
Nombre de personnages
  1 femme  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « Vécues droites et de profil de générations à venir ainsi toi ne sachant déjà la vie ultime d'un nil soit-il. | D'école en pays de nord pourtant récite d'un fleuve le plus long bleu et jaune par endroits te faisant croire à beau mentir que droite et de profil assise au loin j'attends atteindrai ciel et la terre arable ou (te) chercher. […] de si loin venue de si loine contrée suis née mais si peu arabe et si peu droite de face ou de profil toujours étrangère marquée là-bas comme ici. » 
Revue de presse
  « Un trop court et très beau texte dont le titre significatif cerne davantage les origines de la poétesse. Significatif et combien chargé de symboles et d'émotion contenue. » Jacqueline Hogue, Nos Livres, août – septembre 1984.

 
Une lettre rouge orange et ocre [1983] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions de la Pleine Lune, 1984)
  Radio de Radio-Canada, mars 1983
Traductions
  - Traduit en allemand par Traude Bührmann sous le titre de Der ungeschriebene Brief [1990]
Résumé
  Deux femmes s'affrontent, sont affrontées, l'une devant l'autre, l'une contre l'autre. La mère et la fille. (É)prises, elles s'arrachent aux maux de l'amour, elles s'attirent, se lient, se déchirent. Se retrouvent aussi au pied de la croix car leur vie est vive et douloureuse. Il y a pourtant le rire. L'humour/amour des deux, les voix sont souvent douces, les sourires frôlent les regards éclatés.
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  2 femmes  Pour en savoir plus sur la distribution
Extrait
  « ANDRÉE : [...] Un jour... Et c'est la seule joie, la seule foi. Tu me crois? / LA MÈRE : Je te crois. / ANDRÉE : Un jour il y aura un livre. / LA MÈRE : Où tu diras... / ANDRÉE : Je dirais peu. / LA MÈRE : Tu dis toujours si peu, presque rien, à peine un souffle. Tu t'allumes chandelle si rapidement, si intense et tu veilles et vacilles, pauvre amour, tu trembles comme maintenant, tu vacilles et t'éteins. Ces journée-là, ces nuits où tu meurs à toute vie, où tu t'effaces, ces moments-là me font peur. »
Revue de presse
  « Dans une langue poétique où les harmonies s'épurent, la parole devient dans Une lettre cristalline comme l'âme, fouillée plus profondément que jamais, par un regard lucide, impitoyable. » Gloria Escomel, La Vie en rose, octobre 1985.

 
Veille [1979-1980] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions des Femmes, Paris, 1982)
  Adapté pour la radio (Radio-Canada, émission Escales, 1981)
Création
  Troupe Auto/Graphe, 10 juin 1981
Résumé
  Exorcisme doux de la solitude menaçante. Une voix murmure ici sa musique sous la forme de soliloques poétiques comme autant de lettres écrites par une personne souffrante et adressées à l'autre à travers l'espace, avec tout l'espoir du monde.
Genre
  Soliloques poétiques
Durée
  1 heure 30
Nombre de personnages
  1 femme et 1 musicienne (clarinette)  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « [VEILLE] : Sais-tu qu'en Chine l'on poste les lettres d'amour en les lançant dans un canal d'eau claire […] J'ai la mère vaste étale j'ai la mère ronde instaurée installée. | Si je dis qu'elle souffre je mens et si je dis qu'elle ne souffre pas je mens aussi. Alors j'invente qu'elle a les yeux maquillés longs et noirs comme jonque chinoise moi qui ne me maquille pas. »
Revue de presse
  « Veille est certainement un des plus beaux livres de la révélation de l'instant comme éternité de soi à l'autre. Anne-Marie Alonzo nous y donne une forte leçon de patience et de recommencement, de présence et de création.» Jean Royer, Le Devoir, 11 juin 1983.

 
Geste [1979] Pour en savoir plus sur la publication
  (Éditions des Femmes, 1997)
Création
  Festival de TROIS, 24 août 2001
Résumé
  La vie entre une table à dessin et un lit, à la merci des autres, de leur soutien mais aussi de leurs conseils. La soif d'un personnage en quête d'elle-même. Un corps enflé qui n'a plus rien. Qui ne sent plus rien. Le drame du handicap vu de l'intérieur.
Genre
  Drame poétique
Durée
  1 heure 45
Nombre de personnages
  3 femmes jouant 5 personnages féminins  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Ce texte poétique a été produit à la scène dans son intégralité et son contenu a été distribué à 3 comédiennes jouant 5 personnages féminins
Extrait
  « Paresseuse. Pleurer sur votre sort. Ingrate. Ayez honte. Levez-vous! Lavez-vous! | Tirez ces rideaux. Levez-vous. À quoi vous servent vos bras? À quoi servez-vous sans bras? Impuissante. Inutile. Parasite. À votre place. Si j'étais vous si j'étais vous. »

 
Ravages [1978]
Résumé
  « Ma mère ne m'a jamais donné la main » : première phrase d'un autre roman La bâtarde de Violette Leduc. C'est cette impossible relation mère-fille qui est réexaminée ici. La mère repoussant l'enfant « hors mariage » d'un aristocrate chez qui elle travaillait comme bonne. La fille ne se remettant pas d'avoir été privée de l'affection véritable de sa mère et n'ayant gardé de son père que l'image d'un homme en haut-de-forme lui tapotant la tête et remettant une enveloppe d'argent à sa mère. Il y a aussi l'amante de Violette. Et si la mère avait poussé Violette dans ses bras pour la protéger des hommes?
Durée
  1 heure 50
Nombre de personnages
  3 femmes  Pour en savoir plus sur la distribution   Pour en savoir plus sur la scénographie
Extrait
  « THÉRÈSE : […] Je voudrais être assise dans un cimetière, je voudrais que le froid me prenne. / BERTHE : Tu seras toujours malheureuse, ma pauvre enfant, deux, trois vies n'auraient pas suffi. Toi, toujours toi. Tu te dérides, tu t'animes, ça devient vivable lorsque nous parlons de toi. »