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Projet Blanc [2011]
Résumé « Projet blanc » est un hacking théâtral qui n’a eu lieu qu’une fois. Le sujet de la pièce, le lieu et le parcours avait été laissés « blancs », c’est-à-dire qu’ils ont été gardés secrets et ce, jusqu’à la représentation.
Le 3 novembre 2011 à 19h, la compagnie conviait 76 personnes au Monument-National. Sur place, un lecteur audio et une paire d'écouteurs leur étaient remis. Olivier Choinière invitait les spectateurs à le rejoindre dans le parc en face du Monument-National. C'est là que débutait la déambulation. C'est alors que des billets pour le deuxième balcon du TNM étaient remis aux spectateurs, afin d'assister à l'École des femmes de Molière qui allait débuter dans quelques instants. Quand le noir se faisait dans la salle, chacun devait discrètement remettre ses écouteurs et synchroniser les plages sonores sur les actions sur scène.
Quatre partitions dialoguaient ensemble: le texte de Molière, la mise en scène l'École des femmes, la bande sonore de « Projet Blanc » et les pensées mêmes du spectateur au moment de la représentation. Avec cette réflexion en direct sur le théâtre, l'idée n'était pas de se prêter au jeu de la critique, mais de s'adresser comme spectateur à un autre spectateur au coeur du spectacle, et d'observer avec lui de quelle manière les dictats de l'économie marchande ont envahi le théâtre et ont pris d'assaut la scène. Extrait « Arnolphe n’est pas le maître jaloux et obsédé d’une maison. Arnolphe est le maître jaloux et obsédé d’un théâtre ! Le théâtre d’Arnolphe n’a qu’un seul public : Agnès. Le public-Agnès vit depuis toujours dans l’illusion théâtrale. Pour que le public-Agnès reste captif, il doit rester ignorant,et en premier lieu ignorant de l’état d’ennui profond dans lequel il se trouve.Dans cet état d’ennui inconscient, il est impossible de choisir.C’est cette absence de choix que le maître du théâtre Arnolphe veut préserver.Tout contact avec l’extérieur est pour Arnolphe une menace puisqu’il met le public devant la possibilité de choisir.»
Revue de presse «La féroce dénonciation de la société du spectacle et de la manipulation de l’opinion fouettait de main forte le public passif en ce 3 novembre 2011 à marquer d’une pierre blanche. Premier « hacking théâtral » où une oeuvre se greffait à une autre pour y superposer son discours critique en direct, la démarche provocatrice du trublion Choinière a ouvert une brèche dans le lisse paysage culturel qui dort souvent sur ses deux oreilles.» Christian St-Pierre, VOIR, décembre 2011"
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